Partie concédée , 74 — à 6 c
Canal de la Marne au Rhin, 220 — 2 , 20\ Transport , 308 kilom, à OS 02 — 6, 16
Total (I) 25' 54
(1) Nous comptons 1 centime de droit par tonne et par kilom. poork transport de la houille sur le canal de la Marne au Rhin , parce que c'est le droit en ce moment applique sur le canal du Rhône au Rhin. Nous portoos le même prix sur la partie prussienne du canal des houillères, parce que
A Texpiratioa de la concession à intervenir pour Texécu- OD de la partie française du canal des houillères , ce prix de eyient de la houille de Sarrebruck , rendue par canaux à ''itry, sera réduit de 3 fr. 70, et tombera par conséquent à 9 fr. 84.
Supposons maintenant que la houille doive être transportée e Sarrebruck à Vitry, par le chemin de fer , en admettant , omme il est dans tous les cas parfaitement rationnel de le kire, quePembranchement de Metz est prolongé jusqu'à Sarre- »mck.
La tonne prise à Sarrebruck, y compris frais et droits d'en- 7ée, coûtera 10^ 60
Le transport en chemin |de fer sur 270 kilom., à h. 12 par kilom. (i), reviendra à 32, 40
Prix total de la tonne rendue à Vitry par chemin efer 43^ 00
les conférences inten'enues à ce sujet , il a été réciproquement ad-
lis, sauf l'adhésion du gouvernement prussien, que le tarif du canal de la
larne au Rhin servirait de régulateur. La taxe de 6 centimes sur la partie
concéder du canal des houillères , est celle qui est demandée par les
eux compagnies soumissionnaires.
Quant au fret nous le portons à 2 centimes parce qu'il s'agit d'une naigation exclusivement en canal sans aucune remonte de rivière , et qu'il 'agit de plus d'un transport de houille.
Nous ajouterons que nous regardons ce fret comme susceptible de ré- Qction, et que le droit de t/n centime sur la houille nous paraît encore Kcessif eu égard à la position particulière de notre industrie.
(i) De Sarrebruck à Metz > • • 79 kilom.
De Metz à Frouard -48 —
De Frouard à Vitry i27 —
i45 — Total 270 kilom.
Le prix de 12 centimes par tonne et par kilom. pour la houille est infé-
Mais, grâces à la décision des chambres, qui a admis dans tous les cas Pachëvement du canal de la Marne au Khin jusqu'à Nancy, le chemin de fer de Sarrebruck à Frouard offre une autre combinaison , qui consiste à livrer les houilles au canal à Frouard même.
Cette combinaison donnera :
Pour le transport par chemin de fer de Sarrebruck à Frouard, 127 kilom. à 12 cent 18^24
Transport par canal de Frouard à Vilry , 146 kil. àOfr. 02 2,92
Droit de navigation sur le même 1> ^^
Frais spéciaux de dépôt ou demagasinage à Frouard, le service des bateaux ne pouvant pas coïncider exacraent avec celui du chemin de fer 1> 00
Prix de la tonne de houille à Sarrebruck et droits d'entrée 10, M
Prix total à Vitry avec transport, par chemin de fer et canal 31 22
rieur à celui des tarifs les plus récents. Le chemin de fer de Strasbourg > Bàle maintient le prix de 12 1;2 centimes qui lui a été attribué par son tarif et sans y comprendre les frais accessoires de chargement, de déchargement, etc.
II est essentiel de faire remarquer qu'il s'agit ici , non pas d'un chen^^^ h(miUer, mais d'un long parcours sur un chemin à grand trafic, qui présentera des rampes assez fortes à faire gravir par les fardeaux. Ainsi, e» sortant de Sarrebruck, le chemin de fer rencontrerait, d'après les dispositions du projet dressé par MM. les ingénieurs de la Moselle, une première rampe de 7 millimètres 1;2 de pente par mètre sur 5 kilom. Il trouverait encore avant Metz une autre rampe aux S^lOOO. Des pentes an moins équivalentes seront nécessaires pour gravir des faîtes d'entre Moselle et Meuse, et d'entre Meuse et Ornain. Dans de telles conditions le service «e pouvant se faire qu'en petites charges ou avec des machines de renfort, ne permet pas d'espérer qu'on puisse ramener le prix du transport au-dessoas de 12 centimes, surtout en y comprenant les frais accessoires déchargement et de déchargement.
Le transport opéré exclusivement par les canaux des houilères et de la Marne au Rhin , donnerait donc sur cette voie, Eii-partiede fer et d'eau, une économie de 7 fr« 68 à 10 fr. 28 ar tonne de houille de Sarrebruck rendue à Yitry.
Mais Yitrypeut aussi tirer des houilles de la Belgique , en eur faisant suivre la Meuse , le canal des Ardennes , le canal le FAisne à la Marne et enfîn le canal latéral à la Marne.
Le charbon de Liège, dit tout venant de première qualité ^ aoûte la tonne 9^ 00
Droits de douane 1, 40
Il a à remonter la Meuse sur 207 kilom. pour arriver I l'embouchure du canal des Ardennes. Cette remonte soûtera lorsque les travaux d^améliorations de la Meuse seront achevés 3 centimes par tonne et par kilom. (1), aom- 209 kilom 6^ 27
Droits de navigation en Belgique 0^ 80
— — En France 0, 14
Déchargement et déchet 0, .^0
Total à l'entrée du canal des Ardennes 17^ 81
Transport en canal depuis la Meuse jusqu^à Yitry (2).
247 kilom. à fr. 02 4, 94
Droits 247 kilom. à fr. 01 2, 47
Prix total de la tonne rendue à Vitry 25*^ 22
(1) Ces renseignements sont extraits du rapport sur le résultat comfnercial des travatiœ de la Meuse, qui a été adressé à l'administration supérieure, par M. l'ingénieur en chef Thirion , qui a bien voulu nous commaniquer son travail.
(2) On aura à parcourir :
lie canal des Ardennes sur 99 kilom.
— Latéral à l'Aisne — IG —
— De l'Aisne à la Marne — (JO —
— Latéral à la Marne — 72 —
Ce prix n'^est que de 1 Fr. 68 supérieur à ce lui quW ob« tient pour les charbons de Sarrebnick arrivant par le canal de k Marne au Rhin et le canal des houillères^ pendant h durée de la concession de ce dernier ; à Texpiratioa de celle concession la différence sera de 5 fr. 38. Ainsi la différena serait peu sensible à Tépoque de Touverture du canal complet de Sarrebruck à Yitry. Toutefois elle sera encore un motif de préférence pour les houilles de Sarrebruck de premier choâ et pour certaines qualités de fer, par cette raison que le voyage sera moins long pour elles, que pour celles de Belgique ( les parcours sont respectivement de 508 et de 456 kilom.) et que les houilles de Liège auront à subir 30) kilom. de navigation en rivière, ce qui sera une chance d*i^ régularité dans les transports. D^ailleurs, il sera éminemmeot utile à Pindustrie de la Haute-Marne d^avoir ainsi à sa portée deux marchés de houille pour les modérer Pun par Pautre, et n'élre pas exposée à subir la loi d^aucundes deux, la loi de la Belgique surtout , la rivale nécessaire de la Haute-Marne pour la fabrication du fer. Enfin pour tous les charbons destinés à la Meuse ou aux contrées situées à Pest de Yîtrj, b houillères prussiennes présenteront un avantage de plus en plus grand à mesure que Pon s^éloignera de Vitry qui est le point extrême de la ligne d'approvisionnement de la HauI^ Marne , en venant de Sarrebruck.
Ainsi les houilles de Sarrebruck coûteront rendues a Vitry :
Par le chemin de fer passant par Metz , Frouard et Bar-le-Duc 43^^, la tonne.
Par le chemin de fer jusqu'à Frouard et le canal de la Marne au Rhin, à partir de ce point 51^,22 —
Par le canal des houillères et le canal de la Marne au Rhin , pendant la concession du canal des houillères 23^,54 —
Vprès la ronrcssîon . . 19^^,84 —
Mais les houilles belges reviendront sur le même point après Pachèvement du canal de l'Aisne à la Marne à 2S^221a tonne.
Ces chiffres démontrent que ce n^est pas entre le chemin de fer et le canal de la Marne au Rhin que la rivaUté existe, pour Papproyisionnement en houille de la Haute- Marne; mais bien entre le canal de la Marne au Rhin et les canaux des Ardennes et de PAisne à la Marne.
Voyons maintenant ce qui se passera pour Papprovisionne- Ap ment du Haut-Rhin, et prenons pour cela le centre industriel du département, Mulhouse.
Mulhouse consomme presque exclusivement des houilles de St-Etienne ou de Rive-de-Gier.
Ces houilles se paient Phectolitre, en moyenne. . . . 0^55
Charge et transport en chemin de fer jusqu^à
Lyon 0, 40
Le fret coûte par hectolitre de Lyon à Mulhouse^
droits de navigation compris 1 , 45
Faux frab 0,10
Prix de Phectolitre rendu à Mulhouse 2*^,50
Le poids moyen de Phe( tolitre pour la houille de manège, menu rafort, est de 85 kilogrammes. La tonne revient dès lors rendue à Mulhouse à 29*^,41
Les houilles de Sarrebruck arrivant par le canal des houillères de la Sarre, le canal de la Marne au Rhin et celui du Rhône au Rhin , auront à parcourir en canaux 270 kilomètres et coûteront par tonne, rendue à Mulhouse :
Achat de la tonne 9*^,50
Droit d'entrée 1,10
Droits de navigation :
A reporter iO',60
Report 1(K,60
i Partie prussienne. 0^,14] Canal des houillères, p^^^.^ eoncédée. . . 4 ,44 , ,„
Canaux de la Marne au Rliîn el du Rhône au \
Rhin, pour 182 kilom 82
Transport en canaux 270 kilom. à 0^02 5 /iO
Total 22f,40
A Pexpiration de la concession du canal des houillères ce prix sera réduit à 18fr. 70.
Veut'on maintenant faire faire ce service en chemin de fer, il y a deux combinaisons. Ccst d^abord le chemin de Sarrebruck à Metz, avec lequel il faut compter parce que son exécution est certaine au point de vue de la circulation générale^ comme complément indispensable du réseau national.
Or le chemin de fer de Sarrebruck à Metz venant reprendre à Frouard la ligne de Strasbourg et prenant à Strasbouigle chemin de fer d^Alsace, offrirait pour le transport des houilles de Sarrebruck à Mulhouse un parcours total de 390 kilomètres, qui a raison de 12 centimes par tonne et par kilom. (le chemin de fer d'Alsace prend encore pour la houille 12 centimes 1/2) coûterait 48',80
Achat de la houille et droils d'entrée 10 y 06
Prix de la tonne de houille de Sarrebruck rendue à Mulhouse en chemin de fer par Metz 39', 40
Ccst plus du double du prix de revient actuel du charbon de St-Ktienne. Ainsi le chemin de fer réduit h sa ligne principale en y comprenant le prolongement sur Sarrebruck ne porterait pas une tonne de houille à Mulhouse !
Le seconde combinaison consiste à rattacher les houillères de Sarrebruck au chemin de fer de Paris à Strasbourg par uu rail-way spécial, qui irait se souder à Sarrebourg avec la \ oie principale. La longueur de cet embranchement serait d'au
Qoins 70 kilom. Les houilles devraient alors parcourir en hemin de fer pour arriver à Mulhouse 246 kilom., qui à
2 centimes donneraient 29^,52
Achat de la houille et droits d'entrée 10^60
Prix de la tonne rendue à Mulhouse, par Temranchement de Sarrebruck à Sarrebourg et les hemins de fer de Strasbourg et de Baie 40^ 1 2
Cette idée d'un chemin de fer direct de Sarrebruck à Sarreourg n'a évidemment rien de sérieux et ne s'explique que par nne sait quel besoin de diversion aux projets d'achèvement u canal de la Marne au Rhin. Ce chemin n'aurait pas en effet 'autre clientèle que les houilles à transporter vers l'Alsace ont le marché lui serait fermé par les houilles de St- Etienne. \ n'aurait ni voyageurs ni messagerie. Ce serait un chemin rcluswement houiller pour le seul approvisionnement de Alsace, et un chemin houiller en remonte sur tout le par- >Qr$ de Sarrebruck à Sarrebourg. D'ailleurs il ne coûterait as moins de 17 millions et demi avec son matériel. Ce serait eaucoup déjà pour le service presque unique auquel il serait estiné ; mais ce service même il ne le ferait pas . Encore une m cette combinaison n'a rien de sérieux !
La houille de St-Etienne coûte donc aujourd'hui par tonne mdue à Mulhouse 29*^,41
La houille de Sarrebruck y coûtera par tonne :
Par le canal des houillères et les canaux de la [arne au Rhin et du Rhône au Rhin pendant la
oncession du canal des houillères 22^^,40
Après la concession 18^^,70
La même houille voyageant en chemin de fer, courait à Mulhouse
i® Par le chemin de fer de l'Est avec le prolonge-
lent de Mclz à Sarrebruck 59^40
2^ Par le chemin de fer spécial de Sarrebruck ft Sarrebourg et les chemins de fer de Strasbourg et de Bàle , W',12
Ici encore^ pour Fapprovisionnemçnt des houilles du Haut- Rhin , ce n'est pas avec le chemin de fer de Paris à Strasbourg que le canal de la Marne au Rhin est en rivalité ; c'est avec le canal du Rhône au Rhin ; et qu'on achève, ou qu'on n'achève pas le canal de la Marne au Rhin, le chemin de fer parallèle ne fera jamais les transports des houilles de Sarrebruck sur Mulhouse.
La question est donc de savoir si on veut, oui ou non, porter secours aux grandes industries de la Haute-Marne et du Haat- Rhin, qui sont gravement menacées par le prix élevé do combustible. Si tel est le but qu'on se propose, on ne l'atteindra qu'en reliant ces grands centres de productions avec le riche bassin houiller de Sarrebruck au moyen d'une voie navigable continue. Quant au chemin de fer, il ne sauvera rien sous ce rapport, puisqu'il laissera encore Tavantage du bas prix aux houilles belges d'un côté et à celles de St-Etienne de l'autre.
Des Forêts des départements de VEst.
La question des houilles conduit tout naturellement à celle des bois.
Le canal de la Marne au Rhin traverse la contrée la plus boisée du royaume. Les départements qui seront en rapport immédiat avec le canal renferment:
En bois domaniaux une superficie de (i) 300504'', 37
En bois communaux 455832, 26
Total 73G33G, 63
Cest à raison de 1 200fr . Phectare, fonds et superficie, une râleur capitale de 907,603,956^ 00
A cela s^ajoutent 251000 hectares de bois particuliers dont a valeur capitale s'élève à 30l,200,000^ 00
Us'agitdoncicicommeon levoif d'une valeur de plus del200 millions! Certes, c'est là un grand intérêt; mais pour l'Etat cet atérét est double; car c'est l'obligation générale de TEtat de :hercher à accroître le capital nationaL^ sous quelque forme pie ce capital se présente et en quelques mains qu'il se trouve |>lacé. A cet égard tout ce qui tend à augmenter la richesse les particuliers, en tournant aussi au développement de la richesse publique, rentre dans les devoirs de l'Etat, et constitue Tan de ses premiers et de ses plus graves intérêts. Mais ici FEtal ne se présente pas seulement comme la personnification de l'action et de la puissance publiques, il est encore directement intéressé d'abord en sa qualité de propriétaire à tTtre privé ou de personne civile, ensuite comme le tuteur des communes et des établissements de bienfaisance ou autres qui sont propriétaires de forêts et dont les revenus sont affectés à des services d'utilité générale.
Dans cette question du rapport des forêts de l'Est avec l'achèvement du canal de la Marne au Rhin , l'Etat ne doit donc pas être dirigé seulement par les vues générales qui président habituellement à ses déterminations, mais il doit être sollicité
(1) Nous devons une grande partie de ces documents à MM. les Conservateurs des forêts des départements de TEst, et nous donnons aux pièces justificatives lin résumé des tableaux qu'ils ont bien voulu nous adresser sur tet objet si important de nos recherches.
— ISO —
aussi par Tesprit de propriété ; il doit en un mot traiter Paffaire anima Domini.
Le revenu annuel moyen des bois domaniaux , dans les six départements qui seront plus particulièrement en rapport avec le canal de la Marne au Rhin, s'élève à • . • . 8,238,903^,66
Le revenu des bois communaux pour les mêmes départements est de 6,010,206 ,56
Mais ce dernier produit s^augmente des délivrances eu nature qui sont faites aux communes et aux établissements publics, et qui s'élèvent encore à une valeur de plus de (> millions. Ces délivrances devant se continuer en nature, il n'y a pas lieu d'en tenir compte ici.
Produit total annuel des coupes vendues. • 14,249,110^23
Or ce revenu considérable est en ce moment gravement compromis.
Le grand débouché des forêts de PEst était dans les forges fabriquant au bois, mais elles meurent à ce régime ; il iaut qu'elles se transforment ou qu'elles succombent. En attendant, les coupes de l'Etat et des communes se vendent avec plus de difficulté et à des prix décroissants d'année en année. Les bois se déprécient et ils ont subi depuis 2 ans une perte d'environ 20 p. Q/0 sur leur valeur vénale.
•Il y a donc urgence de procurer aux produits des coupes des débouchés nouveaux pour remplacer ceux que les forges ne peuvent plus leur offrir. Or ces débouchés viendront aux forêts en même temps que le secours si indispensable aux forges et par la même voie, par le canal de la Marne au Rhin, qui portera aux forges la houille à bas prix , et qui étendra d'une manière presque indéfinie le marché où se consomment les produits des bois domaniaux de l'Est.
Le canal de la Marne au Rhin est parfaitement placé pour servir à Pexploitation des principaux groupes de ces forêts. Coupant^ comme nous Tavons dit, les rivières qui descendent du versant septentrional des Vosges, il pourra recevoir directement le flottage de la Sarre, celui de la Meurthe et celui de la Moselle, et par conséquent celui de tous les coui*s d^eau qui forment ces artères principales.
Le flottage de la Meurthe dont les affluents plongent dans les gorges les plus boisées des Vosges est très-considérable.
Les arrivages à Nancy s'élèvent, année commune, à 3 millions de planches et à 2^,000 stères de bois débité.
Ces produits s'expédient pour une grande partie de Nancy ou de Pont-à-Mousson vers la Champagne et vers Paris. Les expéditions pour Paris sont transportées par terre jusqu'à St- Dizier, où elles prennent la Marne. Les expéditions pour Rheims, qui sont aussi fort importantes,ne quittent pas la route de terre.
On envoie ainsi, année commune, vers la Champagne ou Paris, 1500,000 planches larges, pesant à 1600 kilog.
le Q/0 24,000 tonneaux
et environ 1 0000 stères de bois débité ou . 7 ,000 —
(7est un transport actuel de 31 ,000tonneaux
Le surplus des arrivages à Nancy qui n'est pas absorbé par la consommation locale continue sa route par la rivière jusqu'à MetZy tt par Metz vers Trêves et la basse Moselle.
Ces expéditions vers la Champagne et Paris ne comprennent pas les produits des f^'éts qui versent directement dans la Moselle au-dessus de Toul , non plus que ceux des forêts de laMense et de la Haute-Marne, qui,*quoiquepIus rapprochées de la capitale, doivent pourtant y expédier moins de bois que les forêts de la vallée de la Meurthe.
Sans doute la décision des Chambres qui admet l'achèvement du canal jusqu'à Nancy, sauve déjà les rapports du flotta-
ge de la Meurthe avec la Champagne et Paris, et assure ainsi un vaste débouché aux forêts à desservir par cette partie du cahal. Mais, en s'arrétant à Nancy, il y a un groupe considérable de forêts qui se trouve sacrifié et c'est précisément celui qui a le plus besoin de débouchés.
Ce groupe est formé principalement des forêts des arrondissements de Château-Salins,de Sarrebourg, de Sarreguemines et de Saverne. Ces trois arrondissements comprennent ensemble une superficie de, savoir :
Eu bois domaniaux • 96460^,30
Et en bois communaux 30240, 09
Total 126700',39
Là, les massifs de forêts les plus considérables sont direciement atteints par les deux canaux, tracés sur une grande partie de leur développement dans les gorges les plus boisées ; et les rivières flottables de la Sarre, de la Bièvre et de la Zorn,coupées par le canal principal, peuvent y verser,sans aucun intermédiaire, leurs produits.
Or, en consultant le tableau n^ 19 des pièces justificatives, on verra quelle différence existe entre la valeur vénale du bois pris dans la coupe^ dans les quatre arrondksemenis dont ils^agit,et dans ceux qui ont à leur portée des centres de consommation ou des débouchés d^une certaine étendue. Les prii varient d'après ces circonstances, de 4 i lOfr. pour les bois de chauffage, et de i5 à 40fr. pour les bois de construction. D'ailleurs c'est le point où PEtat éprouve le plus de difficultés pour la vente régulière de ses coupes. En présence de tels faits, il n'est pas permis de douter que le canal de la Marne au Rhin et son embranchement sur Sarrebruck augmenterait, terme moyen, d'au moins 50 p. 0;0 le produit annuel des ventes de coupes dans le groupe forestier dont il s^agit.
Ce produit, en prenant la moyenne des trois annéesil84l, 1842 et 1843, est:
Pour Farrondissement de Chat eau-Salins, de 351,160^ 00
de Sarrebourg — 539,895, 67
— Saveme — 615,150,53
— Sarreguemines — 236,496, 02
Total pour les bois domaniaux — 1,742,652^ 42
Les ventes de coupes de bois communaux se sont élevées pour ces trois années à 488,627' 75..Ce qui donne pour moyenne. . . . 207,267' 68
Produit total 1,949,920^ 00
Une amélioration de 30 p. (^0 sur un pareil produit donnerait une somme annuelle de 584,976 fr. , qui représente à 3 p. (yO le revenu d'un capital foncier de près de 20 millions.
Or la dépense qu^imposerait à PEtat Pachèvement complet da canal jusqu'à Strasbourg , ne s^élèverait en tout qu'à la somme de 13,086,833' 75.
Ainsi Faccroissement de produit des forêts domaniales et communales des seuls arrondissements de Château-Salins, de Sarrebourg, de Sarreguemines et de Saverne, ferait plus que couvrir la dépense d'achèvement du canal.
Mais ce n'est pas tout, cette plus value s'étendrait encore aux arrondissements limitrophes, de Lunéville, de Schelestadt et de Strasbourg. Elle porterait surtout sur les belles futaies qui forment les quatre cinquièmes de la contenance des forêts domaniales et communales de la conservation du Bas-Uhin, et en un mot, sur les richesses immenses qui bordent toute la ligne et qui 9 faute de débouchés , sont presque complètement perdues , ou au moins ne donnent que des produits insignifiants auprès de ceux qu'on en devrait*obtenir. Ainsi on découpe, on hache, pour en faire du chauffage, de belles futaies de hêtre , qui auraient une bien autre valeur débitées pour ouvrages de boisselleries, jantes de roues, sabottage, etc. Des bois de chêne d'excellente qualité, des sapinières magnifiques sont presque sans emploi, faute d'une large issue donnée à leurs produits.
>l'ous regrettons de ne pouvoir entrer à ce sujet dans des détails circonstanciés de chiffres ^ mais les renseignements qai nous ont été fournis par MM. les conservateurs des forélSi ne nous permettent pas de douter que le gouvernement et les chambres ne trouvent près de Padministration forestière des documents décisifs sur la valeur du canal dans ses rapports avec les forêts de PEst ; et quiconque étudiera sérieusement à cepoiiitde vuelaquestion, arrivera infailliblement à ce résultat que Paccroissement de produit et de valeur des seules forêts domaniales de PEst couvrira , et fort au delà, la dépense qui reste à faire pour la prolongation du canal jusqu^à Strasbourg, et qu^ainsi PEtat ferait une excellente affaire comme propriétaire, quand il n^achèverait le canal qu'à ce seul titre et abstraction faite de toute autre considération. C'est ainsi que la grande propriété a compris dès le principe en Angleterre son intervention dans la construction des canaux , et voilà comment le système s'en est si rapidement développé. L'Etat en France ne doit pas traiter ses intérêts fonciers avec moins de sagacité el de prévoyance.
«pprovuiun. Eucorc uumot sur ce point ! Les départements de PEst fotu^ S NoT'**^^ nissent des bois à la marine royale. Ceux qui proviennent de la Meuse gagnent la Seine par le canal des Ardennes et sont livrés à Brest. Le Bas-Rhin expédie les siens par le canal du Rhône au Rhin vers Toulon. On ne tire rien des Vosges et du Haut-Rhin. Quant aux départements de la Meurthe et de h Moselle ils doivent fournir 1,500 stères par année.
Ces bois sont flottés sur la âarre, la Meurthe et la Moselle; ils descendent cette dernière rivière jusqu'à Coblentz , pu» prennent le Rhin jusqu'à Dordrecth. Le flottage sur le Rhin ne peut pas se faire avec des tonneaux ^ on y supplée par des pièces de sapin des Vosges , qui soutiennent les radeaux de chêne. Ces sapins, qui ne peuvent pas entrer en concurrence
irec ceux du Nord et ceux de la forêt Noire, sont yendus à vit rîx à Dordrecth. Ce port n^est pas fréquenté par des bâti^ lents français ; c'est donc par navires étrangers que les bois mt expédiés sur Rochefort. Chemin faisant , ils ont acquitté ir le Rhin des droits s'élevant à environ 5 fr.par stère qui sont Brçus par la Prusse et la Hollande.
Ainsi des bois provenant de départements français et en gé* éral des forêts de PEtat, et qui sont destinés a la marine royale ançaise , paient un tribut à la Prusse et à la Hollande pour averser leur territoire, et arrivent sous pavillon étranger dans I port français où ils doivent être employés !
Sans doute cette marche plus que bizarre ne s'applique qu'à ,500 stères chaque année , et nous le croyons bien. Notre larine ne s'enrichirait pas si elle prenait à pareil compte tout 5 qu'elle pourra extraire un jour des forêts de l'Est; et elle e voudrait pas d'ailleurs faire dépendre de vastes approviionnements du bon vouloir de nos voisins, et les mettre dans mtesles circonstances possibles sous leur sauve-garde. UnpasU chemin imposé à nos bois de marine , prouve seulement ae ces vastes forêts ne sont aujourd'hui à peu près d'aucun ^ours à l'entretien de notre flotte. Le canal de la Marne au hin terminé, elles seront au contraire parfaitement placées oar approvisionner à la fois, Brest, Rochefort et Toulon.
Et pour les chemins de fer eux-mêmes , n'est-ce donc rien le de mettre ce riche groupe forestier en communication fa- «*«• le par eau avec les départements de l'Ouest , avec ceux du ord et avec le Midi. Les chemins de fer consomment des asses considérables de bois. Les nôtres n'en sont pas encore 1 renouvellement des billes ou traverses , mais ce renouvellelent va venir , et il coïncidera avec les réparations des ourages en charpente et avec les autres travaux neufs qu'exiera l'extension du réseau de nos rail-ways. Cela vaut bien
qu^on y pense. Ce n^est pas chose insignifiante qae d'avoir à sa disposition pour pourvoir à de pareils besoins , un milUon d'hectares de plus de bois eu communication directe avec les plus belles lignes navigables du royaume !
Iioute