PHYSIOLOGIE
Situées sur le trajet du conduit séminal dont elles ne sont qu'un diverticule, comme la poche du fiel n'est qu'un appendice des canaux excréteurs du foie, les vésicules spermatiques servent de réservoirsà la sécrétion testiculaire ; mais, de plus, elles modifient le liquide qui séjourne dans leur cavité; enfin, elles agissent au moment de l'éjaculation pour expulser leur contenu dans l'urèthre. Elles ont donc trois fonctions distinctes que nous allons successivement étudier.
!« Des vésicules considérées comme réservoir du sperme.
Le rôle de ces organes, entant que réceptacles du liquide séminal, est le seul qu'aient soupçonné les premiers anatomistes qui les ont décrits.
Cependant, dès la seconde moitié du xvii® siècle, cette fonction leur était discutée : De Horne et son commentateur Swammerdam prétendaient qu'elles n'ont aucune relation avec les déférents, et en faisaient des organes glandulaires. De Graaf soutintvaillamm«int l'opinion généralement admise jusqu'alors (1) et, à peine avait-il publié
(i) A. de Graaf . De virorum organis generationi inservientibus^ de chjste' rihus et de usu siphonis in anatomia. Lugd. Batav. 1668, in-8«
Du même : Partium genitalium de,''ensio, Leidae, 1673, in-8.
On trouve toutes les pièces de ce procès dans la Bibliotheca anaiomka de Manget(Genevde, 1699, in-fol., t. I, p. 552,644, G62.
sa Défense des parties génitales^ qu'il mourait dans un accès de colère, provoqué, dit-on, par cette dispute. Le débat avait été porté devant la Société royale d'Angleterre qui avait donné gain de cause au célèbre anatomiste,
PI us tard, Hunter etChaptal reprirent la thèse de Svvammerdam, ce qui nous valut un mémoire important d'un médecin et vétérinaire de Turin, Brugnone (1). S'appuyant à la fois sur l'anatomie humaine et sur l'anatomie zoologique, il montra le bien fondé de l'opinion de de Graaf.
C'est un point qui n'est plus guère douteux aujourd'hui. Il est deux preuves, du reste, absolument convaincantes, et qui rendent toute discussion impossible:
a. Les vésicules, sauf le cas d'azoospermie par anomalies, lésions du testicule ou. maladies générales, contiennent toujours, des spermatozoïdes pendant la période génitale de l'individu. Comme ils ne sont pas formés sur place, i'I faut bien qu'ils viennent des déférents.
b. Si on pousse une injection d'air, d'eau, ou de mercure, par le déférent, on voit toujours la vésicule se gonfler avant qu'une bulle d'air ou une goutte de liquide n'apparaisse dans l'urèthre. Cette expérience, qui prouve aussi l'indépendance absolue des voies séminales droite et gauche, a été faite et parfaitement décrite pour la première fois par de Graaf, qui prenait plaisir, dit-il, à voir le liquide jaillir comme une petite fontaine par l'éjaculateur lorsque la vésicule était remplie « grato admodum spectaculo y>. Il prouvait ainsi le rôle de réservoirs des vésicules, dont l'usage est de « senien recipere et pro futuro coïtu
. (1) observations anaiomiques sur les vésicules séminales, tendantes à en confirmer l'usage. Mémoires de l'Académie royale des sciences de Turin (1786-87). Turin, 1788, in-4, p. 609.
« reservare », et il termine sa dissertation par cette affirmation énergique : « Concludimus vesiculas seminarias « neatiquam generationi, sed receptioni seminis a Deo O. < M. ordinatas esse : qiiod sustinebimus tam diu donec « melius nos edocere cuiquam placuerit ».
Et dire que dans un travail tout récent, on attribue la paternité et l'honneur de cette expérience à Winslow qui écrivait plus de cinquante ans plus tard ! (1).
Pourquoi le sperme suit-il ce trajet, plutôt que de passer directement dans l'arèthre?
Plusieurs explications en ont été données.
On a admis l'existence d'un sphincter aa niveau de l'éjaculateur, mais les recherches d'anatomie les plus récentes n'ont permis de décrire en ce point que quelques fibres longitudinales qui évidemment ne peuvent agir pour oblitérer ce canal.
Il est plus probable que la rétraction des fibres élastiques si nombreuses qui lui forment une véritable gaine (Robin et Cadiat), jointe à la pression des parties avoisinantes de la prostate, suffit pour empêcher le passage du liquide ; ce qui expliquerait pourquoi, même sur le cadavre, alors que les muscles sont relâchés, la substance injectée par le déférent emplit la vésicule avant de vaincre la résistance de l'éjaculateur.
En tout cas, cet obstacle paraît réparti dans une grande partie de la longueur du canal excréteur, et n'est paslimité. comme on l'a cru, à leur orifice uréthral. Il suffit, pour s'en convaincre, d'abraser le veru-montanum en enlevant quelques millimètres de l'extrémité des éjaculateurs : on
(i) Dict. encyclopédique . Art. Voies spermatiques . Ce travail, fort incomplet, au moins paur ce qui a trait aux vésicules, est souvent inexact. On y voit, far exemple, que les déférents s'accolent à leur terminaison, de sorte que leur paroi interne leur est commune.
voit que le liquide de l'injection distend encore le réservoir avant de sourdre sur la surface de section.
Il n'y a pas là non plus cette valvule, qu'on nous dit exister chez quelques animaux (cheval), et qui aurait pour fonction d'empêcher la pénétration de l'urine dans les vésicules. L'abouchement très oblique des éjaculateur s suffit pour éviter ce mélange d'urine au sperme, absolument comme la direction des uretères à leur arrivée dans la vessie a pour but de s'opposer au reflux de liquide qu'elle renferme.
Pas n'est besoin d'avantage de faire jouer un rôle analogue à y utérus mâle, qui comprimerait la terminaison des éjaculateurs. Ceux-ci fonctionnent très normalement quand l'utricule manque, ce qui n'est pas très rare.
2*^ Des modifications subies par le sperm^e dans les vésicules.
Ces organes sécrètent un liquide qui entre dans la composition du sperme d'éjaculation.
C'est là un point tout aussi évident que le précédent.
Lorsqu'en effet un testicule manque, congénitalement ou accidentellement, la vésicule correspondante peut être absolument remplie par un liquide qui n'a pu que se former dans sa cavité.
Riolan (1), Godart (2) en ont cité des exemples; une des observations les plus anciennes et les plus curieuses est celle que nous devons à Cabrol (3). En disséquant un soldat pendu pour avoir violé une jeune fille, il trouva qu'il n'y
(1) Anthropographia . Paris, 1618, in-8, lib. II, chap. XXXI.
(2) Recherches sur l'appareil séminal de rhomme, 18G0, p. 54.
(3) Cahrol, Alphabet, anatomic. Tournon, 1594, in-i, p. 86 >
avait pas de testicules, apparents ni cachés ; «bien luy trouvâmes-nous ses gardouches ou greniers austant remplis de semence qu'à homme que j'aye anathomisé despuis ». On comprend l'étonnement des assistants qui se demandèrent « si les testicules servayent à la génération. »
Mais, s'il est vrai que les vésicules sécrètent, il est inexact d'en faire des organes purement glandulaires comme l'ont voulu quelques auteurs.
Van Horne et Swammerdam (1\ en s'appuyant surtout sur des faits d'anatomie comparée mal observé? et mal interprétés, ont émis cette idée déjà indiquée en passant par Wharton (2), que les vésicules ne sont pas des réservoirs, mais de simples glandes annexées à la partie terminale de l'appareil spermatique.
Harde;r (3) et Taury (4) suivent les mêmes errements, puis Hunter intitule son travail : « Observations sur les glandes situées entre le rectum et la vessie, et quon appelle vésicules séminales », et le termine par cette conclusion, ciue les poches aiDpelées vésicules séniinalesne sont pas des réservoirs de la semence, mais bien des glandes qui sécrètent un liquide particulier^ et que le bulbe de Vurèthre est, à proprement parler j le réservoir dans lequel la sem^ence s'accumule préalablement à Véjaculation (5).
L'année suivante (1787), Chaptal publie dans le Journal
(1) Van Horne. Prodromus observationum circa, partes génitales m uiroque sexu. Lugd. Batav., 1668, in-12.
Sivanimerilaui. Miraculum naturx, sive uteri muliebris fabrica . , . . Leiden, in-4, et BB. anat. de Manget, t,*I, p. 644.
(1) Wharton. Adenograp/na, sive glandularum totius cor ports descriptio. Londini, 1656, in-8.
(3) Harder. Prodromus physiologicus, 1679, cap. VII, p, 156.
(4) Daniel Taury. Nouvelle anatomie raisonnée, 1690, partie I, ch. XI,
(5) Hunter. Œuvres complètes, trad. Richelot, 1841,1. IV, p. 82.
Guelliot, 5
de Physique (1) ]un mémoire dont le titre seul indique Tesprit :
Mémoire dans lequel on se propose de faire voir que les vésicules séminales ne servent point de réservoir à la semence séparée par les testicules ; on établit un nouveau réservoir de cette liqueur et Von assigne un nouvel usage aux vésicules.
Ce « nouveau réservoir » n'est autre que l'ampoule du déférent.
Enfin Panizza, au dire de Barbieri (2), aurait soutenu la même opinion.
Ici, comme en bien d'autres choses, la vérité est dans un juste milieu : nous avons démontré que les vésicules sont à la fois des organes de réserve et des organes de sécrétion.
Et cependant, l'anatomie le démontre, leur muqueuse ne possède pas de glandes. Mais, comme le fait fort bien observer Roux, « on peut très bien supposer que cette membrane sépare habituellement un liquide qui enduit sa surface, comme cela à lieu pour toutes les autres membranes de même nature » (3).
Quant à donner les caractères de cette sécrétion, la chose est plus difficile qu'elle ne le paraît, le liquide vésiculaire étant toujours mélangé à celui qui provient du testicule et du déférent.
Andral, puis Lampferhoff, avaient cru tourner la difficulté en examinant celui des prétendues vésicules du cochon d'Inde, qui ne contiennent pas de sperme : mais
{{) Observations sur la physique, ^ur l'histoire naturelle et les arts^llSlf t. 30, in-4, p. 101-117.
(2) Observations sur quelques parties des organes génitaux mâles. Annali universali di medicina, 1853, et Gaz. méd., 1854, p. 270.
(3) Bichat, Traité d'amt. descriptive, T.^V (par Roux), 1803,^p. 199.
c'est le contenu des tubes de Weber qu'ils'ont étudié et analysé,
Il faudrait — occasion que nous avons vainement cherchée — étudier avec soin le liquide renfermé dans la vésicule d'un anorchide, ou mieux d'un homme castré depuis un certain temps (1).
Nous allons donc indiquer rapidement les caractères du liquide mixte qu'à l'autopsie on trouve dans ces réservoirs, en indiquant les différences qu'il présente avec le produit de sécrétion du testicule.
Il est grisâtre le plus souvent, quelquefois un peu moin foncé, mais jamais tout à fait blanc, d'autant plus foncé qu'on s'éloigne davantage du moment delà mort, à cause de la desquamation des cellules épithéliales granuleuses.
Sa consistance est extrêmement variable, le plus souvent crémeuse, quelquefois se rapprochant de celle d'une gelée (grande abondance dumucus),ougranulée siles sym-plexions sont nombreux (2).
Plus dense que l'eau, il est légèrement alcalin.
Son odeur est nulle : c'est là un fait vérifié par tout ceux qui ont pu l'examiner à l'état frais (3). Plus tard, il prend rapidement une odeur urineuse ou fécaloïde de voisinage.
Sa quantité varie évidemment avec le volume des réservoirs qui le contiennent. Très peu abondant et séreux
(1) Nous disons depuis un certain temps, car les spermatozoïdes peuvent persister assez longtemps dans les vésicules après l'ablation du testicule (Voyez Curling. Maladies du testicule, p. 476), et des chevaux adultes, nouvellement castrésj ont pu couvrir fructueusement des juments.
(2) Trente-six heures environ après la mort, la consistance diminue, la substancb se fluidifie et on y voit appar.-iîlre de nombreux animalcules sons forme do l);i-' tonnets.
(3 JMarcelin Duval. Congrès médical de PariSy 18GT, p. r)27, Itobin. Journal d'ann/omie, 1800, p. 09 cf. MG; 1S73. p. '.30,
jusqu'à la puberté, chez les vieillards, tantôt il distend les vésicules, tantôt il fait presque complètement défaut.
Cordelinus, cité par Haller et Robin, évaluait le poids d'une éjaculation à deux drachmes (8 grammes) ; d'après Robin, la quantité de sperme éjaculé varie entre 0cc75 et 6 ou 7 centimètres cubes (1). Elle varie du reste avec le nombre des coïts et l'âge du sujet.
Mais ce sperme est formé des différents fluides du testicule, du déférent, de la vésicule, de la prostate. Pour évaluer la quantité du liquide vésiculaire, il fallait employer un autre procédé : nous avons tout simplement cubé le liquide exprimé de son réservoir. Nous avons ainsi constaté que la capacité moyenne d'une vésicule est de Icco à 2cc5, soit 4 centim. cubes pour les deux; lorsqu'on les emplit d'eau en forçant un peu l'injection, on peut gagner environ un demi-centim. cube. Il en est quelques-unes qui sont plus larges, mais beaucoup aussi sont moins développées.
Au microscope, on voit dans le liquide vésiculaire un assez grand nombre d'éléments figurés.
a. Spermatozoïdes. Ils existent dans les vésicules de tout homme pubère, et sont encore vivants 70, 82 (Robm) et 84 heures (Valentin) après la mort chez les suppliciés.
Nous n'avons pas à rechercher les causes qui peuvent en entraver la formation. Ce sont là des troubles de la sécrétion testiculaire et non de celle des vésicules ; nous n'avons pas non plus à déterminer le moment où ils disparaissent ordinairement chez le vieillard (2).
(1) Montegazza donne les mêmes chiffres : de 0 ce. 75 à 6 cent, cube pour un homme de 80 kilogrammes. ,
(2) Cette question a été bien étudiée, et nous renvoyons le lecteur qui voudrait se faire une opinion sur ce point aux travaux suivants :
Davy. Observations on the Fluid in tlie vesiculx séminales. The Edinburg
b. Leucocytes. On en trouve toujours en assez grande quantité ; les uns sont normaux, les autres, très gros, ressemblent aux globules de Glûge. Ils se chargent quelquefois de matière colorante du sang.
c. Cellules épithéliales. Elles sont d'autant plus nombreuses qu'on s'éloigne davantage du moment de la mort. Les unes sont cubiques ou polyédriques et viennent de la vésicule; d'autres, cylindriques, sont amenées par le liquide des déférents ; toutes présentent ce caractère spécial de contenir des granulations brunâtres. Assez souvent aussi, des cellules sesont desagrégées, et les granulations, mises en liberté, nagent dans le liquide.
d. Globules rouges. Ce sont des éléments inconstants, qu'on voit apparaître dans la vieillesse ou à la suite de certains états morbides que nous étudierons dans le cours de ce travail.
e. Sympexions, Sous ce nom, Robin a décrit des corps dénature azotée, irréguliers de forme, transparents, qui seraient dus « au passage à l'état solidede certains des
med. and surg. Journal, 1838, vol. 51, p. I (analysé dans la Gaz. méd., 1838, p. 483).
Gosseliii. Mémoire sur l'oblitération des voies spermatiqiies, Arch. deméd., 1847, t. XIV, p. 405.
— Nouvelles études sur f oblitération des voies spermatigue^. (Arch. de méd., 1853, 5* série, t. II, p. 237).
LêvT. l'eber den Inhalt tler Samenblaien, Deiitsch Klinik, 1838, n. 16 (analysé dans le Canstatt's, 1838, I).
Diiplay. Recherches sur le \ sperme des vieillards. Arch. de méd., 1832 t. XXX, p. 385.
A. Dieu. Recherches sur le sperme des vieillards. Journal de Robin, 1867, t. IV, p. 4'i9.
Liég^eois. Influence des maladies du testicule et de Pépididi/me sur In composition du sperme Annab^s de deimatologie. 1869, p. 403.
principes de nature azotée non cristallisables que produisent les glandes en général, et les glandes vasculaires spécialement, la thyréoïde en particulier». On on a vu dans la rate, la thyroïde, les ganglions lymphatiques, les glandes de l'utérus, et surtout les vésicules séminales.
Dans celles-ci, les sympexions sont en nombre très variable. Ils se formeraient, d'après Robin, lorsqu'il n'y a pas eu de coït depuis quatre ou cinq jours. Comme c'est dans ces conditions qu'on examine généralement le contenu des vésicules, il en résulte qu'on les y rencontre toujours. Nous n'avons trouvé d'exception que pour des enfants et des individus non pubères (quoique l'un eût 1 17, l'autie 18 ans). Nous les avons vus faire défaut aussi dans les vésicules en transformation fibreuse de deux tuberculeux et celles d'un blennorrhagique mort avec une spermatocystite purulente.
Mais tantôt ils sont disséminés, rares et petits, tantôt au contraire, ils sont volumineux, confluents et constituent la plus grande masse du liquide vésiculaire. Celui-ci prend alors une coloration plus blanche, quelquefois presque laiteuse, et un aspect grenu qui le fait ressembler à de la glace pulvérisée et semi-fondue, ou mieux à lagranita des Italiens. C'est alors que les sympexions peuvent entraver l'éjaculation et être une cause de dysspermatisme (Voyez Concrétions et calculs des vésicules séminales).
Pris isolément, chaque sympexion est une concrétion in • colore, arrondie, cylindrique ou polyédrique, soudée souvent par ses bords aux concrétions voisines. Les plus petites n'ont ^uère que 10 f^; les plus grosses s'écrasent sous les doigts et atteignent 1 millim. et plus. Elles englobent souvent des spermatozoïdes qui, suivant la pittoresque comparaison de Robin, y sont pris comme dans les glace. Elles renferment aussi des débris cellulaires, des granulations
pigmentaires, et parfois des globules rouges et des grains d'hématoïdine.
Les sympexions se gonflent, puis se dissolvent sous l'influence de l'acide acétique ; ils ne sont donc pas formés de mucus; ce ne sont non plus des corps amylacés et leur composition chimique complète est encore à trouver (ï).
Nous n'en savons pas davantage sur leur mode de formation. Les vésicules n'en renferment pas au moment de la naissance : à cette époque, leur contenu est uniquement constitué par de très nombreuses et très fines granulations, la plupart sanscaractère déterminé, d'autres ayant la réfringence des gouttelettes graisseuses (2).
Chez l'adulte, au contraire, comme nous le disions tout à l'heure, les sympexions existent à peu près toujours. Ils ne nous ont pas paru plus fréquents pendant la vieillesse, et les deux sujets qui en présentaient le plus, d'une façon véritablement pathologique, étaient âgés de 29 et 55 ans.
Ils ne nous semblent pas être en relation quelconque avec la quantité des spermatazoïdes, et on les trouve déjà nombreux dans les vésicules d'enfants de 10 ou 12 ans non pubères.
f. Mucus. Comme d'autres muqueuses non glandulaires (vessie, trompe utérine, etc.), celle des réservoirs spermatiques secrète une certaine quantité de mucus qui se mêle au produit du testicule et lui donne une consistance plus épaisse.
C'est ce mucus qui remplit à peu près seul la vésicule quand le déférent est oblitéré. Dans quelques cas, nous
(1) Voyez à ce sujet : Art. Sympexion, du Dictionnaire de Littré et Robin Robin. Traité des Jimneurs, 1867, p. 23.J et 351.
Robin. Art, Spenne, du Dict. encyclnpéiîque.
(2) On retrouve ces gouttes huileuses dans les vési hiIcs s^iuin iIls do^ nnorchides (voy. Anomalies}.
l'avons trouvé en proportion exagérée, sous forme de substance demi-solide, grise, filante, analogue àdublanc d'œuf, ou même de concrétions lenticulaires (Voyez Concrétions ET calculs).
Dans ces cas, il est facile de constater sa nature : il se dessèche à Tair en formant des croûtes jaunâtres qui, traitées par une solution étendue de potasse, se dissolvent en la neutralisant, etseprécipitentde nouveaupari'alcoolsous forme de flocons blanchâtres.
11 englobe toujours quelques sympe'xions et des cellules épithéliales.
Lorsqu'il est moins abondant, il se révèle encore parfois par des stries parallèles apparaissant dans le champ du microscope.
En outre, on voit aussi dans le liquide que nous étudions des gouttelettes sphériques ou ovoïdes, incolores, non striées, à substance visqueuse, colorées en jaune par l'iode et en rouge intense par la fuchsine (Robin). Leur nature est inconnue.
Il n'existe pas, à l'état normal, de* cristaux dans les vésicules de l'homme. Nous avons regardé comme tels des corps allongés, rectangulaires ou aciculaires, trouvés dans celles d'un cerf; nous en avons vu d'autres, plus nets, pyramidaux, dans celles d'un bœuf brachycère fl).
(1) On trouve, dans le sperme d'éjaculation de l'homme, des cristaux qui s'y déposent par le refroidissement. La plupart sont constitués par du phosphate de cliaux (Vaiiquelin,*n91). D'autres, dont Montegazza revendique la découverte, mais qui ont été décrits pour la première fois par Bôttclier, seraient formés d'acide pliosphorique et d'une base nouvelle (Schreiner) ; ils paraissent avoir leur origine dans le suc prostatique.
Consultez, sur les cristaux de Botlcher :
Bùttclicr. Farhlase Krystalle . . . Virchow's Arcliiv, 1865, Bd II, p. 523.
nionle^azza. Gazetta medica Italiana, 1866, n. 34 et Gaz. hebdom., 1856,
Du même. Sur le sperme de rjiomme. Journal de Robin, 1868, p. 181.
P. Furbringcr. Uber die Herkunft und Klinische Bedeutung der Sperma-
11 est probablequela muqueuse jouit aussi d'un pouvoir d'absorption assez considérable. La multitude des lymphatiques et des veines des vésicules, les replis en forme de villosités de sa face interne, ne l'indiquent-ilspas a priori7 Meckel, au dire de Faye, a essayé de prouver expérimentalement cette absorption en j injectant dans leur cavité un liquide coloré qu'il retrouvait ensuite dans les veines du petit bassin (Ahlhandlung. der. med, ckir. Akademie zur Wien. 1787, B. I, p. 207). C'est la vieille théorie du reponi' pement de JîMeT : on sait que les anciens faisaient jouer un grand rôle à cette résorption de la partie fluide de la semence, et lui attribuaient une foule de phénomènes, entre autres la production des poils, de la barbe, etc.