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pendant la période d’avilissement du loyer des capitaux, la réduction qu’elle à éprouvée dans le prix de ses services n'a pas profité aux salaires (1).
Non seulement la baisse du taux de l'intérêt ne bénéficie pas aux salaires, mais encore elle leur est nuisible.
Tous les ouvriers laborieux qui, ne se contentant pas de vivre au jour le jour, pensent à l’avenir et s’efforcent de se constituer, par eux-mêmes ou par les institutions de prévoyance, une petite pension pour leur veillesse sont touchés par la baisse.
En effet, quand l'épargne de l'ouvrier au lieu de lui rapporter 6 p. 100, comme sous Napoléon [°° et sous le second Empire, ne rapporte plus que 3 p. 100, l’ouvrier aura deux ou trois fois plus de peine pour passer rentier. C'est ainsi que d’après M. Cheysson (2), moyennant un versement annuel de 50 francs pendant trente ans, de vingt-cinq à cinquante-cinq ans, l'ouvrier obtiendra une pension de 410 francs avec un taux de 5 p. 100. Si ce taux tombe à 3 1/2 p. 100, la pension sera réduite à 270 francs, c’est-à-dire de plus du tiers (34 p. 100). Pour obtenir une pension de vingt sous par jour (390 francs) à cinquante-cinq ans, il aura à s'imposer pendant trente ans une retenue annuelle qui sera de 41 francs avec le taux de D p. 100 mais qui devra s'élever à 66, 70 avec celui de 3 1/2 p. 100.
Les institutions de prévoyance : caisses de retraites
(1) En 1897, 52 p. 100 des grèves ont été faites pour réclamer une hausse des salaires, Bulletin de l'Office du travail de mai 1895, p. 373.
(2) Bulletin de la Société d'économie politique, 1893, p. 20.
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pour la vieillesse (1), sociétés de secours mutuels (2), seront donc forcées de modifier leurs tarifs et ou bien augmenteront leurs primes ou cotisations, ou bien réduiront les rentes qu'elles servent. Ainsi, par une singulière conséquence, comme le fait remarquer M. P. Lerov-Beaulieu, l'abaissement du taux de l'intérêt équivaut pour l’ouvrier prévoyant à une baisse des salaires puisqu'il faut prélever davantage sur ceux-ci pourassurer sa vieillesse et garantir en cas de mort du chef l’aisance de sa famille.
Quelles sont les conséquences des variations du taux de l'intérêt dans la consommation des richesses ?
Au point de vue général, la baisse du taux de l'intérêt semble être un avantage. En effet, l'État, et nous savons que c’est un des plus grands emprunteurs de capitaux, convertit ses rentes, d’où une diminution correspondante dans ses impôts. Dans le dernier quart du siècle, les trois conversions du 5 p. 100 en 4 12 p. 100 en 1883, du 4 1/2 en 4 p. 100 en 1887 et du 4 1/2 en 3 1/2 en 1894 ont procuré au Trésor une économie annuelle de 108 millions. S'il emprunte, il empruntera à bon marché, d'où moins. d'impôts à créer pour gager ses emprunts. Cet avantage malheureusement n’est que théorique, il ne se produit presque jamais dans la réalité, et les conversions ne
(1) Voir le rapport au président de la République par la commission supérieure de la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse, Journal officiel du 3 août 1894.
(2) Voir Réforme sociale, 1" novembre 1892, p. 731.