CHAPITRE X
Des privilèges de Tancienne versification.
Je réduis les privilèges de l'ancienne versification à aeux, concernant, l'un l'hémistiche, l'autre la rime et la mesure.
Le repos de l'hémistiche était bien plus long, consequemment plus obligatoire, dans l'ancienne poésie 4"€ dans la moderne. L'alexandrin était comme partage en deux petits vers, dont le premier restait sans "^roe. Mais aussi cet hémistiche jouissait des privilèges dune véritable fin de vers, c'est-à-dire qu'on y adjïiettait l'hiatus , comme nous l'admettons d'un vers à ^^*ï*e , et que Ye muet n'y comptait pas plus qu*il ne
Dans X Adoubement Vwien^ Guillaume au court nez dit à son cheval , qui va succomber de fatigue :
Cheval, moult /rar estes lassez!
Pariasse y perlas sus.
Moult par H est au cuer amere L'essample des biens qu'il ot dire.
( Le Dit du Buffet)
Peramarum exemplum.
Trop par eus le cueur hardi Quant tu devant moi féru Tas.
(Ibid)
Cor nimis peraudax y audacissimum.
De cet emploi de par ajoutant une force de superlatif, il nous reste cette locution par trop. Cela est par trop fort. Par se réunit à l'adjectif et non à l'adverbe : N irais fortissimum. , comme trop parhardi; en style actuel : par trop hardi.
« Son extérieur était trop parlaid ou par trop laid. »
Sa façon trop par estoit lait
( Les trois Bossus)
Quand on ne faisait pas la tmèse, on conservait volontiers à par la forme latine :
Or prions doucement à la vierge Marie. . . . Nous gart et nous otroit la perdurahU vie.
( Du C/tevaiier et de FEscuier.)
On retrouve par en composition de quelques substantifs, où il représente cette idée d'excellence de principauté : pardon, panais. Le pardon est le don su-
préme, le plus précieux de tous les dons; \e patvis est le visage principal , la grande façade de l'église.
Les Anglais nous l'ont emprunté. — âmocnt^ à mont y en haut. — Paramoukt, lord paramounty le chef souverain; en allemand, deroberste^ hœchstey au superlatif. Paramour, le bien-aimë ou la bien-aimée, — Eine liebste.
Autrefois ^/i, composé avec un verbe, s'employait par tmèse; aujourd'hui il adhère inséparablement au verbe, excepté pour le verbe aller. On prescrit de dire, s^en aller et il s'en est allé; il s'est en allé passe pour une faute. Pourquoi, puisqu'on ne dit pas il s'en est volé, il s'en est fui; mais, en^^olé, enfuie d'un seul mot?