‹ Des variations du langage français depuis le xii. siècleChapitre 25 sur 75 · ITO · texte numérisé non relu

ITO

usitë^ est demeure écrit laiton : /Votre ami, ràùnsieur le laiton j dans la Fontaine , c'est monsieur le tutton. On trouveye me doluï pôurye me dolus, dU verbe

se doaloir; estaide pour étade, de stadium^ etc.

^ak* mechieï read ed la bouche

Un poi de noif qui fil tant douce,

Que ce bel enfant en concui,

D*un seul petit que je reeuL ,

( L'Enfant quifu remU SU sokii,)

« Par malheur y je reçus dans la bouche un peu de neige, dont je conçus ce bel enfant, pour un seul petit flocon que j'en reçus. »

Huis, pertuis, sonnaient has, pertus. On ne voit point dV dans la première syllabe d'ascio, ni dans/?^rtusam :

Si li preatres fii eachaufea, Li provos fu autant ou plus.

Quant il la vit par le pertuis Démener ai tUaineoient.

( De Constant Duhamel, )

Le nofii propre Perthus atteste cette prononciation.

Mais il arriva par la suite que IV disputa la prédominance, et finit par l'emporter sur Vu; si bien qu'il l'effaça , et ressortit seul de cette notation ui.

Ki, kider, kiclan, kisine, keaXj furent très-bien figures qaiy caider ou guider , quidam, quxsine ou cuisine , queux , etc.

Et puis, puisque^ se prononcèrent et pis, pisque.

De ce conflit résulta la double forme il vécut, il véquit.

On s'avisa alors d'une autre combinaison pour

briser le son de Vu: on abandonna IV ^ et la fonc«* tien qu'il ne remplissait plus fut donnée k Ye; seule*ment il fallut mettre cet ê avant Vu, eu^ parce que lautre disposition ue était déjà consacrée à un autre emploi. U fut donc noté par eu ; mais ce fut une invention tardive, et qui ne me parait pas remonter plus haut que le xvi® siècle.

A cette époque, eu sonnait u. «Tout ce qui parlé bien en France, dit Théodore de Bèze, prononce hûreux. » [De Fr. ling. rect.pr,^ p. 60) ; meOTy blesseure, heurter, sonnaient mûrj blessure, hurler. De là date le resserrement de toute une classe de participes passés. On les écrivait jadis par euj avec diérèse; la nouvelle convention orthographique leur enleva une syllabe. On continuait à écrire sceu , veu , receu , conneu , et Ton prononçait sçu , vu , reçu , connu , du moins à Paris; car à Chartres, à. Orléans et en Normandie, on continuait à dire vé-Uj recé-u, conné-^u, — Vitiosè , dit Théodore de Bèze> qui ne ne soupçonne pas que c'était archaïcè.

De jejunium^ jé^une^ avec diérèse, puis june^ juner :

sire, dit el, je suis venue Anguilles cuire a mon seignor.

Nous avons yu/ie tote jor.

{Des trois Dames qui troverent un anet, T. 146.)

Il n'y a plus aujourd'hui que les Gascons qui prononcent hûreux , mais tout le monde continue à prononcer gageure par un a. Le peuple prononce encore par u simple les noms propres Eugène, Eustache. Les Picards prononcent toujours par u les finales écrites

eu. Après ce qui vient d'être exposé sur ces deux notations ui et eu j ou comprendra que des poètes , plus soigneux d'être exacts à Toreille qu'à la vue, aient fait rimer lieu et nului.

Aloul parcourt sa maison, cherchant s'il n'y a pas quelque amant caché , à qui sa femme ait donné rendez-vous :

Ca et la vail par son maDoir

Savoir t*il y avoit nului

A cui M femme eusl mis Heu.

{l^FabeltCAhuL)

Prononcez nulu et liu.

S II

Page 1