CHAPITRE V
Le9 prod\ictionii kystiques, hydatiquas og autrep, sont fréquentes entre le rectum et la vessie, et récemment Englisch a consacré à leur étude un long article du journal de Stricker. Il a montré leur origine multiple, dans Tutérus mâle, les vésicules séminales, les débris du canal 4(9 Wolff ou de celui de Mûller (1),
Ils acquièrent parfois un volume considérable et peuvent arriver à occuper presque tout l'abdomen.
De semblables tumeurs peuvent^elles avoir pour point de départ les vésicules? Deux exemples en ont été publiés qui ne sont rien moins que probants. ^
Smith (de Baltimore), appelé pour une rétei^ti on dSirine, trouve une tumeur fluctuante remontant au-dessus de Tombilic; mais le cathétérisme n^évacue pals d'urine et la vessie est évidemment vide. Le chirurgien pratique alori) le toucher rectal, et, au-dessus et à gauche d'une prostt^te Qormple, 8§nt une tumeur éUrtique et fluctuante qu'il ponctionne: il en sort plus de cinq litr^^ 4^ liquidât Aprèn une réçïiyvQ et uue seconde ponction, la guérif^on s'4tftblit.
Bim que Tauteur p^nsie que U ppiut 4e 4épart de çett§
{{) Des kystes hydatiques de cette région ont été sigoalés par bon nombre d*aii^ leurs (Hunier, Callaway^ Thompson, Oruveilbier, çtc). On en trouvent les ind^ cation dans le Traité des Eniozqaires de pay^^ge et dans un travail dp Çharcgt inséré dans la Gazette médicale de 1852.
énorme tumeur kystique est la vésicule, il faut avouer qu'il ne donne aucune preuve de son opinion, et que les données fournies par le palper rectal prouvaient simplement qu'il s'agissait d'un kyste de l'espace recto-vésical.
L'observation de Ralfe n'est pas plus concluante. La tumeur, allant jusqu'au nombril, était distincte des vésicules séminales; la gauche seulement était en contact avec elle et était irrégulièrement dilatée.
Pas plus de précision dans les exemples de kystes hyda* tiques de la région.
Plusieurs auteurs disent bien avoir rencontré, au voisinage des vésicules, de petites tumeurs ressemblant à des hydatides (Bordeu, Lallemand). Il s'agit probablement de débris du canai de Mûller; en tous cas, leur connexion avec les organes spermatiques n est pas démontrée.
La seule observation qui pourrait entraîner le doute est celle de Pinault, qui, en 1826, présentait à la Société anatomique des kystes hydatiques multiples développés dans le foie et les^'épiploons. % Ces kystes étaient disposés en forme de chapelet et s'étendaient depuis la face concave du foie jusqu'au bassin qui était rempli par un autre kyste très volumineux, situé entre le rectum et la vessie, et 'paraissait avoir pris naissance dans la vésicule séminale^ à laquelle il était attaché. »
L'auteur lui-même, on le voit, n'émet son opinion que d*une façon dubitative.
Enfin le cas de Bosscha nous paraît être plutôt un exemple de kyste du déférent : chez un adulte, où la vésicule manquait à gauche, on voyait à droite, outre le réservoir normal, un petit corps en S, flottant et ferme, situé audessus de la vésicule, entre le déférent et Turetère, réuni au premier de ces canaux par du tissu cellulaire et quelques
vaisseaux, Il contenait un liquide filant et visqueux et sa face interne était réticulée (1).
Passons maintenante des faits mieux observés et parlons» d'abord de Vectaaie des vésicules.
Nous en avons déjà dit quelques mots à propos de la spermatocystite chronique; chez les vieillards, la dilatation est parfois considérable et les replis de la face interne s'e£facent en partie. L'inflammation aiguë donne lieu aussi à une augmention de volume qui allait jusqu'à 78 mm. chez un de nos malades (obs. III).
L'oblitération de Téjaculateur pourrait, au dire de Klebs, produire une ectasie consécutive de la poche dont il est le canal excréteur. Mais les auteurs qui ont rencontré cette disposition (Morgagni, Lallemand et autres) n'ont pas signalé la dilatation qui doit en être la conséquence. Il faudrait plutôt, das ces cas, admettre encore une inflammation antérieure qui agit à la fois sur la vésicule pour modifier ses parois et la dilater, et sur l'éjaculateur pour l'oblitérer.
Les exemples les plus beaux de cette tumeur par dilatation appartiennent à la pathologie vétérinaire.
Franz a déposé au musée de Dresde les énormes vésicules séminales d'un cheval qui souffrait depuis un an d'une incontinence d'urine. Elles contenaient, ainsi que la vessie, une grande quantité de gravier.
Chauveau a vu également, sur un cheval hongre, une vésicule séminale atteignant presque le volume de la vessie urinaire. Elle renfermait un liquide brunâtre, gluant.
(1) Bosseha. Dissertatio sistens observaiionem de vesiculœ semincUù sinistrœ defectu, etc. IM», iSia In4. (Voy. la fig. 2 de la PI. XI du Mémoire de Qodart.)
tenant en suspension des cellules épithéliales ut des noyaux libres (1).
Nous avons déjà parlé (voy. Anatomie descriptive) de vésicules très dilatées qui, enjambant le déférent par leur bord interne^ viennent s'accoler sur la ligne médiane. Engiidch rapporte un cas très analogue (obs. III de son mémoire). Un kyste volumineux existait en arrière de la vessie ; on constata qu'il était formé aux dépens des vési-* cules. Celles-ci, étalées en éventail^ passaient derrière les déférents et^ d'abotd verticalesi se dirigeaient ensuite en dedans et s*accolaient sans communiquer ensemble : cette disposition était surtout visible après leur injection. (Fig. 4 et 5 du travail d'Englisch.)
D'autres fois, il y a une véritable dégénérescence kystique, produite, nous le croyons, par des dilatations isolées des alvéoles et l'oblitération de leur communication avec la cavité centrale. Là encore, il est naturel de faire intervenir une inflammation antérieure.
Le plus ancien exemple de cette lésion appartient à Maisonneuve, qui a déposé la pièce au musée Dupuytren. Entre les déférents existait une poche qu'une dissection ultérieure a montrée communiquer avec ces canaux et les éjaculateurs. € Les deux vésicules, ajoute Maisonneuve, sont très développées ; elles présentent un grand nombre de petites tumeurs arrondies, transparentes, dures, le plus grand nombre du volume d*un pois, les autres plus grosses, les autres moins; elles sont séparées les unes des autres par du tissu cellulaire lâche*.... Le liquide qu'elles contiennent est visqueux, transparent, légèrement jau-
(1) La 3e vêsioulô (utérud m&le) pôfit atiôftl 6e développer aûormaleffldtii dhitt le cheval. MuUer en a trouvé une, sur Un fort étalon, qui était longue de 6 pOiMW et renfermait un liquide épais et rougefttre {CanstaU's, 1860, XI, p. 4).
nktt'&, » Maisonneuve les regardée comme de petites vési-» cules séminales normales dent les ouvertures émissaires ont été oblitérées; o'est» on le voit, l'opinion que nous exprimions tout à Pfaeure.
Kocher a vu un cas à peu près semblable ; les kystes étaient développés dans une vésicule qui n'avait que 4 à 5 centimètres de longueur sur 2 de largeur. La pièce est au musée de Gôttingue.
D'autres fois le kyste est unique et formé manifestement aux dëpeus d'une alvéole dont la cavité s'est accrue^ dont les parois se sont hypertrophiées et ont pu même s'infiltrer de sels calcaires* Nous eu àvoûà vu un exemple dens Tobs. V ; nous en avons trouvé un autre cas à Clamart^ il y a déjà plusieurs années: la petite tumeur ressemblait à un haricot accolé à l'extrémité supérieure de la vésicule gauche; ses parois étaient presque entièrement calcaires. On en trouvera trois autres exemples dans le mémoire de Duplay (p. 435).
Ces petits kystes renferment en général une petite quantité de liquide épais, gélatineux, formé en grande partie de mucus ; dans l'un d'eux, nous avons trouvé une notable proportion de globules rouges (1).
Ainsi plusieurs variétés de kystes peuvent aflfecter les vésicules; la plupart, sinon tous, sont consécutifs à des lésions inflammatoires.
Anatomiquement^ ils se distinguent des autres Jtumeurs liquides de la région par leur adhérence à ces organes ; et, comme le remarque fort bien Englisch, ces connexions sont plus ou moins larges, le^ parois de la production
(1) d'est par etreut que M. Le Dentu cite à ce propos Une analyse dé Cû,te neuve et Dafemberg {Journal de Hoàirif 1874) ; il 8*agit de kysiat spermatiqùes de répididyiney et non de la vésicule.
anormale, ordinairement très épaisses, se continuant sans ligne de démarcation avec celles de la vésicule.
Ils n'ont qu'un intérêt pratique secondaire ; du moins les faits cités ci- dessus de kystes ayant nécessité une inter*vention chirurgicale sont trop peu probants pour qu'il y ait à s'y arrêter (1).
(1) Le O'HeinemaDn a' présenté en 1880, à la Société pathologique de New-York, deux vésicules séminales^ atteintes selon lui, de dégénérescence kystique : mais les dimensions qu'il donne dépassent peu la normale et, converties en mesures françaises, elles donnent : 50"*'" pour la longueur, 19 pour Tépaisseur, 31 pour la largeur ; il n'y a donc d'augmentation de volume que selon le diamètre transversal. Dans la même séance, trois autres médecins de New- York dirent avoir rencontré chacun un cas semblable. (New-York med» Record,,, 6 mars 1880 et France médicale, 1880, p. 352.)