ouvriers en quinze mois
Voir E. LEVASSEUR, opinion citée, p. 27.
fermer et dépérissait sans profiter des découvertes nouvelles tandis que celle de nos voisins la supplantait et marchait à grands pas vers la perfection. Mais la Révolution éclate et l’industrie est libre dans ses procédés, libre dans sa fabrication, libre dans ses envois puisque les douanes intérieures supprimées laissent les marchandises circuler librement dans tout le royaume. Après la tourmente, débarrassée des règlements qui l'avaient retenue captive pendant plus d’un siècle, elle se relève pour regagner la distance perdue et se mettre au niveau des pays qui l'avaient dépassée. Nous allons donc assister pendant vingt ans, malgré la guerre, malgré les troubles de la Restauration, à une si belle efflorescence que Chaptal pourra dire en 1819 : « On se demande un peu comment un peuple en guerre avec toute l'Europe, séquestré des autres nations, déchiré au dedans par des dissensions civiles a pu élever son industrie au degré où elle est parvenue (1). »
Ce qui caractérise ce mouvement, c’est l'application des arts mécaniques et chimiques à l’industrie.
La manufacture vivait sur de vieux procédés. L’outillage était grossier, des rouages en bois et de lourds engins composaient le matériel, il fallut le remplacer (déjà l'Angleterre nous avait précédé depuis quarante ans) et y substituer la mécanique moderne. Des établissements immenses se formèrent et se remontèrent de toutes parts : filatures de coton qui grâce au métier mécanique d’Arkwrigt. devinrent une de nos branches d'industrie les plus importantes et remplacèrent le coton filé au rouet
dans les campagnes ; fabriques de drap pour supplanter
(1) Cnapraz : De l'industrie francaise en 1819, t. I, p. 37.