TRAITEMENT
- Sous l’influence de leur doctrine humorale, les
anciens et avec eux tous les médecins du moven
âge faisaient au traitement interne une part considérable. Ils prescrivaient une foule de tisanes réputées dépuratives et même au xvme siècle Lorry recommandait encore un régime doux, consistant en bains et lait d’ânesse. Mais il ne négligaient pas pour cela le traitement local et, en somme, nous pouvons dire que depuis des siècles on n’a guère ajouté à leur méthode: on revient toujours aux abrasions de ces excroissances, précédées ou suivies de cautérisations au moyen de nombreux agents. Galien prescrivait de cerner et d’énucléer par un
mouvement debascule les verrues, au moven d’une Corn eau. 5
plume de coq un peu dure ou un tuyau de cuivre tranchant sur son pourtour. Avicennes recommande la cautérisation avec l’arsenic, après un grattage préalable de la verrue au moyen des ongles ou d’une lancette. Rhasis préconise le fer rouge pointu.
Avec Guy de Ghauliac et ses successeurs, apparaît des traitements mirifiques dont quelquesuns sont restés populaires: on y voit figurer le lierre, le froment, le sang de pigeon, le sang de taupe, le froment, l’euphorbe, le suc du figuier, etc. On s’explique le succès de ces moyens bizarres par la facilité avec laquelle nos pères rapportaient à une simple coïncidence la cause d’un fait. On sait qu’un des caractères de la verrue est de disparaître spontanément; or, comme il arrivait souvent que les verrues disparaissaient d’elles-mêmes après F application d’un quelconque de ces remèdes empiriques, on s’empressait de conclure à leur efficacité.
Le traitement employé par les chirurgiens modernes est à peu près celui de Galien; il consiste à faire des abrasions avec un bon bistouri et à cautériser ensuite soit avec Facide chromique, soit avec la pâte arsenicale, le chlorure de zinc, le nitrate d’argent, le beurre d’antimoine.
M. Yerneuil a préconisé l’enlèvement de la tumeur au bistouri, comme on le ferait pour une tumeur bénigne quelconque. La guérison est rapide, elle ne demande qu’une dizaine de jours.
M. Després emploie le moyen suivant: il place gros comme un pois de pâte de Vienne sur la tumeur, les laisse en contact pendant une demiheure, puis panse l’eschare avec du diachylon ; une seule cautérisation suffît habituellement, la cicatrice au bout d’une quinzaine de jours est assez forte pour supporter le poids du corps durant la marche.
Si les verrues sont multiples, il faut les attaquer successivement et ne pas se contenter de détruire les plus grosses.
Enfin si l’épiderme est, à leur surface, très épaissi, il est indispensable de l’abraser, de faire saigner légèrement avant l’application du caustiqne.
Pour terminer, nous citerons un dernier traitement rapporté par Samier et qui est emprunté à la pratique journalière de M. le professeur Guyon : c’est la cautérisation, après abrasion de la cuirasse épidermique, au moyen de l’acide acétique cristallisable.
Ce procédé donnerait d’excellents résultats.