‹ Des vices congénitaux de conformation des articulationsChapitre 11 sur 17 · ARTICULATIONS DU POIGNET · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS DU POIGNET

On désigne sous le nom générique de main bot toute déviation permanente de la main. Le point de départ de cette difformité congénitale existe, soit dans des déplacements qui s opèrent à l’articulation du poignet, soit dans 1 atrophie ou l’absence originelle du radius et de certains cas du carpe.

Je réunis ici les mains bots qui proviennent de ces différents vices de conformation, afin de ne point scinder la description des difformités que l’extrémité des membres supérieurs peut présenter à la naissance.

Comme les autres vices de conformation congénitaux des articulations du bras, la main bot est une affection rare. 11 n’en existe qu’un petit nombre d’observations, et les traités classiques en parlent peu. Nous avons mis à contribution , pour en tracer sommairement l’histoire, la dissertation de Lodde (i), les travaux de M. Guérin , et quelques observations empruntées à Jœrg, à MM. Little, Smith, Cruveilhier, Davaine, etc., etc.

La main bot est simple ou double; elle existe très rarement seule, et coexiste le plus ordinairement avec le pied bot.

On a diversement classé les espèces de main bot, suivant le sens de la déviation delà main. Ainsi Lodde admet que la difformité peut exister dans la flexion et dans l’extension , combinées avec la pronation et la supination.

Voici ses divisions :

i° Main bot fléchie.

A. Main bot fléchie en pronation ou main bot varus ;

B. Main bot fléchie en supination ou main bot valgus.

2e Main bot étendue.

Nous n adopterons pas cette classification ; nous préférons eu fonder une en prenant pour base les quatre mouvements cardinaux de l’articulation.

i° La main bot peut être palmaire , ou, dans la flexion; la face palmaire de la main est plus ou moins rapprochée de la face antérieure de l’avant-bras.

'26 Dorsale, ou dans l’extension; sa face dorsale

(1) De talipede varo et curvaturis manns Utlisso-mêmis dicti*. Berolini, 1837.

regarde Ja face postérieure de l’avant-bras, avec laquelle elle forme un angle plus ou moins fermé;

3° Cubitale , ou dans l’adduction, lorsque le bord inrterne de la main est plus ou moins incliné vers le bord cubital de l’avant-bras.

4° Radiale, enfin, ou dans l’abduction, quand une déviation analogue à la précédente s’observe sur le bord externe de l’avant-bras et de la main.

Ces variétés peuvent se combiner entre elles, ce qui se voit le plus souvent; elles se modifient également par suite de l’attitude de la main dans la pronatiou ou la supination. Il en résulte une foule de combinaisons intermédiaires qu’il est néanmoins possible de faire rentrer dans le cadre que nous venons de tracer.

D’autres auteurs, sans prendre pour point de départ la difformité résultant de la déviation de la main, ont décrit des luxations congénitales de l’articulation radiocarpienne. Ainsi, M. Guérin admet quatre variétés de luxations du poignet.

i° Luxations du carpe en avant.

2° Luxations du carpe en arrière et en haut.

3° Luxations du carpe en arrière et en dehors.

4° Pseudo-luxations du poignet.

M. Smith décrit des luxations du poignet en avant et en arrière, et en cite plusieurs observations.

Nous pensons qu’il est préférable de rapporter ces faits aux classes que nous avons adoptées. C est ce que nous allons faire, en reproduisant les rares exemples de mains bots que nous avons pu réunir.

mains bots palmaires.

Parmi les exemples que nous en citons, il en est

une où la flexion est pure ; dans les autres elle est combinée avec l'inclinaison sur le bord radial ou la pronation.

Absence congénitale du radius , main bol , Davaine (Bull, de la Soc. de biol., i85o, 89).

Le squelette sur lequel on remarque, à l’un des avant-bras seulement, l’absence du radius, est celui d’un fœtus, âgé d’environ sept mois. La tête, le tronc et les membres inférieurs n’offrent rien d’anormal, mais le membre supérieur gauche n’a point de radius. L’humérus de ce membre est plus long d’un centimètre à peu près que celui du côté opposé, et plus long même que celui d’un fœtus à terme. Le cubitus gauche est plus court que le cubitus droit; il est en général plus volumineux que celui-ci, surtout à son extrémité supérieure. Le pouce et son métacarpien n’existent pas. Les quatre autres doigts sont bien conformés. La main s'articule avec la face antérieure de l extrémité inférieure du cubitus , et forme avec lui un angle droit.

En résumé, l’anomalie du membre supérieur gauche, principalement caractérisée par l’absence du radius, offre en outre plusieurs autres particularités, à savoir: un développement anormal de l'humérus, surtout en longueur; un raccourcissement du cubitus, avec augmentation du volume du corps et de l’extrémité supérieure de cet os; enfin, l’absence du pouce et la déviation de Ja main.

Le membre supérieur du côté opposé présente une particularité qui dépend peut-être du mode de préparation de la pièce, et qui consiste dans la position du radius au-devant du cubitus et dans l’absence d’un des doigts ; mais le pouce existe.

Double luxation congénitale du poignet . Luxation en avant du carpe droit ; Luxation en amère du carpe gauche ; Luxation congénitale de ï articulation radio-humérale; Main bot palmaire à droite ; Main bot dorsale à gauche. ( Mémoire de Smith. Loc. cit., p. q4°v)

Deborah O’Neil, âgée de trente-six ans, aliénée depuis vingt et un ans, mourut d’un accès d’épilepsie, üette femme, bien qu’elle présentât à droite une luxation du carpe en avant, et à gauche une luxation du :arpe en arrière, faisait de la dentelle avec une étonîante adresse, etc.

Extrémité droite. La main et l’avant-bras sont d’une $gale longueur. Le carpe s’articule avec la face antérieure du radius qui offre quatre pouces anglais et iiemi de longueur, tandis que le cubitus en présente six. Aussi cet os se prolonge-t-il d’un demi-pouce au- Hessous du radius, par une extrémité recourbée en f nvant, en haut et en dehors et assez semblable à l’apo- 3 ah y se coracoïde. A peu près à un demi-pouce de 'extrémité inférieure de cette apophyse, le cubitus se i rouve en contact dans une petite étendue de sa surface, non recouverte en ce point de cartilage, avec le radius, auquel il est uni par un ligament antérieur et postérieur qui permet à ces deux os d’exécuter quelques mouvements l’un sur l’autre. L’extrémité carpienne du radius, totalement dépourvue de surface articulaire, se termine par une saillie arrondie. La nouvelle surface articulaire du radius avec le carpe, située sur la face antérieure de cet os, consiste dans une cavité profonde de forme oblongue, dont le grand diamètre est dirigé obliquement en haut vers

l extrémité inférieure du cubitus. Elle est lisse, quoique dépourvue de cartilage. Non seulement le radius et le cubitus sont remarquablement courts, mais ils sont encore atrophiés dans le sens de leur largeur et de leur épaisseur. Leurs extrémités supérieures, sauf leurs petites dimensions, offrent une configuration normale.

La première rangée du carpe est considérablement atrophiée. Cette atrophie est surtout remarquable dans le semilunaire, qui est réduit au volume d’un pois, et qui répond, par une surface plane, au grand os, également diminué. Le scaphoïde est reçu dans la cavité, occupant la face antérieure du radius, que nous avons décrite ; le semilunaire repose en partie sur une petite apophyse mamelonnée, qui se prolonge du radius vers le cubitus, et constitue le seul point de contact existant entre l’extrémité inférieure des deux os. Le cunéiforme, exclu delà véritable articulation radio-carpienne, est en rapport avec l’extrémité du cubitus ; tandis que la face postérieure du trapézoïde offre une surface aplatie qui vient se mettre en rapport avec le radius, quand la main est portée dans l’extension.

La main, placée habituellement à angle droit sur l’avant-bras, légèrement inclinée vers son bord radial, peut être portée dans une plus grande flexion, qui rend plus prononcée la saillie formée par l’extrémité inférieure du cubitus. Elle peut être ramenée à une extension parfaite. On trouve alors deux saillies formées, l’une en avant par le carpe, et l’autre en arrière par l’extrémité inférieure des deux os de l’avant-bras. Les tendons des extenseurs forment habituellement un angle droit dans leur trajet de l’avant-bras à la main. Quant à ceux de l’extenseur commun et propre de

'index, ils sont reçus dans un canal profond et étroit >lacé sur la face postérieure du radius, et se prolonent jusqua l’apophyse mamelonnée sus-indiquée. Extrémité gauche. La difformité est également très pparente, quoique diamétralement opposée à celle e l’autre côté. La main et l’avant-bras ont une lonueur égale, mais l’extrémité inférieure du radius et u cubitus sont ici sur un même plan horizontal. Le ubitus s’articule seul avec l’humérus , mais on ne i ;ouve à cette articulation ni ligament latéral interne,

iiii ligament latéral externe. Quelques fibres ligamenteuses, parties du bord de l’humérus, dont la petite u3te manque, viennent se rendre à l’extrémité arronie du radius qui, par suite des déformations qu’ont ubies sa tête, son col et la tubérosité bicipitale, offre, dus le rapport de la forme et de la direction, une irande ressemblance avec l’extrémité supérieure d’un mur.

Cette extrémité supérieure du radius, inarticulée wec le cubitus, qui ne présente pas trace de la ;avité sigmoïde, est projetée en dehors et en arrière, I liien au delà du bord externe du cubitus. Ce radius rttrophié, dans une pronation forcée, passe oblique- ? îent par-dessus le cubitus pour venir, à son extrémité : aférieure, occuper la face interne de cet os, et constij uer la cavité dans laquelle vient se placer le carpe trophié. Les deux os de l’avant-bras, séparés en bas, >résentent, à un pouce près de leur extrémité infé- H ieure, chacun une apophyse en forme d’éperon, qui, ■•>ar leur rencontre, remplissent l’espace inter-osseux. ]ette fausse articulation, maintenue par des ligaments, [ui rendent possibles quelques mouvements du radius ur le cubitus, entre dans la composition de la surface

articulaire destinée à recevoir le carpe, et qui est constituée, comme nous lavons dit plus haut, par les extrémités inférieures du cubitus et du radius dirigé en pronation.

Quant à la surface articulaire carpienne, elle est constituée par le pyramidal, le trapèze, le trapézoïde, la tête atrophiée du grand os, qui , par suite de l’absence du semilunaire et du scaphoïde, s’articulent avec la surface radio-cubitale. Dans l état de repos, la main forme avec l’avant-bras un angle droit ouvert en arrière; mais on peut la ramener en ligne droite avec l’avant-bras, et l’on observe alors deux éminences : l’une antérieure formée par l’extrémité inférieure du radius et du cubitus, l’autre, au contraire, dorsale, formée par le carpe, ce qui est entièrement l’inverse de ce que l’on observait au membre opposé. L’humérus de l’un et de l’autre membre est très petit; le reste du squelette est normal.

En 1 836 , j’ai vu, dans le musée de l’hôpital de Bristol, ajoute M. Smith, le moule d’une luxation congénitale du poignet, qui offrait des caractères semblables à ceux du cas précédent.

Luxation en arrière de V avant-bras sur la main (Cruveilhier, Jtlas d'anat. pathol ., pl. a, livrais. 9).

L’avant-bras paraît beaucoup plus court que de coutume ; il forme un angle droit avec la main, qui est en outre inclinée sur le bord radial. L’extension est impossible; la flexion peut être portée très loin. Les extrémités inférieures du cubitus et du radius font sous la peau une saillie considérable. Celle du radius

(1) Loc. cit., p. 251.

st moins saillante , et descend beaucoup moins que elle du cubitus. L’extrémité supérieure du carpe se •ouve sur un plan supérieur et antérieur à celui de extrémité inférieure des os de l’avant-bras.

Tous les muscles du bras sont atrophiés, mais rincipalement les radiaux et les cubitaux, muscles ropres de l’articulation du poignet; les pronateurset ;s supinateurs, muscles propres, des articulations îdio-cubitales. Cette atrophie s’explique aisément; ir les mouvements de flexion, d’extension, d’adduction ; d’abduction, ceux de pronation et de supination , levaient être nuis ou presque nuis. L’extrémité inféeure du cubitus déborde de 5 ou 6 millimètres die du radius. Les tendons réunis des radiaux postéeurs et des extenseurs, communs et propres, sont ■eus dans une gouttière profonde creusée sur la face ostérieure de l’extrémité inférieure du radius. Les ndons des radiaux postérieurs et du long extenseur ’opre du pouce sont interrompus au niveau de cette mttière osseuse, à laquelle ils adhèrent intimement, e trapèze, qui s’articule avec le premier métacarpien, tt séparé du radius par un petit os, vestige du aphoïde.

Le cubitus est profondément excavé au-dessus de n extrémité inférieure, pour recevoir une apophyse illante et articulaire du radius. Le tendon du cubital )stérieur se réfléchit sur le cubitus, pour venir s’inrer au cinquième métacarpien. Le cubital antérieur rophié s’insère à l’os pisiforme; l’os pyramidal est uni i cubitus, à l’aide d’un ligament extrêmement long, li permettait à la main de s’incliner fortement sur bord radial de l’avant-bras.

Le radius est raccourci, déformé à son extrémité

inférieure ; celle-ci est volumineuse, comme écrasée, et profondément échancrée pour recevoir et loger les tendons réunis des muscles extenseurs. Il y a une sorte de transposition de la facette articulaire inférieure du radius, qui occupe le côté antérieur de cette extrémité. Le corps de l’os est plus volumineux que dans l’état naturel, les lignes d’insertion et les apophyses plus saillantes. Son extrémité supérieure n’est pas creusée pour recevoir la petite tête de l’humérus; mais cette extrémité est convexe et sa circonférence comme rabattue.

Le carpe présente une déformation bien remarquable, surtout dans la rangée antibrachiale qui est à l’état de vestige. Le scaphoïde, le semilunaire, le pyramidal sont à l’état de vestiges. Le pisiforme a seul conservé sa forme et son volume, ce qui se conçoit puisqu’il ne concourt nullement à l’articulation. Les os de la rangée métacarpienne participent à cette déformation, dans celles de leurs facettes qui s’articulent avec la rangée antibrachiale. Ainsi on chercherait vaine* ment la tête du grand os et l’apophyse de l’os crochu qui complète cette tête; on n’en trouve que des rudiments. Les facettes du trapèze et du trapézoïde sont rapetissées, de même que la moitié supérieure de ces os, qui devait répondre au scaphoïde atrophié. Au reste, l’atrophie de la première rangée s’explique aisément par le changement de rapport du carpe avec l’avant-bras et par les frottements contre nature auxquels les os de la première rangée ont été soumis.

Après la discussion soulevée par ML Smith sur cette observation, M. Cruveilhier qui l’avait autrefois considérée comme un cas de luxation traumatique ancienne, reconnaît les rapports frappantsqu’elle présente

avec le fait deM. Smith, que nous venons de rapporter ;

; 1 est donc disposé à admettre la nature congénitale de les lésions. (Traité d'anat. path., vol. ï,p. 48 1.)

Nous donnons ici la description anatomique d’un tort bel exemple de main bot que nous devons à l’oblijeance de M. Follin , prosecteur de la Faculté. On en rouvera le dessin à la fin de cette thèse.

Dissection d'une main bot.

L’homme qui présentait ce] vice de conformation •était âgé de quarante ans environ ; il a succombé à (hospice de Bicêtre, et il ne m’a été possible d’avoir sur res antécédents aucun renseignement. Quand le cadare fut apporté à l’école pratique, il était privé de son ■>erveau. Toutefois je me suis assuré qu’à la base du irâne, du côté droit, existait une couche pseudomiembraneuse jaunâtre. Ce dépôt purulent semble ndiquer que le malade a succombé à une affection ) iiguë du cerveau. La face, du côté droit, était traversée Qîar plusieurs incisions, et il était facile de constater lue ses téguments avaient été le siège d’une infiltrai on purulente.

L’aspect général du cadavre était celui d’un homme e haute stature; mais ce qui frappait tout d’abord les égards, c’était un inégal développement des membres u côté droit et du côté gauche. Mais cette atrophie ’ès manifeste s’accompagnait d’une déformation de i main et du pied droits. Pour le membre supérieur, exiguïté de volume est si prononcée, qu’on peut, sans rainte de se tromper, affirmer que cette affection ppartient à l’origine de la vie.

Voici la disposition des parties :

fie bras jouit, de toute sa mobilité dans l’articulation

de l’épaule; mais 1 avant-bras est fléchi sur le bras, et ne peut s’étendre au delà d'un certain point.

L’angle de flexion mesure à peu près 1 1 5 degrés. Si l’on cherche à dépasser cet angle, on sent au pli du coude une corde tendue résistante, formée, sans aucun doute, par le muscle biceps et son tendon.

A l’extrémité inférieure d’un avant-bras amaigri , bien moins volumineux que celui du côté opposé, pend une main également atrophiée. Cette main est fléchie sur l’avant-bras , et en l’étendant on ne peut guère aile r au delà de l’angle droit. Par ce mouvement d extension, on fait apparaître à la face palmaire du poignet, des cordes tendineuses comme à l’avant-bras. Un autre mouvement complique celte flexion de l’avantbras sur le bras, et de la main sur le poignet; c’est un mouvement de pronation de l’avant-bras, et une légère inclinaison de la main sur son bord cubital. C’est quelque chose d’analogue au pied bot varus équin. Cette inclinaison de la main , qui se joint à sa flexion forcée, représente un état moyen auquel les muscles et les articulations s’accommodent assez bien.

Quelques mesures feront mieux apprécier qu’une description les différences des deux membres.

De l’acromion à l’épicondyle, membre droit, 26 centimètres; membre gauche, 32.

De l’épicondyle à l’apophyse styloïde du cubitus, membre droit, 22 centimètres; membre gauche, 26 et demi.

De l’épitrochlée au pli palmaire du poignet, membre droit, 21 centimètres; membre gauche, 28.

L examen des téguments du bras ne montre aucune cicatrice. La peau est saine dans toute son étendue; la dissection met à découvert un tissu cellulo-graisseux

assez bien développé. — En aucun point, nous ne trouvons de bourse muqueuse sous-cutanée. L’aponévrose antibrachiale, mise à découvert, n’est point rétractée; seulement la languette fibreuse, quilui vient du muscle biceps, est dans un état de tension, en rapport avec celui du muscle.

L’aponévrose palmaire de la main n’est pas rétractée d’une façon bien sensible; ses brides se tendent légèrement quand on veut étendre fortement la main sur l’avant-bras.

Les masses musculaires du bras et de V avant-bras ii ont subi aucune transformation fibreuse ou graisseuse.

Le muscle biceps et le brachial antérieur sont très manifestement raccourcis, et c’est leur rétraction qui maintient l’avant-bras dans la flexion forcée. Le tendon du biceps forme une corde, dont la section rendrait à l’avant-bras sa rectitude normale.

A l’avant-bras, la rétraction porte à peu près uniquement sur le muscle radial antérieur et sur le fléchisseur superficiel et profond. Quand on étend la main, ces muscles sont très tendus; leurs tendons sont maintenus en place par le ligament antérieur du carpe. Ces masses musculaires sont de 3 centimètres plus courtes qu’au côté sain. Le petit palmaire n'est que très légèrement rétracté; aussi l’aponévrose palmaire est-elle à peu près intacte.

Le cubital antérieur et le long supinateur sont dans leur état normal.

Les muscles delà région dorsale de l’avant-bras et de la main, sont allongés d’une façon très notable; ils ont suivi dans leur allongement la rétraction des muscles antérieurs.

L'examen des os , fait à travers les parties molles, à montré une diminution très marquée dans leur volume général, sans que d’ailleurs ils aient présenté rien de particulier.

Main bot dorsale.

M. Smith en a publié deux observations dont, l’une a été précédemment rapportée. Elles ont été causées par des luxations du carpe. Ces luxations avaient lieu en arrière dans un cas, en avant dans l’autre ; les avant-bras étaient dans la supination. La mainbot dorsale ne s’accompagnait d’inclinaison marquée ni vers le bord interne, ni vers le bord externe de l’avant-bras.

Luxation congénitale du carpe en avant. Main bot dorsale. (. Mém . de Smith, p. 2Ôi.)

J’examinai, il y a bon nombre d’années, à l’hôpital Richemond, une jeune femme dont le poignet droit, présentait la plupart des caractères extérieurs que les auteurs attribuent à la luxation du carpe en avant par suite de lésion extérieure. Ainsi les extrémités carpiennes du radius et du cubitus formaient en arrière une tumeur très prononcée; au contraire, le carpe faisait saillie en avant. La main, légèrement inclinée vers le bord radial du membre, pouvait être étendue de manière à être en ligue droite avec l avant-bras, mais la flexion était plus restreinte que chez la fille O’Neil. La malade ne se rappelait pas avoir jamais éprouvé de lésion , laquelle elle pût rapporter cette difformité qui datait de l’enfance; cela avait fait diagnostiquer un déplacement des os de l’avant-bras consécutif à une carie du poignet qui aurait eu lieu dans les premières années de la vie.

A l’autopsie de cette femme, qui mourut phthisique,

on vit que cette difformité ri était, due, ni à un état morbide, ni à un accident, et que les phénomènes ne pouvaient être expliqués que par un vice de conformation des os composant l’articulation radio-carpienne.

Il ii y avait pas la moindre trace de la surface articulaire carpienne naturelle du radius; les faces antérieure et postérieure de cet os se confondaient pour former un bord arrondi, dirigé obliquement en bas et en dehors. Son extrémité inférieure, correspondant à l’apophyse styloïde, était de 3/4 de pouce au-dessous du niveau de la tête du cubitus, pour la réception de laquelle le radius n’offrait pas de surface articulaire. A peu près à 3/4 de pouce au-dessus de l'extrémité du radius, on trouvait sur la face antérieure de cet os, une cavité profonde, de forme oblongue, destinée à recevoir l’url des os de la première rangée du carpe. Cette cavité, limitée en haut par une apophyse saillante, qui s’étendait à travers l’espace interosseux vers le cubitus, était placée au-dessus d’une surface lisse légèrement concave, recouverte d’un cartilage mince qui était en rapport, lorsqu’on portait la main dans l’extension , avec la portion postérieure et interne du trapézoïde.

La première rangée du carpe était composée de cinq os, par suite de la division du semi-lunaire, qui présentait deux parties parfaitement distinctes, l'une antérieure, l’autre postérieure.

Lorsqu’on portait la main dans une extension forcée, le radius, tout en reposant sur cet os surnuméraire, venait se mettre en rapport avec les surfaces dorsales du scaphoïde et du trapézoïde, tandis que la tête du cubitus reposait sur la face postérieure du cunéiforme. 11 n y avait pas trace de carie ou d’un autre état inor*

bide antérieur; les cartilages des os du carpe étaient partout à l'état normal.

Main, bot cubitale.

Nous n’en connaissons qu’un exemple dans une observation que nous citerons plus loin ( Voy . Genou). Les mains, renversées sur le bord cubital des avant-bras, sont dans la pronation forcée.

Main bol radiale.

Cette variété semble un peu plus commune que les autres, elle se lie, à la brièveté congénitale du radius, à l’absence de son extrémité inférieure ou à sa disparition complète. Le plus souvent le pouce manque en même temps. Il est fréquent de voir la main s’incliner dans ces cas, vers la face antérieure de l’avant-bras ce qui donne lieu à la variété radio-palmaire. Dans le cas de monstruosités multiples cité par M. Cruveilhier, les deux mains, mais surtout la droite, offraient ce vice de conformation.

Le même auteur cite un cas analogue à la suite de la même observation ( Obs . d'an. path. Deuxième liv.,

« Chez un fœtus atteint d’imperforation du rectum, la main était renversée sur le côté radial de l’avantbras ; il n’y avait que quatre doigts: le pouce manquait complètement. Le cubitus était intact, mais il ne restait du radius que son extrémité supérieure. La main s’articulait, non avec l’extrémité inférieure du cubitus, mais avec le côté externe de cette extrémité inférieure, d’où le raccourcissement apparent du cubitus et sa disproportion avec l’humérus. »

M. Guérin a observé plusieurs fois cette espèce de

main bot; il a vu la main relevée presque parallèlement à l’axe du cubitus.

Le cas suivant a été rapporté par Jœrg, dans une courte note surla main bot ( Verkrummung des meus chlichen Kœrpers. Leipzig, 1816, p, 83).

Un nouveau-né, qui mourut peu de jours après sa naissance, portait une difformité au bras gauche : la main, inclinée latéralement, formait un angle presque droit avec l’avant-bras et manquait de pouce. I/état des muscles n’a pu être constaté, mais les deux os de l’avant-bras n’en formaient qu’un, qui était canaliculé. On ne distinguait pas les os du carpe.

Absence congénitale du radius des deux côtés ;

double main bot radiale , Davaine [Bull, de la Soc. de BioL i85o, p. 4°)*

Sur un fœtus de sept mois environ, les radius manquent complètement à chacun des avant-bras. Les deux cubitus ne présentent point entre eux de différence sensible; ils sont manifestement plus gros et plus courts que les cubitus normaux. Leur extrémité supérieure surtout est plus volumineuse ; ils offrent tous les deux un aplatissement notable et une courbure en avant et en dehors. Ils s’articulent, par leur extrémité inférieure, avec le carpe. Le pouce et son métacarpien n’existent pas. Chaque main forme un angle aigu avec l’axe du cubitus ; l’une des faces de la main regarde cet os. Les os de l’épaule et les humérus sont normaux.

D’autres parties du squelette offrent des anomalies; on remarque, entre autres, l’absence de la branche gauche de la mâchoire inférieure.

Absence congénitale complète du radius ; main bot radio-palmaire , Prestat [Bull, de la Soc. anat.y 1837, 170-172).

Ce vice de conformation a été observé sur un monstre pseudo-céphalien qui offrait des anomalies nombreuses des organes encéphaliques et viscéraux. Nous tirons les détails qui suivent de l’observation, et du rapport que fit sur ce monstre notre honorable compétiteur M. Giraldès.

Les bras étaient très mal conformés, l’avant-bras se continuait avec le bras sans ligne de démarcation; oette difformité existait des deux côtés, mais le bras gauche seul a été disséqué. Le membre supérieur n’avait pas de trace du radius, ni des muscles qui s’y insèrent; il n’avait, par conséquent , pas de muscles biceps, ni de radiaux; on rencontrait les muscles fléchisseurs sublime et profond, les cubitaux antérieur et postérieur, un extenseur commun, un nerf cubital très gros. Pas de trace du nerf radial, tandis qu’il existait du côté opposé.

La main était composée de quatre métacarpiens, un d eux se trouvait réuni avec l’autre : c’était le plus externe. Les os du carpe étaient représentés par trois noyaux osseux , l’unciforme, le grand os et le trapézoide ; dans la première rangée il y avait un seul noyau, que, par sa position, on devait considérer corpnie le pyramidal. La main ainsi conformée s’appliquait sur la face externe du cubitus, et ensuite se pliait de manière à appliquer une partie de sa face palmaire sur le plan antérieur de l’avant-bras.

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