‹ Des vésicules séminales; anatomie et pathologieChapitre 14 sur 54 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Inflammation de la vésicule séminale gauche; cystite; endocardite bactéridienne:

abcès secondaires.

Ua malade entre à Dun's Hospital pour une contusion de la hanche et de la cuisse gauches, le 23 avril. Le 24, il est pris de délire et de fièvre. Les urines sont peu abondantes, bourbeuses, contenant des globules de pus, et une grande quantité de petites granulations résistant à l'action de l'acide acétique (micrococci) . Puis survient une dyspnée intense et le malade meurt le 26.

A l'autopsie, on trouve du liquide purulent dans l'urèthre. Le poumon gauche, adhérent, est atélectasié dans ses parties inférieures et contient un infarctus. Le liquide péricardique renferme des micrococci. Abcès dans les piliers du cœur, dans les reins et la vessie.

La vésicule séminale gauche est saine. La droite est le siège d'une inflammation ancienne. Les parois sont épaissies et ulcérées, et sa cavité est remplie d'un pus épais, contenant de nombreux micrococci. Ceux-ci manquent dans le liquide de la vésicule gauche. La section de la prostate montre que l'éjaculateur droit est enflammé et contient du pus jusqu'au point où il s'abouche dans l'urèthre.

Purser fixe le point de départ des accidents dans la vésicule. On peut se demander si ce n'est pas le cœur qui est la cause de tout le mal, et si ce n'est pas l'endocardite infectieuse qui est l'origine des abcès multiples, et, en particulier, de celui du réservoir spermatique.

Nous ne pouvons pas regarder comme une complication Vépididymite qui accompagne, ou plutôt suit, dans les neuf dixièmes des cas, la spermatocystite : c'est un autre effet d'une même cause, et, à la fois, un élément de diagnostic important.

Lorsqu'en effet, avec des symptômes mal définis, des douleurs abdominales, inguinales ou môme trochantériennes, une menace de péritonite de cause inconnue, on voit se gonfler le scrotum, il faut immédiatement examiner

le canal déférent et l'urèthre, et surtout pratiquer le tou» cher rectal.

Les cas d'autopsies de blennorrhagiques sont rares ; mais il est à noter que, dans ceux qui ont été publiés, on a presque toujours signalé des lésions plus ou moins profondes des vésicules. Celle de Castelneau est peut-être la seule négative (1).

Ricord dit avoir vu dans un cas les altérations de tissu (engorgement, injection sanguine, induration, suppuration de surface) s'étendre de l'épididjme à la vésicule séminale, et de là à l'éjaculateur.

Dans l'observation de Gaussail, il est dit que le col des vésicules, surtout à gauche, était très injecté et d'un rouge tirant sur le noir; les déférents étaient augmentés de volume; les petits vaisseaux qui rampent autour de ces conduits paraissaient plus rouges et plus dilatés que dans l'état ordinaire.

Ailleurs, on nous dit que les éjaculateurs étaient dilatés et injectés; la vésicule, correspondant à l'épididjme enflammé, était volumineuse et dure (Hardy).

De son côté, Godart, ayant eu l'occasion de disséquer les organes génitaux de deux malades morts de péritonite dans le cours d'une blennorrhagie compliquée d'épididymite (ce sont les deux cas déjà cités de Ricord, communiqués à Guyot), trouva une diminution notable de la vésicule du côté malade; il nous paraît être tombé sur des cas exceptionnels, car plus souvent le réservoir est, au contraire, tuméfié et rempli d'un liquide veuf de spermatozoïdeset renfermant une plus ou moins grande quantité depus.

(1) De Casteinau. Des engorgements syphilitiques du testicule. Annales des maladies de la peau et de la syphilis, publiées par A. Cazenave. 1 vol. 184344, p. 194.

Marcé, dans un cas où la vésicule ne paraissait pas malade, a constaté cependant que son contenu était formé de globules blancs et de cellules épithéliales.

Nous avons eu nous-même la bonne chance de faire une autopsie de ce genre et nous allons la relater avec quelques détails, d'autant plus que nous avons pu faire Vexamen microscopique de la vésicule enflammée.

Page 1