‹ Des Vésicules Aberrantes dans le ZonaChapitre 7 sur 15 · TOR · texte numérisé non relu

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coule goutte à goutte au moment où on enlève le pansement.

Les vésicules aberrantes persistent telles qu’elles étaient hier. Il n’en est pas apparu de nouvelles.

Jeudi 13 décembre.— Les autres croûtes sont tombées également et aujourd’hui le fond de la plupart des ulcérations qu’elles recouvraient s’est détergé ; seules quelquesunes sur la face antérieure du thorax sont encore recouvertes de détritus blanchâtres. Les vésicules isolées et . groupées que nous avons décrites sur l’épaule sont, pour la plupart, transformées en croutelles sèches.

Vendredi 14 décembre. — Voici quel est aujourd’hui

l'aspect des lésions : Toute la face latérale gauche du cou est transformée en une surface rouge avec des exulcérations bourgeonnantes qui saignent très facilement. En quelques points on voit des détritus blancs véritables escharres en voie d'élimination. En d’autres points il y a quelques dépressions profondes de deux ou trois milimètres. A leur niveau le fond est tapissé d’un enduit blanc, adhérent, formé par du pus et des tissus mortifiés.

On voit, de plus, de nombreux ilots de peau saine aux formes extrémement irrégulières, comparables à l'aspect

des pièces d’un jeu de patience. Ces parties saines sont beaucoup moins étendues que les parties malades.

Sur la partie supérieure du thorax les lésions ont le même aspect ; mais les ulcérations sont isolées et petites, leurs bords sont polycycliques. Autour d’elles les téguments desquament en fines écailles blanchâtres, de coloration un peu sale. |

Sur la nuque l’aspect est un peu différent. Les exulcérations sont plus profondes, elles sont à 1 millimètre ou 4 millimètre 1/2 au-dessous du niveau des téguments sains. Leur pourtour est rouge, enflammé, présente de petits points blancs situés au-dessus de l’épiderme, remplis d'un pus jaunâtre. Ces lésions semblent indiquer une infection se-

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condaire des lésions produites par le zona. Dans le pus, l'examen microscopique montre des cocci très nombreux réunis en grappes. Les cultures Sur gélose montrent que nous avons à faire à des staphylocoques blancs et dorés.

Les vésicules isolées, vésicules aberrantes, que nous avions signalées sur le tronc, sont encore très faciles à constater, bien qu’en voiede disparition. Au centre.d’aréoles rouge pâle, un peu desquamantes, on voit encore de petites. croûtelles grisâtres ; au-dessous d'elles, il y a une petite dépression et un peu de rougeur.

D’autres lésions, absolument différentes de celles-ci, viennent d’apparaitre : ce sont des résultats d’auto-inoculations de staphylocoques. Sur le bras gauche,se sont développées cinq ou six éléments acnéiformes qui sont de l’ecthyma. Voici leurs caractères : Autour d’un poil il ya une toute petite pustule blanche pléine d’un pus crémeux. Cette pustule repose sur une base saillante, enflammée, un peu dure, rouge, sans limites précises ; toute pression à. ce niveau est très douloureuse.

Sur la face antérieure et sur les faces latérales du tronc, on voit d’autres éléments analogues ; il en existe également quelques-uns sur la face. Un fait remarquable est que ces pustules existent seulementsur la moitié gauche du thorax. Cette unilatéralité nous paraît expliquer le mécanisme de ces auto-inoculations. Le malade gratte son zona avec la main droite ; or nous avons vu que les lésions du cou étaient très riches en staphylocoques : c’est avec la même main qu'il gratte le côté gauche du tronc et inocule ainsi les téguments de ce côté du corps.

Sur ces différentes lésions nous appliquons des Ranse” ments boriqués humides.

Le 19 Décembre. — L'éruption de la région cervicale. est en voie de disparition ; il ne reste plus qu’une rougeur vive, de nombreusés squames et quelques croûtes détachées sur la plus grande partie de leur étendue. Sur la partie-

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supérieure de la nuque, on voit quelques érosions et quelques croûtelles résultant de grattages.

Quelques furoncles, assez petits, se sont récemment développés au centre et au pourtour de la vaste plaque envahie par l’éruption. Quelques pustules d’ecthyma se sont, sur le tronc, transformées en véritables furoncles, dont le bourbillon s’élimine peu à peu. D’autres sont en voie de gutrison ; d’autres encore sont complètement guéries.

Dans la région où siégeait le zona, la sensibilité au toucher et à la température est un peu diminuée ; la sensibilité à la douleur est au contraire, un peu exagérée.

Le ?1 Décembre, — Les vésicules aberrantes ont complètement disparu ; à peine est-il possible de soupconner leur existence antérieure par la constatation de petites macules grisâtres et de très légères dépressions.

Le 31 Décembre. — Le malade sort guéri; il conserve sur le cou une coloration rougeûtre, et la desquamation est assez active.

Les furoncles du tronc sont guéris ; sur la nuque il en reste encore deux, en voie de guérison.

RÉFLEXIONS. — Cette observation est sans doute intéressante à plusieurs points de vue ; mais une question que nous devonsnous poser avant toutautre est celle-ci : S'agitil d’un zona ? L’unilatéralité de l’éruption, son existence sur toute l'étendue de la distribution du plexus cervical superficiel, depuis le cuir chevelu, la région rétro-auriculaire et la joue, où les branches nerveuses supérieures vont s’anastomoser avec le nerf facial pour former le plexus cervicofacial ; jusqu’à la partie supérieure du thorax, du dos, et du moignon de l’épaule nous semblent plaider en faveur de cette opinion. Ajoutons que l’éruption zostérienne proprement dite ne dépasse pas les limites du département cutané, auquel se distribuent les nerfs de ce plexus superficiel.

L'aspect de l’éruption est absolument celui de toutes

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les éruptions zostériennes accompagnées ou suivies de nécrose. Sur des placards rouges, développés en un endroit, où depuis quatre jours le malade éprouvait des douleurs vives simulant des élancements ou des brûlures sont apparues sans aucune cause appréciable, au bout d’un temps très court de nombreuses vésicules identiques aux vésicules d’herpès. L'évolution de ces vésicules a été la suivante : Les unes se sont desséchées rapidement ; d’autres avant leur dessication, ou lorsque leur contenu était déjà transformé en croutes, ont été infectées par des staphylocoques pyogènes ; d’autres enfin ont été le centre de formation de nécroses superficielles et circonscrites des téguments; et ces dernières lésions ont été elles-mêmes envahies par les” staphylocoques. :

Les furoncles et les pustules d’ecthyma secondairement développés sur la moitié gauche du corps, sont, à notre avis, des autoinoculations ; le malade prenant des . gerines sur son cou, les a avec ses ongles disséminés sur le reste du corps.

Les vésicules aberrantes sont bien différentes de ces inoculations microbiennes ; leur évolution le démontre, ainsi que leur bilatéralité et leur siège en arrière, sur la région dorsale, en des points que le malade ne pouvait guère atteindre avec ses mains.

Nous n'avons pas pu constater la première période de développement de ces vésicules. Lorsqu'il nous a été ‘donné de les observer, elles étaient déjà complètement développées. Leurs caractères étaient d’ailleurs: absolument ceux du zona du cou : soulèvements épidermiques arrondis, à sommet plat, contenant un liquide citrin, et autour de cette vésicule, existait une petite aréole rouge, érythémateuse, non saillante. Cette vésicule s’est desséchée peu à peu, sans Suppurer : puis la croûte est tombée, alors que la cicatrisation était complète au-dessous. Nous croyons

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utile de faire remarquer qu'aucune de ces vésicules n’a suppuré, qu'aucune même n’a été nécrotique.

Le nombre des vésicules aberrantes n’a pas été considérable : quatre sur la face antérieure du tronc, huit sur la face postérieure ; il n’y en avait pas une seule sur les membres, ni sur la moitié droite de la face ; mais nous verrons dans nos observations ultérieures, que ce fait n’est nullement constant ; en effet les membres sont très souvent atteints.

Le développement de ces vésicules ne s’est pas accompagné de symptômes subjectifs bien nets ; tout au plus le malade a-t-il éprouvé quelques démangeaisons à leur niveau. Nous avons dit que la pression était un peu doulouloureuse ; mais après leur guérison nous n'avons pur constater aucun trouble évident de la sensibilité dans les points où elles avaient évolué, ni dans le voisinage, contrairement à ce que nous avons observé dans la région cervicale. Nous avons dit plus haut qu'il y avait dans la moitié gauche de cette dernière région, lors du départ du malade, une diminution de la sensibilité au toucher et à la température, une exagération de la sensibilité à la douleur.

En résumé, nous pouvons préciser ainsi les caractères de l'affection qui a motivé cette observation : zona de dimensions énormes, étendu à toute la zone de distribution des branches du plexus cervical superficiel gauche, avec éruption de vésicules aberrantes sur la face antérieure et. sur la face postérieure du tronc, à droite et à gauche de la ligne médiane. Eruption d’ecthyma furonculeux secondaire.

OBSERVATION II (personnelle)

Hamas François, employé de commerce, âgé de 57 ans, vient à la consultation de l’hôpital Saint-Louis le 7 janvier

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Cet homme a eu une pneumonie il y a sept ans et l’an dernier une bronchite intense qui a duré plusieurs seniaines. Il n’a jamais eu d’hémoptysie, ni de pleurésie et il ne connait pas de tuberculeux dans sa famille. D'ailleurs depuis sa bronchite il n’a jamais toussé et s’est constamment bien porté jusqu’au moment, où à débuté l’affection actuelle.

Cette affection a commencé à la fois, raconte le malade, par des douleurs dans le cou et des boutons dans la même région. Le premier bouton s’est montré sur la nuque; d’autres se sont rapidement développés tout autour. Puis en des points divers de la partie droite du cou des plaques: éruptives se sont montrées. En trois jours l’éruption avait atteint le développement qu’elle présente aujourd’hui. Ces phénomènes se sont accompagnés de douleurs vives que le malade compare à des brûlures, à une cuisson presque continuelle. En même temps Hamas Francois a éprouvé une violente céphalalgie, mais il n’a pas eu de fièvre, car l’état général est resté bon malgré l’insomnie ; il a continué à manger de bon appétit, il n’a eu aucun symptôme gastrointestinal et la soif est restée très modérée

Le malade n’a jamais eu aucune éruption de ce genre.

Le 7 janvier. — Toute la région à laquelle se distribuent les branches superficielles du plexus cervical droit sont envahies par l’éruption. Celle-ci forme un vaste placard rouge qui, dela racine des cheveux en arrière se porte en avant jusqu’au voisinage de l’angle du maxillaire inférieur. Ce placard remonte en haut et en avant jusqu’auprès de l'oreille et descend en bas jusqu’à l'extrémité inférieure du cou. Dans toute cette étendue on ne voit que quelques ilots de peau saine et blanche de petites dimensions.

Autour de cette vaste nappe érythémateuse on trouve disséminés sur les téguments normaux de petits espaces érythémateux très irrégulièrement Dunes présentant une éruption de vésicules d’herpès.

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Sur toute l'étendue de ces altérations cutanées on voit «de très nombreuses vésicules.

En haut quelques groupes d'éléments remontent jusqu'au vertex, où ils sont très faciles à voir par suite de la calvitie du malade. Par le toucher on sent facilement d’autres groupes de vésicules disséminées sur la partie postérieure et droite du cuir chevelu. Cachées par les cheveux, ces vésicules ne sont perceptibles qu'au toucher, la vue ne décèle nullement leur existence.

Sur la nuque, au voisinage de la ligne médiane de nombreuses excoriations abondamment suintantes, qui agglomèrent les chevenx, les rendent adhérents entre eux.

En d’autres points de la nuque, sur ce même fonp rouge on voit des vésicules desséchées, transformées en croûte, les unes épaisses, brunâtres, d’autres minces et jaunâtres. Ces croûtes sont petites et les plus larges n’ont pas plus de 1 centimètre de diamètre. À côté disséminées, on voit des vésicules encore. pleines de liquide, les unes isolées très petites, miliaires ; les autres un peu plus larges et atteignant les dimensions d’un grain de chenevis dont la surface est aplatie, mais dont le centre n’est pas ombiliqué..

= La plupart de ces vésicules sont confluentes et forment ainsi des soulèvements épidermiques blancs, aplatis, larges, atteignant le diamètre d’une pièce de cinquante centimes.

Dans la région dorsale l’éruption ne descend pas au dessous de l’épine de l’omoplate et ne dépasse pas la ligne médianne, On voit un très petit groupe près de l’apophyse épineuse de la première vertèbre dorsale. Ce groupe est formé d’uñe vingtaine de vésicules très rapprochées les unes des autres et toutes à la même période de leur évolution, plates, remplies d’un liquide blanc-jaunâtre. A: leur base ces derniers éléments très voisins les uns des autres

sont pourtant séparées entre eux par des minces espaces Molinié 5

de peau rouge vif, qui tranche nettement sur la coloration, blanche de ces vésicules.

Plus en dehors on voit plusieurs autres groupes de vésicules qui ont en moyenne les dimensions d'une pièce de deux francs, mais d’une forme très irrégulière. On voit au centre de quelques-uns des placards éruptifs des-croûtes. plates brunâtres, qui semblent indiquer un certain degré de nécrose des parties les plus superficielles des téguments. Sur le cou les vésicules sont très rapprochées et forment. des plaques assez larges formées chacune d’un nombre assez considérable d'éléments puisque ce nombre varie de

25 à 50 ; elles sont en outre assez rapprochées les unes des autres. Pourtant on voit par endroit des îlots de peau blanche, ayant conservé sa coloration normale.

D'autres placards éruptifs et des vésicules isolées se voient aussi sur le moignon de l'épaule, mais le voisinage de l'insertion inférieure du muscle deltoïdé n’est pas dépassé.

Sur la poitrine des groupes nombreux et de dimensions variées se voient sur toute la partie située au-dessous du troisième espace intercostal, c’est-à-dire jusqu’au milieu de l'intervalle séparant la clavicules du mamelon.

Les symptômes fonctionnels qui accompagnent cette éruption zostérienne sont les suivants : Douleur assez vive par instants, présentant les caractères d’une brûlure à certains moments augmentée encore par des sensations d’élancement.

Les mouvements du cou sont presqu’impossibles ; les plissements ds la peau ou les tractions qui tendent à produire les divers mouvements (Flexion, extension, rotation à droite ou à gauche) augmentent à tel point les souffrances. du malade que les muscles de la région cervicale se contractent énergiquement.

Les troubles de la sensibilité sont ceux qu’on observe

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dans la plupart des lésions inflammatoires de la peau ; tout contact donne lieu à une sensation douloureuse.

Vésicules aberrants. — Dans la région dorsale et dans la région lombaire, on voit une vingtaine de vésicules disséminées sans aucun ordre apparent. Chaque élément est isolé et séparé par un large espace de peau saine de l& lésion la plus voisine. Ces lésions existent des deux côtés en nombre à peu près égal. Voici quels sont les caractères de ces éléments. Ce sont de petites vésicules à sommet un peu aplati sans être pourtant ombiliqué ; quelques unes ont une surface lisse ; d’autres sont un peu flétries et prennent une coloration Jaunâtre. Autour de chacune de ces vésicules, il est facile de constater une aréole érythémateuse de 2 millimètres 1/2 à 3 millimètres de largeur.

Au-dessous et en arrière de l’aisselle gauche, on voit encore une autre vésicule isolée ; au-dessous du sein gauche nous en voyons une autre.

Un élément absolument typique se trouve sur la hanche droite ; la vésicule a à peu près deux millimètres de diamètre ; elle est pleine d’un liquide translucide, elle a une coloration un peu nacrée ; elle est entourée d’une aréole assez large, ne faisant aucune saillie.

Un peu au-dessous du pubis on appercçoît encore une vésicule et une autre se voit encore située à gauche de la ligne médiane. Un élément semblable se retrouve dans le pli de l’aine gauche. Deux vésicules se montrent sur la cuisse droite. L'une sur la face postérieure, vers la partie moyenne, l’autre à peu près à la même hauteur sur la face interne.

Les organes génilaux : gland, verge, bourse périnée ; les muqueuses sont absolument indemnes.

Le 11 janvier : Sur la moitié droite du thorax, les vésicules sont disposées isolées ou par groupes, de telle façon qu’elle forme des arcs de cerclé concentriques, irré-

- guliers, à concavité postérieure et supérieure.

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Quelques groupes s’avancent un peu à gauche de l& ligne médiane.

De même, au cou, la ligne blanche se touve dépassée de Fini e centimètres. Les vésicules isolées remontent. jusqu’au voisinage de l’os hyoïde. Sur la face, on en trouve au niveau de la partie postérieure de la joue, dans la partie qui correspond à la branche montante du maxillaire inférieur. |

Le 16 janvier : Les lésions en voie de guérison. Les vésicules zostériennes du cou se sont desséchées avec une très grande rapidité sous l'influence d’un pansement protecteur composé de poudre d’amidon recouverte d’ouate. On voit encore, disséminées, de nombreuses croûtes sèches. Pourtant sur la partie postérieure de la nuque, on peut voir encore des ulcérations qui persistent, d’ailleurs en bonne voie de cicatrisation. Le malade n’éprouve plus, dans cette région cervicale, aucune douleur spontanée. Les troubles de la sensibilité sont les suivants. En piquant avec un compas à pointes assez fines, successivement la moitié droite de la région cervicale et la moitié droite de cette méme région, nous voyons qu'il faut donner aux pointes un écartement plus considérable du côté droit que du côté gauche afin que le malade ait la sensation des deux piqûres distinctes. Il y a donc diminution de la sensibilité au toucher. Pourtant le frôlement le plus léger est perçu à droite aussi bien qu’à gauche. La sensibilité à la douleur est plus vive du côte droit où siégeait le zona. La sensibilité à la température ne différe guère d’un côté à l’autre.

Les vésicules aberrantes sont en voie de disparition : quelques-unes sont transformées en croûtelles adhérentes. ou se détachent facilement ; dans ce dernier cas, on trouve au-dessous, la cicatrisation terminée. D’autres n’ont laissé, comme trace de leur passage, qu'une simple macule violette, un peu desquamante à sa périphérie. D’autres encore ont laissé une légèré dépression blanchâtre au centre,

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-violacée à la périphérie. Quelques-unes ne laissent pas de trace sensible de leur existence antérieure. La guérison est à peu près complète.

Le 18 janvier. — La moitié droite du cou reste encore rouge et desquame ; mais les ulcérations sont complète- -ment cicatrisées, et c’est à peine si le malade éprouve une légère sensation de gêne dans les divers mouvements. RÉFLEXIONS. — Nous avons été très heureux d’observer ce deuxième cas de zona cervical, parce que, malgré la description minutieuse que nous avons donnée des vésicules aberrantes observées dans le cas précédent, malgré les différences absolues qui séparaient ces vésicules d’avec les complications ec'hymato-furonculeuses qui sont survenues chez notre premier malade, un doute aurait pu persister dans l'esprit du lecteur, qui se serait demandé si ces vésicules aberrantes n'étaient pas tout simplement: le résultat d’auto-inoculations staphylococciques. Cette deuxième observation est faite, nous semble-t-il, pour trancher complètement cette question. Ce deuxième zona n'a guère suppuré ; il n y a pas eu chez le malade, d’auto-inoculations microbiennes, et les vésicules aberrantes ont été beaucoup plus nombreuses que dans le premier cas. e Nous ne croyons pas devoir insister ici sur les raisons qui, dans cette deuxième observation, ont fait faire d'emblée le diagnostic de zona cervical. Les arguments que nous aurions à faire valoir, seraient identiquément ceux que nous avons exposés à propos de la première observation : unilatéralité de l’éruption ; limitation à la zone de distribution du plexus cervical, laquelle zone est envahie dans presque toute son étendue ; aspect absolument herpétiforme des placards éruptifs ; évolution rapide vers la guérison et, après celle-ci, persistance de troubles sensitifs dans les points où siégeait l’éruption.

Ce diagnostic nous paraissant donc parfaitement établi,

il nous reste à dire quelques mots des vésicules aberrantes. Dans la première observation ces derniers n’existaient que sur le tronc ; ici nous en avons trouvé quelques-unes sur les membres inférieurs ; cuisses droite et gauche. Les vésicules existaient dans le cas présent sur les deux côtés du tronc et étaient aussi nombreuses à droite qu’à gauche. En les comptant soigneusement nous avons trouvé qu’il n’y avait aucune différence appréciable : une vésicule de plus. du côté droit que du côté gauche. Les membres supérieurs et la face sont restés absolument indemnes de toute lésion.

L'évolution de chaque vésicule a été celle d’une vésicule d’herpès. Comme précédemment elles se sont développées sans être accompagnées d'aucun symptôme subJectif bien net ; le malade ne les avait même pas remarquées et ne s’est de de leur existence que quand nous les un avons fait remarquer.

Nous avons dit également que leur apparition semble avoir été un peu plus tardive que celle des lésions typiques du cou; leur guérison a été plus rapide. Ce dernier fait nous Dale dû d’abord bien naturellement à ce que pas une de ces vésicules n’a été le siège d’infection, de complication d'aucune sorte ; ensuite à ce que la lésion cutanée, très minime au-dessous de chacunea pu guérir rapidement, tandis qu’au cou où beaucoup étaient confluentes, les lésions ont été plus étendues et, par points, plus profondes.

Si maintenant nous voulons résumer les caractères généraux de l'éruption que nous avons observée chez ce malade, nous croyons pouvoir dire qu’il a présenté : un zona étendu à presque toute la sphère de distribution du plexus cervical superficiel droit accompagné d’une éruption de vésicules aberrantes disséminées sur tout le tronc et la partie supérieure des membres inférieurs.

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OBSERVATION IT (personnelle)

Andrieux Louis, £3 ans, employé de commerce, vient à la consultation de l'Hôpital St-Louis, le 3 novembre 1894.

Il a eu une attaque de rhumatisme articulaire aigu il y a sept ans. Il y a un an, il a été atteint d’une blennorrhagie aigüe qui a passé à l’état chronique, et depuis cette époque, il a la goutte militaire. dit-il. Ce sont là les seuls antécédents ; il n’a jamais eu d’herpès à la verge, ni sur aucune autre région sur Corps, il n’est pas névropathe et jouit d'un état général ordinairement excellent.

Jeudi dernier. en allant à la selle, il a éprouvé « au fondement » une sensation de cuisson assez douloureuse'et en même temps il a senti près de l'anus quelques petits boutons très douloureux au toucher. Il a fort bien dormi la nuit suivante ; mais, le vendredi, d’autres boutons analogues aux premiers se sont développés dans la région périnéale, au voisinage des précédents ; la douleur a augmenté un peu pendant cette Journée ; la marche est devenue assez pénible pour qu’il se soit vu obligé de suspendre son travail habituel.

Le samedi, d’autres boutons apparaissent sur le côté droit de la verge et du scrotum ; les douleurs sont devenues tellement intenses, cuisantes et lancinantes, que le malade n’a pu dormir pendant la nuit du samedi au di-

manche. Le dimanche les douleurs ont conservé la même intensité ; mais les lésions locales n’ont pas paru augmenter d’étendue.

Le malade a pu suivre pas à pas le développement des lésions de la verge, et voici ce qu’il nous raconte Ces lésions ont débuté sous la forme d’un placard rouge, unilatéral, étendu d’une extrémité à l’autre de l'organe. Après

24 heures environ, des vésicules se sont développées par groupes, en même temps que la rougeur diminuait d'étendue pour former des sortes d’aréoles autour de chaque groupements de vésicules et dans l'intervalle de celles-ci.

Les douleurs dans cette région se sont montrées à peu près en même temps que l’éruption ; pourtant le malade croit $e rappeler que, quelques heures avant le début de la rougeur, il a éprouvé une sensation d’engourdissement et d'hyperesthésie désagréable ; mais c’est principalement lorsque les vésicules se sont développées que la douleur est devenue vive.

Dès le samedi notre Jeune homme a: éprouvé dans l’aine droite une sensation de gêne, et en palpant cette région il a nettement senti là « des glandes » peu douloureuses spontanément et au repos ; mais oCcCasionnant une grande fatigue durant la marche et douloureuses au toucher. |

Le mardi, nous examinons pour la première fois le malade ; il est au sixième jour de son affection, puisqu'elle a débuté jeudi dernier. Voici quel est l’état actuel.

Sur la partie postérieure de la moitié droite du gland, nous voyons un groupe de vésicules typiques d’herpès. En effet cette partie présente un placard rouge, de forme irrégulière, constituée par des aréoles en général discrètes et séparées par de minces intervalles de muqueuse saine. Sur ces plaques rouges on voit des vésicules à différentes périodes de leur évolution. Les unes, qui sont évidemment les plus jeunes ont un contenu clair, leur coloration est nacrée, leur aspect est celui d’une toute petite perle ; d’autres

sont plus blanches opaques, leur contenu est trouble, séropurulent, leur surface un peu irrégulière, leur aspect un peu flétri. Les plus antérieures sont déssechées complète ment, transformées en petites croûtelles brunâtres. Les plus postérieures, maintenues humides -par l’accollement du gland et du prépuce se sont déchirées ; à leur place on

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voit de petites ulcérations microcycliques, policycliques, à bords festonnés ; le fond, à peine déprimé, esttapissé d'une mince couche d’exsudat blanchâtre. Sur la partie postérieure de la moitié droite du fourreau de la verge, c’est-àdire plus près du raphé médian que de la face dorsale on voit une traînée de vésicules dont les plus inférieures sont situées sur la ligne médiane, et, par suite, sur le raphé. La plupart de ces vésicules sont déjà transformées en croûtelles. Autour de chaque croûtelle des aréoles forment une

mince bande rouge, circulaire ; dans les points où les élé-

ments éruptifs sont voisins, ces aréoles arrivent à se toucher les unes les autres et forment ainsi par confluence des plaques assez larges.

Autour de la moitié droite de la base du gland il est. facile de remarquer une demi-couronne de croûtelles discrètes, n’adhérant plus que par leur centre, et, par suite sur le point de se détacher. "

Sur la partie droite du scrotum on voit des croûtelles et des ulcérations.

Les croûtelles sont brunâtres, irrégulièrement circulaires, petites, leur diamètre maximum ne dépasse pas 4 à. 5 millimètres. Elles sont nombreuses ef se constatent surtout sur la partie antérieure, près du raphé. Elles sont adhérentes, leur surface est plate et leur centre plutôt déprimé ; leurs bords sont légèrement saillants et tendent à se décoller.

Les ulcérations se voient surtout sur la partie-postérieure du scrotum. Il est très probable que leur formation est due, d’une part à l'humidité naturelle de cette partie, d'autre part à ce que les frottements des cuisses contre les bourses ont déterminé une irritation et une destruction des couches de l’épiderme ainsi dénudées. Le fond de ces ulcérations est blanchâtre, déprimé. Les plus petites ulcérations larges comme une tête d’épingle ont une forme circulaire.

D’autres plus étendues résultent de la confluence de plu- Mokinié 6

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