PRONOSTIC
La phlébectasie des femmes enceintes a cela de particulier que c'est une maladie bénigne, qui peut engendrer les plus redoutables complications. Elle ne constitue qu'une incommodité, qu'une entrave à l'exercice de certaines professions, et au milieu de la santé en apparence parfaite, le danger éclate sans que rien ait pu le faire prévoir. Les femmes, sachant que les varices disparaissent ordinairement aussitôt la grossesse terminée et s'habituant à la pensée de subir la gêne momentanée qui en est la conséquence, ne s'en inquiètent presque pas; elles restent dans une tranquillité trompeuse, ne prennent aucun soin pour empêcher leur développement ou pour éviter ce qui serait de nature à déterminer leur rupture.
Murât (4) attribue la mortalité plus grande chez les femmes que chez les hommes à ce dernier accident.
(1) Vidal de Cassis, Path. ext., t. II, p. 39, 1851.
(2) Pathol. ext. t. II, p. 545.
(3) BqIL de la Soc. de chir., 1862, p. 135.
(4) Revue médicale, 1827, t. III, p. 248.
Cette notion de gravité relative est, à mon sens, d'autant plus utile à propager que les auteurs classiques se sont à peine appesantis sur ce point.
11 peut se faire pourtant que les varices aient leur utilité — je m'explique. — Tout le monde connaît l'histoire de cette cuisinière qui se comprimait les varices et qui avortait. Le trop plein du sang trouvait dans les dilatations des saphènes un canal de dérivation; ce canal fermé, il se produisait une pléthore utérine fatale au produit de la conception.