‹ Des variations du taux de l'intérêt: Leurs causes et leurs conséquencesChapitre 19 sur 43 · AU · texte numérisé non relu

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es draps anglais qui affluaient non seulement en France malgré les prohibitions ou les vexations de tout genre mais encore sur les marchés de l’Europe où ils avaient acquis une grande prépondérance grâce à la perfection dés machines anglaises : fabriques de soie qui profitèrent des découvertes de Vaucanson et furent réorganisées ; manufactures d'épingles, de couteaux, de quincaillerie, de ferronnerie, etc. ; fabriques de papiers; fabriques de porcelaine qui se multiplièrent à un tel point que le bas prix auquel on put se procurer de la porcelaine en étendit l'usage à un tel point que la consommation en fut évaluée à cinq millions en 1818 ; verreries et cristalleries qui arrétèrent les importations de verre à vitre et de cristal faites par l'Italie (1). |

La science chimique que Lavoisier avait créée au siècle précédent fut appliquée à l’industrie dans toutes ses applications et fit naître des arts nouveaux jusque-là inconnus: fabriques pour blanchir les fils et tissus de chanvre, de lin, de coton ; teintureries, fabriques de couleurs et de vernis ; tanneries ; fabriques de savons ; nombreuses raffineries pour exploiter la découverte du sucre de la betterave;

“usines de produits chimiques, d'acides nitrique et sulfurique, de soude et de chlore qui nous affranchirent de l'étranger et dont la fabrication parvint à un tel degré de perfectionnément « qu'on ne redouta plus la concurrence ni pour le prix, ni pour la qualité » (2).

(1) « En vingt ans la France se plaça sur la première ligne des nations manufacturières, les consommateurs, qui jadis repoussaient avec dédain presque tous les produits de nos fabriques, s’en parent aujourd'hui avec orgueil et l'Europe les recherche avec empressement. » CHApraL: Des causes préliminaires, opinion citée, p. 14.

(2) CHAPrac, op. cit.

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Parallèlement au développement de l'industrie de grands travaux publics étaient effectués. Une partie des revenus de l’État fut consacrée aux canaux de Nantes à Brest et du Rhône au Rhin, à ceux du Nord, de Saint- Quentin, de Bourgogne et d'Arles. Le port de Cherbourg était creusé, celui d'Anvers agrandi. Les routes du Simplon, du mont Cenis, du mont Genèvre, de Metz à Mayence furent achevées.

En même temps, la rupture de la paix d'Amiens et les guerres continentales del’empire accrurent dans de grandes proportions les consommations improductives et firent disparaitre de grandes masses de capitaux.

Devant cette grande production, devant toutes ces créations, devant cette intensité de consommation dont l’ensemble constituait une demande tres forte, l'offre de l’épargne était faible, car les nombreux établissements pour drainer les capitaux les plus modiques, pour ‘rapprocher le prêteur et l’emprunteur, enfin pour faciliter des placements n’existaient pas encore. Le taux de l'intérêt était élevé : en 1811 l'emprunt dit du roi de Saxe est émis à 6 p. 100 ; il est coté dans la suite 1.008, ce qui donne un intérêt d'environ 6 p. 100. Le taux de l'intérêt des prêts hypothécaires était de 5 et 6 p. 100. Enfin le taux de l'intérêt des rentes françaises variait entre 6 et 6,50 p. 100 (voir tableau B page 67); encore ce taux d'intérêt est-il faible par suite du taux de capitalisation du 5 p. 100 que faussaient les rachats officiels.

Cependant Napoléon finissait sa carrière, la France était envahie et l’Empire tombait. Le nouveau gouvernement eut des débuts pénibles et une tâche fort importante : liquider l’arriéré de l’Empire, acquitter les contributions

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