‹ Des vésicules séminalesChapitre 19 sur 51 · Peschier a donné 1* analyse d*un de ces calculs · texte numérisé non relu

Peschier a donné 1* analyse d*un de ces calculs

Phosphatede chaux..,, 86

Carbonate de chaux 2

Matière animale. ....... 12

Ainsi les calculs des vésicules sont formés surtout de phosphate de chaux. Leur composition est tout à fait analogue à celle des calculs prostatiques (1).

11 est difficile de dire comment et pourquoi des calculs se développent chez quelques individus. Est-il plus facile

(1) Demeaux a adressé'à rAcadémîo desscience» (Gaz, médic, 185(>. p. 765) une note sur une altération de la matière séminale caractérisée par ia présena dans cette matière de petits grumeaux albumineux d'une forme régulièrt. Ci nous paraît fitre de petites masses de mucus.

d'expliquer la production des concrétions biliaires ou des calculs vésicaux?

Laissant de côté l'influence fort hypothétique del'arthritisme et de la diathèse hémorroïdale (Faye), nous voyons qu'une donnée semble ressortir de la lecture des observations : c'est que, dans tous les cas, les fonctions génésiques étaient ou ralenties ou abolies, soit qu'il s'agît d'hotnmes arrivés aux confins de l'âge génital (45 ans, Mitchell ; 47, obs. VII ; 40, Reliquet) ou ayant dépassé l'âge critique <60ans, de Blégny, Ségalas; 55, Reliquet; 78, Hartmann; vieillards, Terraneus, Meckel), soit que la fonction spermatique fût abolie par une longue maladie chronique (phthisiques, Mitchell, O. G.). Deux ou trois malades font seuls exception; encore faudrait- il savoir si chez eux il n'y a pas eu, pour une cause quelconque, rétention de sperme pendant longtemps. Alors les éléments liquides se résorbent en grande partie, les parties solides s'agglutinent et deviennent le centre d'une concrétion calculeuse.

Peut-être faut-il faire jouer un certain rôle à une inflammation antérieure qui modifierait les liquides de sécrétion (Clément, Reliquet) et provoquerait surtout une production exagérée de mucus.

Enfin, dans quelques observations anciennes, il est dit que des pierres analogues existaient dans d'autre organes, en particulier les poumons. Mais la description est trop écourtée pour qu'on puisse en tirer quelque induction en faveur d'une sorte de prédisposition générale à la formation de calculs en différents points de l'économie.

La symptomatologie n'est guère plus avancée.

Les concrétions, en titillant la muqueuse vésiculaire, peuvent-elles produire une excitation génésique, une sorte de satyriasis? L'observation de Segalas, celle de Blégny sembleraient le prouver, d'autant plus que, dans toutes

d*eux, il s'agit de sujets ayant dépassé la soixantaine.

Par analogie avec ce qui se passe dans la vessie, on pourrait penser que la muqueuse laisse sourdre une certaine quantité de sang qui, mélangée au liquide de l'éjaculation, constituerait une hémospermie. Mais, en pareille matière, il faut des obseivations probantes et elles manquent tota* lement.

Schenk et Riedlin, au dire de Faye, auraient constaté la présence de sables dans le sperme : semen arenosum (?). - En revanche, il est un phénomène qui a une tout autre valeur, c'est la colique spermatique qui a été décrite par M. Reliquet avec beaucoup de sagacité.

Toutes les fois qu'un canal excréteur est obstrué brusquement, il se produit dans la région une douleur vive, comparée à celle qui a son origine dans les contractions du gros intes* tin, et qui ne cesse que quand l'obstacle a disparu. Depuis longtemps on connaissait les coliques néphrétiques, les coliques hépatiques, les coliques salivaires. M. Reliquet a montré 'que l'oblitération de l'éjaculateur par des sympexions ou du mucus plus ou moins mélangé de spermatozoïdes peut également causer des phénomènes douloureux, et que les coliques spermatiques sont susceptibles d'un traitement rationnel qui consiste dans l'évacuation du corps oblitérant. Nous allons emprunter largement au mémoire que l'auteur a publié en 1880.

Ce symptôme est assez complexe ; sur la colique proprement dite se greffent des symptômes secondaires, de voisinage ou réflexes, qu'il en faut séparer.

Douleur à la fin du coït, absence d'éjaculation, voilà les deux phénomènes primordiaux.

Lorsque l'excitation génitale est au summum, et que, pour parfaire l'acte, il ne manque plus que l'arrivée du sperme dans Turèthre, le patient ressent une douleur^ or-

— 1S3 — dinairement très vive, dans les parties profondes du canal, s'étendant parfois de l'anus à l'extrémité de la verge. La sensation douloureuse est si pénible que le patient évite les occasions de la faire naître et renonce souvent au coït; elle peut même apparattre, en l'absence de tout rapprochement sexuel, pendant une simple érection.

L'éjaculation ne se fait pas, et contrairement & ce qui a lieu dans d'autres variétés à^aspermatisme que nous étudierons plus tard, le sperms ne sort pas des vésicules séminales : on né le retrouve donc pas dans les urines émises après le coït, et, fait singulier, cette absence d'éjaculation se voit même lorsqu'un seul éjaculateur est oblitéré. M. Reliquet se demande si la douleur qui apparaît dès que la vésicule commence à revenir sur elle-même n'arrête pas immédiatement la contraction de l'autre. 11 y aurait 1& une action réflexe, analogue à celle qui produit Tanurie dans certains cas de calcul unilatéral de l'uretère. Une autre explication qu'il propose est plus simple : les deux éjaculateurs sont accolés dans l'infundibulum prostatique et, pour peu que les masses oblitérantes aient un certain volume, elles peuvent comprimeret aplatir le canal sain.

Des troubles de (a miction accompagnent presque constamment ceux de l'éjaculation : le malade éprouve des envies fréquentes et impéri.iuses d'uriner, et il est forcé de vider sa vessie toutes les heures ou toutes les demi-heures. Ainsi le muscle vésical est le siège d'une contraction réflexe qui ne cesse que quand la cause, l'îrritatioa des vésicules, a elle-même disparu. La vessie ne tolère plus guer.3 que 50 ou dOÛ gr. de liquide, et, pour aller au delà, il faut employer l'anesthésie chloroformique. Comme l'éjaculation, la miction est douloureuse pendant et après ta $ortisJ de l'urine. Parfois les phénomènes s'accentuent eni;oré;J^

et du sang en quantité variable est expulsé de la vessie (1).

Un des malades de M. Reliquet éprouvait de plus, dans la station assise, des élancements à Textrémité de la verge et ne pouvait garder longtemps la même position. Enfin la défécation peut elle-même être douloureuse.

Voilà pour les symptômes fonctionnels : ils doivent mettre sur la voie d'un diagnostic qui ne sera certain qu'après la constation des signes physiques.

On peut, en effet, par le toucher rectal^ s'assurer qu'un des lobes de la prostate présente une bosselure allongée qui prolonge la corne correspondante et remonte plus ou moins haut dans la direction de la vésicule ; ou bien, c'est au niveau du sillon médian que l'on sent c une petite masse donnant au doigt la sensation d'une lentille un peu grosse, parfaitement délimitée et peu douloureuse à la pression ». Au-dessus, la vésicule est distendue par le sperme.

La reconnaissance du corps étranger est encore plus fa«* cile si l'on combine le cathétérisme et le toucher rectal : le doigt peut alors comprimer le noyau sur la sonde et parfois cette manœuvre suffit pour l'écraser et provoquer son expulsion.

La colique spermatiquen'a encore été observée que dans les cas de concrétions des vésicules ; il est probable qu'elle pourrait être aussi le symptôme d'un calcul vrai, à condition que celui-ci se développât chez un homme susceptible encore d'avoir des éjaculations. Hartmann, en parlant de son malade, dit qu'il avait des éjaculations fortes et douloureuses : « fortissimo cum impetu et non sine aliquo vix satis definiendo dolore. > Ici Taspermatisme faisait peutêtre défaut parce que les calculs occupaient la vésicule et

(i} Comparez avec les troubles de la miction dans la spermatocystite.

ùon réjaculàteur et permèttaieut «mcore au li<]tiide dis déférents de passeF dans rutèthre. . :

• L'ensemble -des symptômes sus-indiqués constitue une base de'diagnostïcsufâsante,au moins dans la plupart ded cas. Cependant on peut confondre la colique spermatiquo avec un certain nom-bre d'autres affections. . j

M. Relicjuet décrit sous le nom de € Premier degré de la colique^ spèrmatique % la réplétion des vésicules par le fait d'une eontinetice sévère. Mais cet état, fréquent chez les jeunes gens à la veille du mariage, ne nous semble pa^ mériter ce nom. Le seul phénomène morbide est un trouble de l'excrétion urinaire; la miction est fréquente et même un peii douloureuse, mais l'éjaculation se fait normale* ment, et la déplétion des véhicules par un rapprochement sexuel ou une pollution nocturne amène une amélioration momentanée dans les symptômes vésicaux.

Un inalade de M. Reliquet lui avait été adressé avec le diagnostic : Tubercules de la prostate» que semblait] ustifier là tuméfaction d'un des lobes de cette glande. C'est en se basant sur Taticienneté de l'affection (ô ans) /et sur lé maintien de la santé, que le chirurgien repoussa ce dia^ gnostic et songea à une oblitération des voies génitales.

Chez un autre, les symptômes se rapprochaient beaucoup dé ceux dn calcul vé^ical. Les envies fréquentes d'u* riner, les douleurs de la miction sont des signes communs. Mais les caractères des douleurs ne sont pas les mêmes ; l'influence des mouvements, des courses en voiture est nulle; les fonctions génitales sont beau coup plus atteintes* Comme dernier élément de diagnostic, on aura toujours recours au toucher rectal et à l'exploration méthodique de la vessie.

Lorsqu'un calcul vrai ne donne lieu à aucundes symptômesque nous avons énumérés, et ce paratt être en somme

ainsi que se passent habituellement les choses, le diagnostic est à peu près impossible. Eût-on même Tidée d'explorer les vésicules, que l'on serait encore fort embarrassé. Comment distinguer un calcul intra-vésiculaire d'un de ces phlébolithes qui sont fréquents chez les vieillards, ou d'un petite kyste à parois calcaires qui est aussi loin d'être r^re ? Nous avons fait une fois une erreur de diagnostic : en pratiquant le toucher rectal chez un homme âgé, nous sentîmes une petite tumeur dure, de la grosseur d'un petit pois^ au niveau du col d'une des vésicules ; la tumeur nous semblait indépendante de la prostate et nous pensâmes à un calcul spermatique. L'autopsie montra que nous nous étions trompé : le prétendu calcul n'était qu'un petit pro-< longement de tissu prostatique, pédicule et légèrement mobile.

Ainsi le diagnostic des calculs vrais des vieillards nous semble fort difficile ; hâtons-nous de dire qu'il n'a pas grande importance. Les symptômes sont nuls ou négligea* blés et le médecin n'a pas â rétablir une fonction qui n'existe plus. Celui des concrétions est relativement facile, et là on peut agir et guérir un malade en butte depuis Long-* temps à des symptômes incommodes et douloureux.

Si les douleurs sont accentuées, il est toujours indiqué de les calmer par les bains de siège, les calmants, les lavements de chloral.

• Mais l'indication pressante est de désobstruer les éjacu* lateurs et de rétablir le cours du sperme.

Dans un cas (Reliquet, 1874), l'introduction du brisejpierre dans le but de rechercher un calcul vésical a suffi pour provoquer l'expulsion des sympezions et assurer la guérison.

Dans un autre, les masses muqueuses ont été expulsées, exprimées pour ainsi dire, entre le doigt introd*" '"

le rectum et une sonde de gros calibre poussée dans l'urèthre.

On devra en de telles circonstances» imiter la conduite du chirurgien que nous avons si souvent cité dans ce chapitre, et essayer, par des pressions modérées, défragmenter et de chasser le corps oblitérant ; il ne faudra pas se rebuter devant un insuccès et, ce qu'on n'aura pas obtenu dans une première séance, on le produira dans une seconde ou une troisième tentative.

Page 1