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Avec quelle affection une confusion aurait-elle pu être
commise dans lobservation que nous venons de relater ? Nous n’en voyons qu’une : l’herpès génital, et cette dernière opinion serait d'autant plus soutenable que l'individu était affecté d’une blennorrhagie chronique. Or, MM. Diday et Doyon (Les herpès génilaux) ont bien mis en évidence le rôle étiologique des affections des organes génitaux dans la production de l’herpès de ces mêmes organes. Nous ne nous sommes pourtant pas arrêté à ce diagnostic pour les raisons suivantes. L'herpès génital proprement dit n’a pas l'étendue de l’éruption que nous avons décrite chez cet employé de commerce. En outre, dès notre premier examen, nous avons constaté chez notre malade l'existence de cette adénopathie que M. Barthélemy a récemment étudiée dans le zona et qu’il considère comme apparaissant dès le début de l’éruption, ou même avant celle-ci, avec des caraëtères identiques à ceux que nous avons observés. Le doute ne nous parait donc pas possible.
; Les vésicules aberrantes n’étaient pas nombreuses chez cet homme : neuf ou dix en tout; mais leurs caractères en revanche étaient parfaitement nets et chacune représentait une vésicule typique d’herpès.
Il était impossible de confondre ces lésions avec les pustules d’acné, qui siégeaient sur le dos et la face ; cellesci étaient formées tantôt d’une toute petite pustule blanche, pleine de pus, à centre légèrement déprimé ; tantôt par un comédon et la base était rouge, saïllante, indurée, autant de caractères absolnment différents des vésicules zostériennes.
Ces vésicules aberrantes existaient à la fois sur le tronc et sir les quatre membres. Les régions postérieures du tronc seuls étaient indemnes ainsi que la face.
Les symptômes fonctionnels : douleurs, gêne, fatigue si intenses au siège du zona ont paru faire à péu près défaut an niveau des vésicules aberrantes. Ce troisième malade, comme les précédents, n’avait pas remarqué leur
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existence. Seul l'élément de l’avant-bras avait produit : quelques démangeaisons qui avaient poussé notre sujet à se gratter, par suite à déchirer la vésicule et à excorier les tissus sous-jacents. |
Résumons donc dela manière suivante les traits essentiels de cette observation: zona génital à évolution normale, accompagné d’une éruption de yjuelques vésicules aberrantes sur le tronc et sur les membres.
OBSERVATION IV (personnelle.
- Froment G..,, âgé de 48 ans, sculpteur, vient à la consultation de l’hôpital Saint-Louis le 11 octobre 1894.
Ce malade présente ces troubles cérthraux caractérisés par une certaine gêne de la parole, qui est lente.et scandée, par la mémoire plus qu’ingrate : de plus il parait présenter à un certain degré la manie des grandeurs. Les pupilles rétrécies sont un peu inégales.
Cet homme ne fournit sur ces antécédents que des renseignements incomplets. Pourtant nous avons pu avec un peu de patience obtenir les renseignements suivants : F... G. n’a Jamais été atteint d'aucune lésion ressemblant à celle qu’il nous montre aujourd’hui. Le début de la présente affectiou remonte à quelques jours, quatre ou ciuq environ.
Le malade présente l’éruption suivante : A l’union du tiers inférieur avec le tiers moyen de la moitié droite du thorax on voit un large zona étendu en une bande horizontale et qui forme au corps une demi-ceinture, partant du voisinage de la ligne des anophyses épineuses pour aboutir aux environs de l’apendice xiphoïde du sternum. Cette bande ne suit nullement l’espace intercostal ;: elle croise même plusieurs espaces dans son trajet. En effet, elle naît
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en arrière un peu à gauche de la ligne médiane, au niveau des apophyses épineuses des huitième et neuvième vertèbres dorsales et de là se porle en avant, et aussi un peu en bas en contournant la paroi thoracique : elle forme avec l'horizontale un angle d’une dizaine de degrés, et vient se terminer en avant au voisinage de l’appendice xyphoïde. Elle passe immédiatement au-dessous du mamelon, et s’arrête en avant, à trois travers de doigt de l’appendice xyphoïde du sternum, Or nous suivons cette bande éruptive d'avant en arrière nous voyons que, dans sa partie postérieure, elle correspond aux septième et huitième espaces intercostaux ; au niveau du mamelon, aux cinquième et sixième espaces, et par sa partie antérieure aux mêmes. espaces, qui, on le sait, tendent en ce point à devenir horizontaux ou même obliques en haut eten avant. Cette absence : de coïncidence de l’éruption, avec les mêmes espaces dans toute son étendue nous est très clairement mise en évidence par l'étude du squelette. En effet, en marquant au crayon dermographique, sur les téguments le trajet des huitième et neuvième côtes, nous voyons que ces dernières sont très obliques. L’angle que ces côtes forment avec l'horizontale, dans leur deux tiers postérieurs n’est pas inférieur à 45° ou 50°. Vers leur parte antérieure, et surtout dans la partie - du grilcostal formée par les cartilages costaux correspondants, ces espaces deviennent horizontaux et même obliquement ascendants Or chez ce malade, l’éruption forme une bande rectiligne et croise d’arrière en avant les &°, 7°, 6° espaces intercostaux.
L’éruption est formée de placards de dimensions extrémement variables ; les grands sont confluents ; les petits. disséminés à la périphérie des premiers, sont les uns isolés, distincts, séparés par des espaces de peau saine, quelques autres sont pourtant également confluents.
Sur un fond rouge vif constitué par des placards érythémateux, qui font une très légère saillie, à peine appré-
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ciable et sans limites nettes se dessinent les vésicules caractéristiques. Elles sont très nombreuses, les unes extrémement petites, à peine visibles à l'œil nu et dont on ne peul-voir les détalls qu’à la loupe ; d’autres mains petites ont le volume d’un grain de millet; les plus volumineuses présentent les dimensions d’un grain de chenevis. Leur centre est aplati ou déprimé. On en voit un certain nombre qui, devenues confluentes, sont très larges et forment par leur union des soulèvements épidermiques assez étendus puisqu'ils atteignent un centimêtre et demi à deux centimètres de diamètre. | NA
Quelques-uns de ces larges soulèvements épidermiques ont une coloration violacée, brunâtre ce qui est dû à ce que leur contenu est hémorrhagique.
Les grands placards forment une traînée large de deux travers de doigt et presque continue. Au-dessus et au-dessous on voit des vésicules isolées et même quelques plaques érythémateuses sans trace de vésiculation, et qui, par suite, sont des. lésions frustes. En somme, dans sa plus grande largeur ce zona atteint neuf à dix centimètres.
Vésicules aberrantes. — Dans le creux de l’aisselle droite une vésicule large comme uu grain de chénevis, blanche, nacrée, à surface lisse, un peu aplatie est entourée d’une aérole érythémateuse dont le diamètre est de six millimètres.
Sur la moitié gauche de la face ne du tronc, vers sa partie supérieure nous constatons une vingtaine de vésicules, isolées, très petites, en voie de 4 pen et, de plus, sur le côté droit quelques macules rouges, à peine saillantes. \
Tout près de la fesse droite et un peu au-dessus d'elle une vésicule complètement développée est très voisine d’une autre non moins nette, qui est survenue dans la ré— gion sacrée.