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plus petites. Ses limites sont très irrégulières ; ses caractères identiques à ceux des précédentes. Comme celles-ci elle résulte de la dessication des vésicules postérieures et de la mortification des couches superficielles de l’épiderme. Autour de cette croûte, sur la joue encore, on voit des vésicules très nombreuses, les unes à contenu transparent, d’autres renfermant un liquide blanchâtre et trouble.
Sous le menton les lésions sont constituées presqu’exclusivement par des vésicules isolées, par des croûtelles . reposant sur une surface érythémateuse. Les croûtelles ont les mêmes dimensions que les vésicules ; leur diamètre est, par suite, très petit.
Quelques éléments dépassent la ligne médiane de 1 à 2 centimètres, empiétant ainsi sur la moitié droite du cou. Ils sont très petits : les soulèvements épidermiques vésiculeux ont à peine 1/2 millimètre de diamètre et sont entourés d'une très petite auréole rouge.
Sur la partie supérieure du thorax l’éruption occupe la moitié de l’espace qui sépare la clavicule du mamelon gauche. On y voit encore une très vaste croûte qui présente les mêmes caractères que celles précédemment décrites. Autour d'elle sont disséminées de très nombreuses vésicules irrégulièrement disposées
Sur le moignon de l'épaule les lésions sont le plus faciles à analyser; elles sont moins avancées dans leur évolution : on y voit des groupes de vésicules et des vésicules isolées. #
Les vésicules isolées sont, les unes à peine visibles à l'œil nu ; les plus grandes ont un diamètre de ? millimètres. Certains groupes montrent les vésicules nettement distinctes les unes des autres séparés par de minces lignes rouges. Dans d’autres les vésicules sont cohérentes ; distinctes par leurs sommets, elles se touchent par leurs bases.
Sur la face postérieure du moignon de l’épaule on voit
des ponctuations hémorrhagiques dues probablement au. grattage.
Ainsi ce malade est atteint d’un vaste zona qui a envahi toute la sphère de distribution du plexus cervical superficiel: Les troubles de la sensibilité au niveau de ce zona sont très. difficiles à constater; ils sont en somme tels qu’on les: trouve dans tous les cas où les téguments sont enflammés : toute irritation, tout contact même, a pour effet de déterminer une sensation de douleur, piqûre ou cuisson. Les douleurs spontanées sont assez vives ; elles ont tantôt les, Caractères d’une brülure, cuisantes ; tantôt elles s’accompagnent d’élancements pénibles. Les mouvemeats du cou sont complètement impossibles; mais ces troubles du mouvement paraissent dûs exclusivement aux importantes lésions cutanées.
La nuit, quand le malade reste complètement immobile, les douleurs se calment et sont remplacées par des démangeaisons pénibles qui le poussent à se gratter.
Nous avons dit que le malade avait eu huit jours avant le début de ce zona trois vésicules d’herpès à la lèvre inférieure. Il est encore très facile de constater aujourd’hui l'existence, sur la partie médiane de cette lèvre, de trois croûtelles plates, un peu irrégulières, brunes, de 4 à 5 millimètres de diamètre chacune.
Vésicules aberrantes. — En examinant le malade avec soin nous sommes frappés par l'existence de vésicules disséminées sur le corps.
Sur la face antérieure du thorax et de l'abdomen, nous voyons, dispersés sans aucun ordre apparent du moins, quatre ou cinq vésicules qui présentent les caractères suivants :
Elles paraissent les unes en voie de développement, d’autres en voie de dessiccation. Les premières ont un pourtour assez régulièrement circulaire, une surface lisse, elles
sont non pas complètement hémisphériques, mais plutôt Molinié 4
dépriméee en leur centre sans qu’il y ait d’ombilication à proprement parler. Leur contenu est clair, transparent. Le volume de ces vésicules est à peu près celui d’un grain de millet ; la plus grosse offre à peu près les dimensions d’un grain de chenevis. Les vésicules plus anciennes ont leur surface un peu flétrie. d'aspect un peu irrégulier, leur coloration est jaunâtre ; leur contenu est épais et trouble. Toutes sont entourées d’une petite aréole rouge.
Sur le dos nous trouvons, disséminés également à la: partie inférieure de la région dorsale et à la région lombaire, des éléments semblables aux précédents. A gauche de la ligne médiane il y a cinq vésicules absolument identiques. à celles de la face antérieure du tronc, lesquelles, nous. l’avons vu, sont elles-mêmes semblables aux vésicules isolées de la région cervicale. Nous nous croyons donc autorists à considérer l’ensemble de toutesles vésicules isolées comme étant de même nature, développées toutes sous l'influence de la même cause.
Le développement des dernières ne s’est accompagné d'aucune douleur proprement dite; le malade se plaint seulement d’éprouver des démangeaisons sur tout le corps ; mais ne peut d’ailleurs localiser exactement le point de départ de ces sensations. La pression sur chacune de ces. vésicules détermine une légère sensation de brülure.
Mardi 11 décembre. — Deux des larges croûtes que nous avons décrites sur la face latérale gauche’ du cou se sont détachées sous l'influence de pansements boriqué's humides. Elles ont laissé à découvert des exulcérations. larges, très légèrement déprimées, à bords taillés à pic. Ces bords sont irrégulièrement polycycliques ; par points il est possible de reconnaitre la trace d’anciennes vésicules. Le fond est grisâtre, couvert d’un enduit blanchâtre, d’apparence pultacée, assez abondant et qui semble résulter en partie de la nécrose superficielle des tissus. Ces ulcérations. laissent abondamment suinter un liquide séro-purulent, qui