‹ Des variations du taux de l'intérêt: Leurs causes et leurs conséquencesChapitre 12 sur 43 · SN ER · texte numérisé non relu

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pour accroître la production d’un sol épuré, ou à l’outillage des zones secondaires et tertiaires d’un pays, comme ces entreprises ne donnent que de maigres bénéfices, la productivité du capital sera seulement de 7, 6, 5 p. 100 et la demande diminuera dans de grandes proportions. |

Ainsi, plus la productivité est grande, plus la demande est forte, plus le taux de l’intérêt pur s’élève et inversement. M. P. Leroy-Beaulieu considère la productivité des capitaux comme le grand principe directeur du taux de l'intérêt : « Dire que le taux de l'intérêt dépend de la productivité moyenne des nouveaux capitaux créés dans un pays ou successivement dans le pays, c’est émettre à la fois une proposition scientifique et d’une grande importance pratique, car elle permet au savant de faire des prévisions certaines sur la marche du taux de l'intérêt dans l’avenir et dans ces différentes contrées (1). »

Il ne faut pas exagérer l'importance de cette découverte. Elle est vraie pour la période actuelle de l’industrie moderne. Mais une proposition ne peut être scientifique que si elle s’applique en tout temps et en tout lieu. Or, cette proposition ne peut s’appliquerà l’époque troublée du moyen âge et de la Renaissance. À cette époque le principe directeur du taux de l'intérêt était la sécurité.

Cette productivité des capitaux va-t-elle baissant comme M. P. Leroy-Beaulieu le prétend ?

La productivité des capitaux varie capricieusement et si nous l’analysons elle se décompose en deux éléments

très variables :

(1) Leroy-BeauLiEU, op. cit, t.If, p. 133.

Sur

1° Acquisition de connaissances nouvelles dans l'agriture, le commerce ou l’industrie ;

2 Application des connaissances acquises dans tous les pays.

L'acquisition des connaissances dépend essentiellement des découvertes susceptibles de généralisation dans toutes les branches de la production. Elle est aussi variable que l'esprit d'invention qui procède par saccades et soubresauts dans ses manifestations. Toute poussée importante de progrès technique rend la productivité des capitaux créés très forte, partant le nombre des emprunts de production augmente et la demande de l'épargne s'élève. Ainsi la découverte de la machine à vapeur, sa généralisation pour les transports sur terre et sur mer, a fait naître sur les marchés du monde civilisé ure demande de capitaux qui depuis 1840 à absorbé 20 milliards environ.

‘Mais cette productivité des capitaux créés ne peut se développer, subsister et durer-que par l'application générale dans tous les pays civilisés des connaissances acquises. Selon que cette application est lente ou rapide, la production des capitaux créés restera normale ou ira baissant ; si la construction des chemins de fer en France avait duré un siècle au lieu d’un demi-siècle, l'intérêt ne serait pas remonté à partir de 1850 de 4 à 6 p. 100. Quand cette application sera générale, c’est-à-dire quand les changements seront entièrement accomplis, alors la productivité des nouveaux capitaux créés diminuant, les emprunts de production seront plus rares et la demande de l’épargne plus faible.

Cette application des connaissances acquises qui multi-

PAPE de

plie les entreprises sur tous les points d’une région civilisée, qui développe dans une large mesure beaucoup de celles qui existent et qui absorbe d’une façon continue des sommes considérables, est variable. L'esprit d’entreprise la conditionne. Cet esprit d’entreprise d’une part est plus ou moins lent suivant la race: en France par exemple le mouvement en faveur de l'application de la machine à vapeur à l’industrie et de l'extension des chemins de fer a été peu rapide par suite des aptitudes héréditaires de la race ; d’autre part cet esprit d’entre- prise varie, s'accroît et se décourage suivant les tendances générales de la société : par exemple les entreprises sont plus difficiles à fonder et à gérer devant le nombre croissant des grèves et le progrès constant du socialisme ; il est naturel de penser que c’est une des causes principales du déclin momentané de l’activité commerciale et industrielle française.

Ainsi la productivité des capitaux est variable ; elle fait naître une période d’activité caractérisée par l’abondance des transactions, la hausse des prix, une forte demande d'épargne et une hausse de l'intérêt; à cette période en succédera une de moindre activité marquée par la pénurie générale des affaires, une dépréciation des produits, une demande faible de l'épargne et un avilissement du taux de l’intérêt. On ne peut empêcher ces périodes de prospérité et d’embarras, c’est une des lois du mouvement évolutif des sociétés.

De nos jours les emprunts de production sont plus nombreux qu'autrefois dans l’antiquité et le moyen âge, ils constituent une portion importante de la demande, la demande subira donc (et le taux de l'intérêt par corres-

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