C. L'état des parties qui avoisinent les vaisseaux malades
Cette étude portera seulement sur les dilatations variqueuses, les altérations observées dans les dilatations simples, du reste très peu marquées, ayant été décrites plus haut.
A. Etat des parois veineuses»
lo Membrane interne. En général cette tunique n'est pas sensiblement hypertrophiée; quelquefois elle est injectée, rouge, un peu tomenteuse ; il est assez fréquent d'y observer un ramollissement et une i friabilité remarquables. Lorsqu'elle participe à l'épaississement des deux autres tuniques et que cet épaississement est partiel et limité
on constate qu'elle ofï're en ce point un aspect dépoli, rugaeux, inégal.
On conçoit qu'avec des changements comme ceux que nous avons mentionnés dans le calibre et la forme de la veine, les valvules doivent offrir des altérations marquées ;' elles s'épaississent en même temps que [la tunique interne dont elles sont une dépendance; elles peuvent se déformer, être aplaties contre la paroi, changer de direction, se renverser, devenir insuffisantes, se déchirer en totalité ou en partie, n'étant plus représentées alors que par des brides saillantes ou par des franges flottantes ; elles peuvent être criblées de petites perforations ou offrir des nodules, des végétations au niveau de leurs points d'implantation ; mais cette dernière lésion ne s'observe que lorsqu'il y a eu thrombose,
2"^ Membrane moyenne. C'est elle qui est plus particulièrement le siège de l'épaississement. Il consiste surtout dans la formation de tissu fibreux (1) dans sa partie interne, accompagnée de l'hypertrophie des faisceaux musculaires séparés les uns des autres par le tissu fibreux dont nous venons de parler.
c( Au-dessous de cette couche, qui est bien limjitée, il existe un réseau élastique dont les mailles sont comblées par de larges faisceaux de tissu conjonctif dont la direction générale est longitudinale. Ce sont ceux qui déterminent les saillies longitudinales visibles à l'œil nu sur la surface interne de la veine Ces faisceaux sont recouverts de grandes cellules de tissu conjonctif.
A cette couche interne delà tunique moyenne, dont l'épaisseur est toujours considérable, succèdent des faisceaux de fibres musculaires qui sur des coupes transversales apparaissent comme des îlots formés par une série de cercles clairs, présentant à leur centre la section d'un noyau cylindrique. Les faisceaux musculaires les plus volumineux sont elliptiques. Ces faisceaux dans la partie externe de la tunique moyenne ont presque tous une direction transversale et ils s'entrecroisent avec des faisceaux longitudinaux.
ce Ces faisceaux sont habituellement séparés les uns des autres par du tissu conjonctif, de telle sorte qu'il y a continuité du tissu conjonctif depuis la tunique interne jusqu'à l'extrémité. Il en résulte que les éléments muscnlaires peuvent se déplacer facilement les uns sur les autres et que les liquides peuvent pénétrer dans les vaisseaux ou en
(1) Gornil et Ranvier. Manuel d'histologie pathol., p. 576.
sortir, ce qui nous explique la fréquence des œdèmes et des inflanimations chroniques dans ce cas.
(( L'épaisseur de la tunique moyenne ainsi modifiée est de deux à dix fois plus considérable qu'à l'état normal. ;>
L'hyperplasie des fibres musculaires est-elle le résultat de l'inflammation chronique dont la veine est frappée, suivant Cornil et Ranvier, op bien est-elle l'indice de la lutte que le vaisseau a engagée contre la pression excentrique, résultat de la tension sanguine? (Voyez modifications organiques et constitutionnelles liées à l'état de grossesse, et pathogénie.) Nous n'essaierons pas de résoudre cette question dont la solution nous entraînerait à des discussions en dehors de notre sujet.
« Lesveines variqueuses sont souvent, en certain peint de leur trajet, dilatées en forme de fuseau ou de spère; leurfparoi est alors très amincie et les préparations qui en comprennent les différentes couches montrent un processus analogue à celui des dilatations anévrysmales des artères. La tunique musculaire a en effet disparu par places ou complètement; il n'en reste plus que des îlots, et les deux tuniques interne et externe confondues constituent à elles seules la paroi de la tumeur.
« Les parois des dilatations peuvent s'amincir aupointde se rompre et donner lieu à des hémorrhagies (1). »
3° Tunique externe. Celle-ci participe à l'hypertrophie, mais à un moindre degré que la précédente. De cette augmentation résulte ce fait que, même dans les points oii la tunique moyenne fait défaut par suite de sa rupture, la paroi de la veine est encore souvent plus épaisse qu'à l'état normal.
Les vasa vasorum eux-mêmes prennent part à l'ectasie vasculaire.
« Ceux-ci sont très flexueux, dilatés, sinueux/et leurs parois sont épaissies. Dans d'autres cas où la dilatation est encore plus prononcée, on observe des vaisseaux d'un diamètre considérable au sein de ^la tunique moyenne et souvent même dans sa partie la plus interne. Enfin, ces dilatations flexueuses des vasa vasorum, ajoutées à la dilatation du vaisseau principal, arrivent à former des tuméfactions caverneuses très compliquées (2). )•
{1) Gornil et Ranvier. Man. d'histologie pathol., p. 577. (2) Cora'l .-'t Ranvier. Histologie patholog., p. 577.
B. — Etat du sang.
Au début du mal alors que, dans la première grossesse, il n'y a que dilatation simple, le sang est ordinairement fluide.
Mais après plusieurs dilatations successives correspondant à des gestations répétées, ou bien lorsque cette répétition de la cause ou une prédisposition individuelle a amené un état variqueux chronique, il n'est pas rare d'observer des coagulations soit pariétales, soit centrales; nous renverrons pour ce sujet à l'article Coagulation du sang dans les varices.