OBSERVATION XL
1902. N° 215. D..., Jeanne, domestique, 20 ans. Médecins adjoints : Dr Thomas et Maillart.
Assistants internes : Drs Pugnat et Veyrassat.
Diagnostic clinique : Erysipèle à répétitions : tuberculose fibreuse du sommet droit. — Hydarthrose des deux genoux.
Père bien portant. Mère inconnue. Quatre sœurs dont trois sont bien portantes, la quatrième infirme {impotence des jambes).
Personnellement, elle avait, dit-elle, une bonne santé habituelle. Elle n'aurait jamais toussé. Elle raconte cependant qu'elle avait toujours le nez obstrué et qu'elle respirait par la bouche.
Réglée à 16 ans, régulièrement, mais depuis la fin d'octobre 1901, elle n’a plus revu ses règles.
Elle entre une première fois à l'hôpital, le 1° mars 1900, pour un érysipèle de la face caractéristique. A son premier séjour, on constate déjà un peu de rudesse respiratoire des deux sommets. Elle quitte l'hôpital, le 4 avril 1900. Le 28 novembre, elle y revient avec une deuxième poussée érysipélateuse de la face avec température élevée. À cette époque, elle avait une interruption de ses règles datant de plusieurs mois. Ses règles revinrent en décembre 1900.
Elle sort le 8 janvier 1901, guérie.
En décembre 19071, nouvelle et troisième poussée d’'érysipêle de la face pour laquelle elle revient à l'hôpital le rer janvier 1902. Cette poussée a débuté comme les deux précédentes
par des frissons, de la céphalée, des vomissements et un malaise général. Depuis octobre 1901 ses règles ne sont pas revenues.
Etat actuel (3 janvier 1902).
Jeune fille bien conformée, très fébrile (39°5 à l'entrée). Sur le visage on constate un érythème érysipélateux symétrique, développé de chaque côté du nez et ayant envahi toute la surface des joues. :
Le nez est plein de mucosités et de croûtes. Il a toujours été obstrué par des coryzas chroniques.
La langue est très saburrale. Elle ne vomit plus depuis qu’elle est à l'hôpital.
Elle n’a ni dyspnée, ni toux. Elle a cependant un peu toussé ces derniers hivers. Pas d'expectoration.
Son thorax est un peu asymétrique. Il présente une atrophie musculaire nette du côté droit, mesuré au-dessous des seins au cyrtomètre le thorax à33 centimètres du côté
droit et 36 centimètres du côté gauche : soit une différence de trois centimètres.
On trouve en outre, un souffle rude sous la clavicule droite. La percussion dénote une matité marquée de la base droite qui est d’ailleurs obscure comme respiration. Cette base présente des signes évidents d'ancienne pleurésie sèche. Mais la malade ne se souvient pas d’avoir eu une pleurésie. Les bruits du cœur sont réguliers. Qn perçoit dans le deuxième espace gauche un souffle systolique rude et bref. La palpation révèle une vibration diastolique très forte.
Le pouls est régulier, un peu rapide, d'amplitude normale.
Pas d’albumine et pas de sucre dans les urines.
Vers le 10 janvier, les genoux de la malade enflent insidieusement, sans douleur. Les culs-de-sacs synoviaux sont considérablement distendus.
On provoque un choc rotulien net.
L’etat général est cependant excellent.
L’appétit est bon. La peau du visage se séche et desquame.
Les règles reviennent, le 25 janvier, après trois mois d’interruption.
L’hydarthrose des deux genoux persiste malgré les révulsifs et l'immobilisation. On fait passer la malade en chi-
rurgie.
Examen du sang (14 janvier 1902).
Nombre des hématies Normale Destruction 0/0 ay Liquide RER COS 4.268.000 89 DOUION,: TUE PAR 4.007.000 80 6 DOTE ape Re Sa 434.000 8,0 89 DUT EEE nee 13.000 0,2 99;5 Hémoglohine (Sahlh Re Rene oÙ 0) Valeur globulire res Set MDIS84 Altérabilité de l'hémoglobine. .......... 4
Globules blancs... ....... RAS MANCLE 200