‹ Des vésicules séminalesChapitre 27 sur 51 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Tuberculose des poumons et de tout Tappareil génital.

Marc....(FraDçois), 51 ans, tréfileur, entré le 14 janvier 1881, à la Pitié, service de M. Lancereaux (salle Ste-Marthe n*57); mort le 3 février.

Outre Texistence de cavernes pulmonaires, ce malade présente des lésions intéressantes des organes génitaux.

Vers Tâge de 25 ans, il a eu une chaudepisse avec orchite légère à gauche ; en 1879, il a dû entrer è^ THôtel-Dieu (service de M. Richet) pour une première poussée de tubercules au testicule droit : on a ouvert une collection purulente et le malade quittait Thôpital après deux mois de séjour; mais, un mois après, le testicule gauche commençait à enfler.

Il n'y a jamais eu d*hématuries, d'écoulement uréthral, ni de douleurs pendant la miction ou la défécation.

Depuis 10 ans, Marc, rCa pas eu un seul rapport sexuel^ et îl n*a plus d'érection ni de pollutions.

L*épididyme droit a un gros noyau au niveau de sa tète ; la queue est volumineuse, dure et bosselée ; la partie intermédiaire ne parait pas malade. Sur le testicule, on sent quelques bosselures au niveau du corps d*Higmore,

A gauche, le testicule, un peu volumineux, a sa consistance normale, mais l'épididyme est au moins quadruplé de volume : il est irrégulier, lobule, et coiffe le testicule. Le déférent a le volume d'une plume d'oie dans une étendue de 7 à 8 centimètres.

La prostate a ses dimensions à peu près normales, mais elle est bosselée, surtout au niveau de son lobe droit.

On sent à peine la vésicule gauche qui est cependant légèrement dou loureuse ; la droite est très volumineuse, et forme une masse saillante, lisse, assez dure et douloureuse au toucher.

Les résultats de Tautopsie concordent avec les signes fournis parle palper et le toucher.

Côté gauche. — La vaginale contient à peine une cuillerée à café de liquide citrin ; le feuillet pariétal est épais et blanchâtre ; il est réuni au feuillet viscéral par de nombreuse adhérences.

Le testicule ne présente aucune lésion.

Uépididyme le coiffe à la manière du cimier d'un casque et est presque aussi gros que lui. Il est bosselé surtout au niveau de ses extrémités. Des tubercules superficiels apparaissent sous forme de masses jaunes dont la plus grosse répond à l'origine du déférent ; une caverne caséeuse occupe presque toute sa portion moyenne.

A l'origine du déférent, on voit trois saillies allongées remplies de magma caséeux et sillonnées sur leur face extcfne de veines dilatées et sinueuses ; deux autres renflements occupent la partie supérieure de son segment funiculaire, et sa portion inguinale. Dans le reste de son étendue, il est Bbreux et forme un cylindre plein ; sa cavité est à peine visible du niveau de son ampoule terminale.

Même altération de la vésicule séminale qui est petile (38/11 mm.), affaissée, adhérente par son bord externe à du tissu fibreux qui la réunit à la prostate. Elle forme une petite masse dense, sans trace de cavité.

Le lobe de la prostate est occupé par un gros noyau caséeux.

Côté droit. — La tunique vaginale est adhérente dans sa totalité^ épaissie et fibreuse.

La substance testiculaire n*est normale que dans son quart inférieur; le reste est blanchâtre, avec une grande quantité de nodules saillants et durs, présentant tous les caractères de la granulation tuberculeuse.

Uépididyme n'est plus représenté que par ses deux extrémités; entre elles il n*y a qu'un peu de tissu fibreux ; la substance tubulaire a complètement disparu. Il y a deux ou trois noyaux caséeux dans la tète, d*autres et une caverne dans la queue.

De ce côté, le déférent est très atrophié ; il n'a qu*un demi-millimètre à un millimètre d'épaisseur; il est flasque et a en certains points Taspect d'une veine. Son ampoule, adhérente à la vésicule, est distendue par la matière tuberculeuse.

La vésicule a la forme d'un pyramide à sommet supérieur et postérieur (45/20 mm.) ; ses faces sont adhérentes h un tissu fibreux très dense dont il est difficile de la séparer. Bien qu'on aperçoive par transparence des noyaux jaunâtres, elle est absolument lisse. Ses parpïs sont minces; sa cavité unique, sans trace de segmentation, est remplie d'une substance caséeuse ressemblant à du fromage blanc.

Sur le lobe prostatique^ à son bord antérieur, font saillie deux noyaux qui avec deux autres du lobe gauche, forment un demi-collier en arrière de Turèthre; à la coupe, on aperçoit deux ou trois petits foyers caséeux.

Les voies urinaires sont saines.

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