NOTATIONS DIVERSES DU SON EU
On ne répétera pas ici ce qui a été dit, page 54 ^ sur el exprimant le son eu.
Nos pères reconnurent dès l'origine que le son eu n'est qu'un affaiblissement du sou plein de Vu (pu). Pour amoindrir ce son, ils attachèrent à Vu un e, en cette manière y ue.
— (c Quel chose est li homes ke tu l'magnefies , ou « por koi mes tu ton cuer a luy? » (Saint Bernard ^ p. 5a6.) — « Çueu chose est l'homme que tu le magnifies, ou pourquoi mets-tu en lui ton cœur? »— -c II « les cuers daignet enlumineir par sa niant visible <t poixance. » (Ibid., SaS.) — « Il daigne illuminer les cœurs par son invisible puissance. »
Bues , cue ; — bœuf, queue.
L'archevêque Turpin montait un cheval qui avait la queue blanche et la crinière jaune :
Blanche la eiu et la crignete jalne.
(Chans, de Rokmd, st. .113«)
Le m* livre des Rois^ chapitre vu, dit que Ton voyait dans le temple de Salomon douze bœufs, dont les queues étaient tournées toutes ensemble :
— ce Duzes bues e les eues tûtes
ce ensemble une part turnerent. » (P. 024.)
Le héros Bue^es dAntone est Beusfe (fJntone,
Suer, duel, que Fallot discute gravement comme des formes de dialectes, sont tout simplement sœur et deuil y et dans le langage ne se confondaient pas plus qu'aujourd'hui avec l'infinitif suer (sudaré) et duel {duellum,)
Il peut s'écrivait ilpuet; — il esLeuty il prend fantaisie, il convient, il estuet; — Eudes y nom propre, Uede ou Huedes y etc.
On rencontre très-fréquemment aussi une notation du son eu qui paraît empruntée aux Allemands ; c'est par o e séparés, ou réunis comme dans le nom de
Gœthe.
Eudes , dans Auberi le Bourguignorty est écrit partout Hœdes :
Hoedes ot non , de Laingres f u saisiz.
Hœdes de Laingres
{Intr, du Rolandy p. 36, 37.)
Le li\fre des Métiers y chapiue ^xi, prescrit aux
armuriers d'employer de la toile meifSy et de garnir ititérieui:ement les jambières Sescroes. En Picardie, on appelle encore des chaussons en lisières de drap dss écreux.
JoEifBy JOEBESSE, c'cst jeune ^ jeunesse. Le bour- Çeois dont il est parlé dans le fabliau SAuberée était riche:
Et il avoit un moult beau fil Qui maint denier mist à essil (1), Tant^comme il fut en 9AJoenesse.
(D'jiuherée la vielle maqmfUe,)
Le clerc du fabliau de Gombers cherche à tâtons le lit de la fille de son hôte; et l'ayant trouvé,
Lez li se couche, les dras œvre.
Qui est ce , Diex , qui me descuevre ?
Fait ek quant ele le sent
Ce passage atteste que les deux formes de notation Uy Œj ont été contemporaines.
En voici une autre preuve tirée de Rutebeuf, qui florissait sous saint Louis.
Le poète s'élève contre la perversité du siècle, contre les envic^ux et les médisants hypocrites. Personne , dit-il, ne leur échappe!
Ja n'iert tant biaux ne gracieux :
Se dix en sont chiez lui assis, Das meadiians i aura six.
Et d*envieus i aura nuef.
Par derrier nel prisent un oes , Et par devapt U font il feste I Ghascun l'encline de la teste.
{Le testament de I^Asne,)
iy) Mf à ml» c'est^-dire» dép§i^.
— tu —
Prononces neu, un eu.
Nous écrivons enoora sans u œil et mUèêt. Gùsurp siBi^r, œunrey présentent la fusioa dès deuiî méthodes.