SUR LES CHEMINS DE FEB
Cependant ces deux villes sont ennemies. Elles ne voient pas que chacune d'elles doit à l'autre la préférence qu'on tear accorde sur les traversées de Dieppe à Brington et ffOstende à Londres. Mais leur inimitié, qui tient en partie k ce que le port de Boulogne , amélioré depuis peu , est en grande concurrence avec celui de Calais , semble destinée k s'amortir , notamment , comme on va le voir, à cause de rétablissement des chemins de fer.
Celui de Londres à Douvres parait être d'une exécution prochaine ( $ 120 ) ; et si ceux de Paris à Boulogne et à Calais , de Bruxelles à Calais et à Boulogne , sont bientôt exécutés , on ne s occupera guère des chemins de fer qui peuvent les suppléer pour arriver à d autres points de la e6te, puisqu'on aura la communication qui , grâce à la solidarité de Calais et de Boulogne , se trouve la plus essentielle. AJorsle port de Boulogne intéressera lEurope méridionale ; Calais intéressera l'Europe septentrionale, et ces deux farts y au besoin , devront se suppléer , ce qui exigera fi on puisse communiquer rapidement de l'un à l'autre.
Dans les beaux temps , l'embarquement et le débarque* Mut étant toujours possibles, en dehors des jetées , à Bouogne y à Douvres et à Calais , le voyage de Londres i Ruria s'opérera en treize heures , et celui de Londres h Hmxelles en douze.
Si Ton fait attention à la population de Londres et de Pttib y si l'on pèse bien les considérations qui sont exposées phis loin ( S 101 et S 102 ) , on reconnaîtra sans doute que le diemin de Boulogne à Paris doit devenir promptement œ communication d'une très-haute importance.
S 101. De quelques améliorations de la /brtune publia que à attendre de F exécution des chemins dejer de Paris au nord de la France.
Dans nos idées , la circulation sur les chemins de fer
de Paris au nord de la France devant , comme on le verra plus loin ( S 119) , s'opérer à bas prix au bout de fort peu de temps , un vaste pays jouirait non-seulement des avantages ordinaires dus à des voies nouvelleft d'un parcours à bon marcbè , mais de quelipies améliorations dont le besoin se fait sentir dans ce pays.
Ainsi y le port de Boulogne étant devenu , par les travaux qu'on vient d'y faire , un de nos bons ports, il loi fallait une voie de communication par laqpielle on pût conduire à bas prix , dans lïntérieur , les produits maritimes rt les produits du nord ; les chemins de fer fourniront œUa communication/
Le poisson salé que Boulogne envoyait à Paris par la Seine , y arrivera par ces chemins. Les marbres de IMarquise ^ les bouilles et les fers qu'une compagnie qui se foma extraira dHardingben , près Marquise , et les pierres 4e Saint-Leu sur FOise , approvisionneront la Picardie , oùM matières manquent.
Les houilles de Yalenciennes et de la Belgique se rèpaadront dans les environs de Bapaume , d'Albert et de Gle^ mont , où elles n'arrivaient que par terre , et cet objet 4^ transport sera fort important.
Les chemins de fer dont il s'agit produiront encore m autre résultat d une bien grande utilité , c'est qu'ils forceront à baisser les droits de la navigation y laquelle sans cela ne soutiendrait pas la concurrence avec ces cheqiiiis après l'extinction des péages (*).
Sous ce rapport ^ le projet de Paris à Lille par AmieQli et la desserte de Boulogne , Calais et Dunkerque , au moyeP de Fembranchement d'Amiens à Boulogne par Abbeville, seraient d'une utilité remarquable pourCreil, Compiëgae,
(*) En profitant y pour le rachat des tanaux concédés, de cette des chemins de fer, le gouTernement aara de moins fortes sommes à ptiiTt*^ df moins grandes oppositions à vaincre.
Sl'B LES CIIE\UN$ Di: FER. 181
oyon , Saint-Quentin , Douai , Arras, Béthune, Aire et lint-Omer^ au cas même où ces villes n'auraient pas de chelins de fer (*), car elles seraient assurées d'avoir bientôt une avigation à meilleur marché. A cet avantage se joindrait acore pour ces mêmes villes celui de transports par eau dts Détins négligemment. En effet , dans Fëtat actuel des liofles y les mariniers , les marchands de houille et tous é négociants qui s'approvisionnent par eau , peuvent se Ire^ et se disent nécessairement , que si de longues gelées a de longs chômages gênent les arrivages y ils pourront près élever leurs prix et trouver dans le renchérissement jae compensation de leurs pertes , et même quelquefois n avantage plus grand que ces pertes. Mais les chemins e fer desservant les besoins publics concurremment avec NI canaux , ce que les mariniers n'amèneront pas par eau romptement et en temps opportun sera sans compensaioû pour eux et pour leurs commettants , et qui prévienni quantité de négligences qui excitent continuellement ea plaintes contre la navigation.
lOS. Sur les transports de marée des ports du Pas^de*
Calais à Paris.
Lca dépenses que Ton fait pour donner aux transports le marée toute la rapidité possible sont excessives , et Ton lit 4U0 lorsqu'on aura des chemins de fer, cette sorte de msporta devra s'opérer avec toute la vitesse que Toa ^Mfra donner aux voyageurs. Il s'ensuit que la marée dr« Bitara dans des voitures à ressorts , ayant un chargement èl la moitié de leur poids seulement , ccMume dans le eai
n n B*» serait pas de même pour les Tilles éeCtormont , d*Albert , de Bipnne, etc., si Ton exécatait la ligne de chemins de fer de Saint-Qnentin t près qgie.le transport k feire par terre pour amenerkpar.jQiKnvle»Mchar-
182 CHAPITRE VH.
des voyageurs ( S 91 ). Et comme ces voilures reviendront vides de Paris aux ports, on peut compter qu'un poids de poisson de mer de 80 kilogrammes coûtera pour la locomotion , autant au moins qu'un voyageur estimé aussi , avec son bagage , à 80 kilogrammes.
Ces considérations donnent à Tembranchement d'Amiens à Boulogne, Calais et Dunkerque, par Abbeville , une nouvelle importance. En comptant , comme nous venons de le dire , cbaque poids de 80 kilogrammes de marée pour un voyageur , les transports de marée , entre Dunkerque et Paris , équivaudront , d'après les renseignements que nous nous sommes procurés {*) , aux nombres ci - après de voyageurs transportés , savoir :
De Dnukcrque k Calais 5,000
De Gakls à Boalogne 18,000
De Boulogne à Abberille 75,000
D'AbbtTiUe & Amient 81.000
De Lille k MLraamoot 0,000
De ValeDdennesA Miramnoiit . 4,500
De MiraumoDt k Amiens .... 15,000
D*AmieDS k GreU 60,000
De CreU'à Paris .... 57,000
S 103. Des deux tracés de Paris à la Belgique , par Amiens etpar Saint^uentin^ sous le rapport nUlkmre.
On a fait valoir en faveur du tracé de Paris à LiDe par Saint-Quentin , que ce tracé peut , sans grande diffienlté, être dirigé, par la place.de Douai, et que cette place j à. cause de ton arsenal , de sa fonderie , et dbnoane lieu qui. intéresse Lille pour les inondations ea tméb guerre , est d'une importance militaire qui rend ce tracé préférable i tout autre.. .
troufe
wttTniiinâh« air oomq des longitudes, poqr yk ooçM^inaUpi]!. 4ç ^f^^f/^ en ce qui concerne la marée , beaucoup au-dessous 3e la rèaiifê." "^
*ii*
SUA LkJS CH£MliNS D£ ftA. 133
. G^tte conclusion nous paraissait biei^ motivée; mais on de iiosanciens condisciples, dont les connaissances en stratégie sont fort estimées , nous a Tait remarquer que, malgré Fim* portance des raisons que nous venons d'Indiquer ,. 1^ question était dominée par des considérations devant leaq^elles disparaît Futilité de Douai , place qui d'ailleurs s^a Ijéel Cligne principale tout au moins par un embranchement ($91). .':::..
En cas de guerre , en effet , un de nos besoins . de pre-r iD^r ordre est d'avoir une commjonicatîon. assurée de Paris à Lille et à Anvers , et la direction dans laquelle la capitale ef|t .menacée étant celle des Ardennes à Paris ^ le cbemin de fer d'Amiens est incomparablement mieux à Tabri des Atteintes de Tannée envahissante que celui.de Saint-<2ii^^' Ce dernier étant d'ailleurs le plus long , il s'ensuit que le chemin de fer passant par Amiens est celui qui. convient le inieuxà la défense du royaume.
lïon-seulement il se trouve éloigné tout à la fois, et de la c6te,9.et de la direction que l'ennemi doit suivre , mais il se tiimve encore protégé par les fortifications de la citadelle d'Amiens , et des places de Bapaume ^ Arras et Douai , qu'il laisse alternativement à sa drmte et à sa gauche.
^.iOk, J)es dei^x. tracés de Paris à la Belgique^ par jin^ens etpa^r Saint^Quentin ^ le premier semble devoir étre.préférè,
.. Les motift qui tendent à faire préférer le tracé d'Amieng nous paraissent être les suivants :
1*" La ligne de Paris à Lille , par Amiens , est plus courte de six lieues que celle par Saint-Quentin ;
S"" Le terrain par Amiens se prête mieux à l'emploi des coivgirbes d'un grand rayon , ainsi qu'à remploi des pentes
ftiMe9;
8* U est d'une exécution moins dispendieuse ;
13i CHAQUE VU.
4» n 8e prête Incomparablement mienx à rexécation de rembrancbement de Boulogne, dont on connaît Fiitilitè (SlOOetSlOl);
5* n n'est pas contiga , comme celni de Saint-Qaentin , à une ligne canalisée satisfaisant déjà , et devant satlsIUre fotdoon y à beanconp des besoins dn pays traverse ;
<• Il approvisionnera de houille des parties du Pâs^-de- Calais , de la Somme et de FOise , qui continneraient à ne B*èn procurer que très-difficilement ( $ 101 ) ;
7^ n (kdlitera des transports de nîar«e qui sont d*ttne grande Importance (S 102 ) ;
8* n amènera des améliorations de navigation ntflel même à Satnt-Quentin , ce que le trâcé de Saint-QdéntlA ne fëndt pas pour Amiens ( S 101 ) ;
9* Il eiit plus avantagent à la dèfente dn royaume que le tracé de Saint-Quentin ( S 103 ).
Voici les motifs qui militent en faveur de ce dernier :
l"" Les transports se fUnt actuellement , ou par Saint- Quentin, ou par Pèronne etPont-Sdnte-Maxence, él non par Amiens , de sorte que le ebèmttt de fer maintiendrait les habitudes actuelles ;
2* La ligne de Paris à Vaiendénnès tairait plus coutft que par Amiens d'environ une lieue trois quarts ;
8» Ce tracé se prêterait un peu plus que celui A'Amieié à rexécution d'un embranchement sur Sofâsons et Reims.
A part des considérations diplomatiques , administratives et commerciales, que nous n'aurions pas appréciées , Fintérfet général du royaume semble donc devoir foire préférer le tracé d'Amiens.
En cela les chemins de fer dédommageront probablement la Picardie des désavantages qu'elle éprouvait en fait de voies de communication. EflRN^tivement, quand il s'est agi d'établir deslignes navigables de Paris au nord de la FranM i la disposition des vallées a favorisé Saint-Quentin ; quitté il s est agi d'avoir <lans le même sens des rotetes pavées ^un