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Des principales branches d'industrie dans les départemerUê à desservir par le canal de la Marne au Rhin,
Nous avons déjà parlé, à Foccasion du transport des houilles, de la situation des forges du Nord*£st et de celle de Findostrie du Haut-Rhin.
iDdii*iri« d« Il ne faut pas se le dissimuler , les énormes capitaux employés en usines et en machines à Mulhouse , dans le Haut et Bas-Rhin, et dans les industrieuses vallées du versant orientai des Vosges, sont chaque jour plus gravement compromis par les conditions des transports et particulièrement par celles des approvisionnements en combustible minéral. Jusqu'à présent une supériorité incontestable de fabrication et le bas pm de la main-d'œuvre ont bien pu permettre à Mulhouse de soutenir une lutte très-inégale sous tous les autres rapports, mail si Fintelligcnce, le goût et tout ce qui constitue la plus grande aptitude industrielle, sont des moyens assurés de suGoèS) ce sont là des qualités que la lutte même tend à développer et à propager chez tous les concurrents, et la supériorité qu eDes établissent entre les produits, a besoin pour se maintenir d'être soutenue parla condition matérielle du bas prix. D^ailleurs les prix de main-d'œuvre tendant à se niveler, et Fesprit de loco* motion atteignant la classe ouvrière comme les autres classes de la société, si Findustrie mulliousienne n'a pour se souteotf que cet appui précaire et transitoire elle finira par succomber.
ï plus belle, sa meilleure chance aujourd'hui est donc daas la onction immédiate de Mulhouse avec les houillères der la arre par une voie navigable continue. Cest en un mot Pexéition da canal de la Marne au Rhin et de son embranchelent sur Sarrebruck.
Aucune industrie n'est en ce moment plus digne de la soUi- 2» Km et romv tude du gouvernement , que celle des fers dans les départelents du Nord-Est. Le dernier compte rendu des travaux es ingénieurs des mines signale toute son importance. On y oit en effet, que la valeur créée en 1842 par la fabrication et isélaborations principales de la fonte et du fer, a été, savoir :
Pour la Haute-Marne, de H ,889, 1 56^ 00
— La Meuse 3,344,706, 00
— La Moselle 9,173,161, 00
— La Meurthe 251,887,00
— Les Vosges 3,626,917, 00
— LeBas-Rhin 1,610,985,00
Total 31,896,812^ 00
La production totale pour Tensemble du royaume s^est levée pour la même année à une valeur de 148,074,900^ 00
Les départements à desservir par le canal de la Marne au hin, entrentdonc pour 22 p . 0/0 dans le produit de la grande idustrie du fer en France.
Or, à part quelques usines dans une position exceptionnelle, imme celles de la basse Moselle , toutes les forges du Nord- %t, depuis la Marne jusqu'au Rhin, sont dans un état déploible. La lutte évidemment n'est plus possible dans les condi- 3I1S actuelles, et il y a danger imminent d'une ruine absolue. éji plusieurs propriétaires dont le patrimoine est sufGsant our leur permettre de suspendre leurs opérations commerialesy ont éteint leurs feux et mis leurs usines en chômage, leux qui continuent sont en général trop fatalement engagés
pour pouvoir s^arréter. De là ces faillites qui se succèdenUTec* une effrayante rapidité , et ce complet discrédit dans XeopA végètent la plupart des usines qui ont résisté jusqu^icî.
Si le canal de la Marne au Rhin était aujourd'hui terminéy et si sa liaison avec les houillères était complète , il aurait déjà épargné au pays de grandes catastrophes. QuUl tarde encore à se finir ; ou ce qui revient au même, qu^il s^arrête à Nancy ; et la plus grande partie des usines à fer des départements de PEst auront bientôt disparu sans retour !
•&1U1M. Les exploitations de mines de sel gemme et des sources sa-
lées dans la Meurthe et dans la Moselle ont une importance considérable.
La Meurthe a produit en 1842 : 292,357 quintaux de sel
d'une valeur totale de (1) 2,876,596f,0fl
Les produits de la Moselle ont été de 34,793 quintaux valant 455,092 ,00
Total 3,531,688,00
La valeur totale du sel produit en France s'étant élerée
pour la môme année à 14,889,451' 00
La production de la Meurthe et de la Moselle représente les
2^00 delà production totale du royaume.
Mais la quantité de sel fabriqué a encore augmenté depotf
La saline de Dieuze en a produit en 1845, 279,955 q^mét.
Celle de Salzbronn 68,951 —
Celle de Saléaux 4,000 —
Poids total fabriqué en 1845 552,884 q*'m«.
C'est 60,000 quintaux de plus qu'en 1842.
EnGn, la fabrication de 1844 s'est encore accrue : 1^ de celle
des salines nouvellement ouvertes,
(1) Compte rendu des travaux des ingénieurs des mines en 1843.
De Sarralbe pour 7^300 q^' met.
Du Haras 1,700 —
9? Du développement donné à la fabrica«
on de Pusine de Saléaux 4,700 —
Accroissemenl total 13,900 q^' met.
La fabrication du sel dans la Meurthe et la Moselle s'élève onc en ce moment à un poids total de plus de 36^600 tonnes!
La consommation du charbon minéral dans les salines déasse 25,000 tonnes !
La grande saline de Dieuze communiquera avec le canal es houillères par un très-court embranchement formé sur- )ot d^une portion de Pancien canal des salines. Les salines de arralbe et de Salzbronn sont placées sur le bord du même anal des houillères. La saline de Saléaux est toute voisine du mal de la Marne au Rhin. Ainsi toutes les expéditions des ilines et tous leurs approvisionnements qui se font aujour- 'hui par terre prendront la nouvelle voie navigable.
En ce moment, la seule saline de Dieuze expédie sur Stras- Durg 4,000 tonnes de sel. Elle envoie dans la direction de arisy en prenant Châlons-sur-Marne comme distance moyenne, ,200 tonnes. La consommation devra nécessairement s'accroi- 'e dans une très-grande proportion , quand le prix du translort qui forme Ici la plus forte partie du prix total aura baissé e 90 p. 0/0.
A la sallne'de Dieuze est annexée une grande fabrique de prouits chimiques. Ces produits sont dirigés sur Paris et sur trasbourg, ou consommés daus les départements de PEst pour » verreries , les glaceries , les papeteries , etc. Les expédi* ODS sur Paris s'élèvent à 1,S00 tonnes.
Celles sur Strasbourg à - 1,000 —
Dieuze reçoit de Paris, en soufre, nitrate de
oade, étain, plomb, etc 1,600 —
Total 4,100 tonnes.
La consommation de laMeurthe, delà Moselle et des Vosges n^est pas comprise dans ce chiffre.
Il existe dans FEst d'autres établissements de prodaits diimiques. Nous devons particulièrement mentionner celui de Bouxwiller qui fabrique de l'alun, du prussiate de fer, do pmssiate de potasse, du sel ammoniac, de la colle d'os, etc. Ses produits s'élèvent annuellement à 2,000 tonnes, dont l,S008onl expédiées dans la direction de Strasbourg, et 500 dans cdie de Paris.
Bouxwiller consomme par an 4,000 tonnes de matières premières, telles que déchets de corne , chiffons de laine, »vates, déchets de cuir , potasse, os et acide muriatîque. Tool cela arrive à Pusine par terre , aussi bien que i ,000 tonnes 4e houille de Sarrebruck, Le surplus du combustible consomaé provient des mines de lignite qui existent à Boyxwiller même.
C'est encore là une fabrication dont les produits et les imtières premières sont repoussés par les chemins de fer, etqd doit prendre un grand accroissement aussitôt quelle sera miie en possession d'un bon système de navigation. On sait dUlleurs quelle est son influence sur un grand nombre d'antm industries.
• v«rreri«. cris. Gonsultous cucorc Ic dernier compte rendu des travaux ds
irict et glaccrics. *
ingénieurs des mines ^ nous y trouverons que la valeur tofak créée en France en 1842 parles verreries , les cristalleries d
les fabriques de glaces , s'est élevée à 32,711,545^00
Là-dedans :
La Meurthe Ggure pour 5,612,000^ M
La Meuse pour 302,306,00
La Mosellepour 1,866,420,00
Les Vosges pour 249,024, 00
Le Bas Rhin pour 8i,000,00
Total 8,110,75(^00
Cfest le quart de la production totale du royaume.
Prenant à part la Meurthe et la Moselle / on voit que leur production s'élève à 7,478,420' 00
Or, où se trouvent les manufactures qui apportent cet énorme contingent dans la fabrication commune? Précisément dans les arrondissements de Lunéville, de Sarrebourg et de Sarrel^emines, c'est-à-dire dans ceux qui seront déshérités, si le caoal est supprimé à partir de Nancy avec son embranchement ie la Sarre.
Quelles sont d'ailleurs les matières premières? Ce sont le table, la soude, la potasse, la chaux , la craie, le verre cassé, a terre à creuset et enfin le minium. Les grandes manufacnres de glaces de Cirey et de Saint-Quirin et la cristallerie de Baccarat font venir de la Champagne le sable qu'elles contomment. Les autres fabriques le tirent du Palatinat , malgré a supériorité du sable de Champagne et à cause de la surdiarge d'un plus long transport par terre. L'économie du transport sera du côté du canal, qui s'appropriera nécessairement tons les approvisionnements de cette fabrication, et qui ■n augmentera considérablement l'activité. C'est Topinion de 4>iis les chefs d'établissements que nous avons consultés.
Nous n'avons pas de chiffres exacts à produire sur cette fa- a» Faiencerm
• • • poteries.
Mication. Mais son importance est grande , particulièrement lans les arrondissements de Lunéville , de Sarrebourg et de Sarreguemines. Cette dernière ville possède une des faïensmes les plus renommées du royaume. Ses produits s'expélient sur Lyon et sur Paris. Le canal des houillères passera lans la cour même de l'usine et la mettra ainsi en communiaifion directe par eau avec ces deux grands centres de cori- M>mmation.
11 en existe plusieurs dans la Meurthe et dans la Moselle, 7*p«p«i«rirs.
mais c'est dans les Vosges que la fabrication du papier a reçu le plus grand développement.
Le département des Vosges expédie sur Paris 25^000 quintaux métriques de papier par an. Ces expéditions se feront un jour, ou par le canal, ou plus probablement par le chemin de fer que les provenances des Vosges prendront ou à Nancy ou àLunéville. Mais les matières premières qui consistent en chiffons, en résine, en manganèse et en produits chimiques, et qui forment une masse de près de 40,000 quintaux, arriveront en grande partie par le canal, qui amènera aussi les houilles nécessaires à Falimentation des générateurs, et qui donnera ainsi par le bas prix du transport une nouvelle impulsion à la fabrication.
Nous pourrions étendre cette nomenclature, mais nom croyons devoir nous borner à ce qui constitue la grande production dans les départements traversés ou desservis par k canal, et surtout aux industries qui peuvent, au moins pourFapprovisionnement de leurs matières premières ou de leur combustible, recevoir de son exécution un secours efficace et une impidsion réelle.
Nous pourrions insister aussi sur Faction que devra avoir le canal pour le développement des intérêts agricoles , à travers des contrées où sont acclimatés tous les genres de production, où de riches prairies couvrant le fonds des belles Yillées de la Meuse, de la Moselle et de la Meurthe , sont séparées par d^excellentes terres labourables, des vignes qui occupent les flancs des coteaux , couronnés eux-mêmes par de magnifiques forêts. Mais qu^ilnous suffise de rappeler à ce sujet que nulle part en France les céréales ne sont à aussi bas prix que dans les départements de la Moselle et delà Meurthe.
S Vil.
Matériaux de construction.
I position du canal de la Marne au Rhin pour le service matériaux de construction mérite une attention particu-
Q quittant à Vitry les craies de la Champagne et en s'avansur la ligne même du canal , on traverse successivement les étages du terrain jurassique, et d^abord les trois étages ystème oolithique^ qui occupent tout Pintervalle entre Barbue et Nancy. Parvenu dans la vallée de la Meurthe , on ive le calcaire à grypliées qui produit les excellentes IX hydrauliques connues sous le nom de chaux de Metz. >n traverse ensuite pour atteindre le bief de partage des geSy les marnes irrisées» puis le muschelkalk qu^on quitte peu au-delà de Sarrebourg, pour entrer dans le grès bi- •é et le grès vosgien.
?est dans ces derniers terrains que le canal et le chemin de
passent sous le faite des Vosges, à travers de magnifiques et
puisables carrières , pouvant donner de la pierre do tailh»
toute» les dimensions et pour tous les usages.
jC muschelkalk fournit d'excellents moellons de parement
les matériaux d'une nature exceptionnelle par ses bons ré-
tats pour Pentretien des routes.
lies marnes irrisées sont dépourvues de bonnes pierres
ir les constructions, mais elles renferment des gypses, dont
nploi s'accroît chaque jour davantage dans la Meurthe pour
abriration du plâtre.
On n'a pas besoin d'insisler sur Putllc emploi des chaux de qualité supérieure des environs de Nancy.
Enfin, dans tout le système oolithique qu'il faut franchir poor retourner de Nancy vers la Marne , les matériaux abondent mais ce n'est que par exception qu'on rencontre des calcaires pouvant donner de la chaux hydraulique, et des pierres qui résistent suffisamment à la gelée pour être employées en parement. Les accidents survenus à un grand nombre d'andennes constructions publiques, particulièrement dans la partie occidentale du département de la Meurthe , accusent cette rareté des bons matériaux, qui a été une cause grave d'augmentation de dépense pour la confection du canal sur ce point.
Quant aux craies de la Champagne, qui ne sait qu'elles sont complètement dépourvues de toutes ressources sous ce rapport?
Ainsi absence complète à l'une des extrémités de la ligne, abondance et richesse à l'autre extrémité ; voilà en deux moti la situation du canal , eu égard au service des matériaux de I construction. C'est-à-dire, que ce service amènera forcément I sur le canal une circulation considérable, dont la firéquent»- 1 tion actuelle des routes ne peut en aucune façon donner l'idée.
S vni.
De la proposition d'arrêter le canal de la Marne* au Rhin
à Nancy.
Qu'est-ce donc que le canal de la Marne au Rhin?
C'est d'abord la seule ligne de transit qui poisse lutter avec une large certitude de succès contre toutes les lignes étraiH
gères» pour les rapports de rAIIemagne centrale avec FOcéan* Cest, nous le répétons, un bras détaché du Rhin à Strasbourg et courant droit sur le Havre ; c^est, en un mot, le Havre prenant à coup sûr et par la force des choses, pour tout le Rhin supérieur, le rôle de Rotterdam et d^ Anvers !
Le canal de la Marne au Rhin, c'est avec Pembranchement le Sarrebruck, la liaison assurée de Mulhouse avec les houillères de la Sarre ; c'est Pappui le plus efficace, le plus énergique et en même temps le plus indispensable, qui puisse être donné i Pindustrie du Haut-Rhin.
Cestavec le même embranchement, le salut des forges de la Meuse et de la Haute-Marne; et si, sous ce rapport, il vient trop tard pour sauver tout ce qui est en ce moment compromis, en rattachant par un lien nécessaire, que rien ne saurait suppléer, le bassin houiller de Sarrebruck, l'un des plus riches dèPEurope, avec les riches minières dePEst, il conservera du moins la grande industrie du fer au pays où elle est acclimatée et où elle a connu des jours si prospères.
Le canal de la Marne au Rhin, c'est l'issue nécessaire des grandes forêts domaniales et communales de TEst , dont les revenus déclinent et dont la valeur vénale se déprime sous Pinfluence de la souffrance générale de toutes les industries, et du besoin qu'elles éprouvent de substituer partout la houille au combustible végétal.
C'est une voie commerciale ouverte à une contrée qui en est totalement dépourvue , dont les cours-d'eau pendent vers Fétranger et sont barrés par la frontière, et qui pourtant est en tête de la production du royaume pour tous les genres d'industrie auxquels elle s'est adonnée.
Ccst enfin une voie indispensable à la répartition des richesses géologiques, en excellents matériaux de constmo tion, qui abondent à une extrémité de la ligne et manquent totalement à l'autre.
Voilà en résumé le tableau, forcément incomplet , du canal de la Marne au Rhin. Que nous n'y ajoutions pas une appréciation détaillée du tonnage, on le concevra. Quel que soit le cliiiïre qu'on déduise sous ce rapport de l'état actuel des choseSi on peut êlrc certain de rester fort en dessous de la vérité. Car dans de telles circonstances et avec de pareils éléments de succès, c'est à côté des canaux les plus chargés et les plus fréquentés de l'Europe que le canal de la IVIarne au Rhin doit être placé. Ce qu'on peut affirmer, c'est que le tonnage de 188,600 tonneaux effectifs , qui forme actuellement le mouvement parallèle à la direction du canal dans la Meurthe , et qui doit se répartir entre le canal et le chemin de fer, ne représente qu'une très-faible partie du mouvement futur ; puisque dans ce dûffire ne figure pas l'influence du canal sur le transit ; puisque les houilles et les matériaux de construction n'y entrent que pour des quantités minimes , et puisqu'enfin le canal doit faire sno céder l'énergie et la vigueur à l'état de souffrance des principales branches de l'industrie locale.
Maintenant voudra-t-on encore arrêter le canal de la Marne .vl^s?rîsiou"rç! au Rhin à Nancy ? Mais c'est la léte et le cœur qu'on veut lui prendre !
Mais votre ligne de transit est alors rompue, mutilée, annulée !
Mais la grande industrie de Mulhouse est sacrifiée, car c'est une communication navigable avec les houillères de la Sarre qu'elle réclame, et c'est précisément cette communication que vous supprimez.
Mais les forges de la i\leubc el do la Haute-Marne qui suc-
,l«ur coin mer-
nbent les unçs après les autres, n'ont de salut à espérer 5 par la création du canal de Nancy à Sarrebruck ! En leur evant cela vous leur enlevez fout ! Et dans de pareilles cirisfances, c'est presque une dérision que d'élargir leur déiiché du côté de Paris ? Qu'elles vivent donc d'abord ; or qu'il leur faut pour vivre c'est la houille au plus bas prix (sible. C'est en un mot la houille de Sarrebruck par une ie navigable.
Mais c'est encore dans cet intervalle de Nancy à Strasbourg e se trouvent y avec le riche bassin houiller de la Sarre> les éts de l'Est ^ dont les produits sont le plus compromis par difficulté des débouchés , et qui doivent recevoir de Texéion du canal la plus grande augmentation de valeur ; c^est qu'existent les salines, les verreries , les cristalleries, les faques de glaces , de faïence, de produits chimiques. Enfin , stià que se rencontrent les richesses les plus précieuses en itériaux de construction.
En un mot, c'est surtout entre Nancy et Strasbourg que sont mmnléstous les produits qui font par leur nature l'aliment de circulation sur les voies navigables.
Quels motifs feraient donc supprimer le canal au delà de
ncy?
Ce ne sera plus , nous l'espérons , la crainte de nuire '"""«"
* ' 1 ' sur le tni(
trafic du chemin de fer en lui enlevant une partie de sa """ "*" ^^ entèle. On a témoigné souvent des doutes sur l'alimentan future du chemin de fer de Paris à Strasbourg. Combien fois n'a-t-on pas dit que c'était un chemin exclusivement atégique, et qu'on ne trouverait pas de Compagnie qui vou* t le soumissionner; et voilà qu'il s'en présente au moins ux, qui nont pas attendu pour se produire que le canal fût enacé. Mais ce qui vaut mieux que la confiance des Compares soumissionnaires, c'est l'évidence de ce fait que le plus
mauvais service à rendre aux futurs concessionnaires du diemin de fer, ce serait d^entraver la production dans la contrée même qui doit donner au rail-way le mouvement et la vie ; ce serait de tarir la source la plus féconde de ses produits » en comprimant le développement nécessaire des industries dévolues à la partie profitable de son trafic. Si on a douté de Talimentation de ce trafic, c'est qu^on n^avait que des idées fort imparfaites de la puissance productive des départements do Nord-Est^ et il est clair que le doute n'aurait pas été possible s'il s'était agi de faire aboutir le rail-way à une contrée d'immense activité industrielle. Or, la Haute-Alsace ^i est déjà là. Quant à la Lorraine, ce qu'elle est aujourd'hui dit assez ce ([u'elle deviendra lorsqu'elle sera mise eu possession des ressources naturelles, comme les bouilles de la Sarre , qui sont i sa portée, et dont elle n'aura la libre disposition que par Fexécution du canal de la Marne au Rhin. Après tout, ce qu'on veut, c'est un chemin defer productif ; qu'on développe donc la production dans les pays qu'il traverse !
Serait-ce donc l'économie qui ferait supprimer le caaal? Faisons le compte.
ipi.rr.iatîon de Lc cdual dc la Marne au Rhin , s'il est terminé dans un délai de trois ans, coûtera en tout 75 millions. II n'était estimé qu'à 45 millions, c'est vrai ! Et l'administration a en main tout ce qu'il faut pour justifier cette différence. Nous dirons seulement que la valeur de la main-d'œuvre, pour tout ce qui concerne l'exécution des grands travaux publics, a augmenté de près de 60 p. 0/0 dans la Meurthe depuis la rédaction des projets, et que comme le prix.de la journée de travail serait après tout une unité assez sûre pour estimer la valeur de l'argent employé à ces grandes entreprises , ce qui était estimé à ^5 millions il y a dix ans , doit en coûter 72 aujourd'hm*. Voilà une des causes d'augmentation ; elle tient au vaste dévelo|>pcinenl qu'ont pris dans ces derniers temps les grands
travaux de PEtat et ceux de Findustrie- particulière. Elle est la conséquence du progrès de Paciivité générale etde Taccroistement de la richesse publique. Si de pareils mécomptes sont regrettables^ on doit du moins se féliciter de ce qu'ils soient produits par de pareilles causes (1).
(4) A ce sujet, nous éprouvons le besoin de nous expliquer sur un autre genre de reproche adressé à Tadministration. On s'est vivement plaint de ce qu'elle avait fait commencer les travaux sur plusieurs points à la fois , de telle sorte que lorsqu'il s'est agi de les abandonner , on s'est trouvé fort désappointé de voir qu'aucune partie du canal ne se prêtât à cette mesure inattendue sans une grande perte pour l'Etat. Le fait est que si l'administration avait commencé le canal pour ne pas le fmir, elle ne pou- Tait pas plus mal procéder que de ne pas ménager à l'avance une espèce de part au feu. Mais le devoir de l'administration l'obligeait à prendre au sérieux la loi qui ordonnait l'exécution du canal de la Marne au Rhin , et aTec la loi même son commentaire obligé, c'est-à-dire , la discussion à laquelle elle avait donné lieu dans le sein des chambres. Or, qu'on veuille bien se reporter à cette discussion, et on verra que la chambre des députés, notamment, avait formellement entendu que le canal de la Marne au Rhin serait poussé avec une grande vigueur , et qu'elle en avait fait une sorte de mise en demeure pour l'administration. Celle-ci a accepié le défi, et on sait assez que ce n'est pas d'elle qu'il a dépendu que l'expérience ne fut pas aujourd'hui complète. Quoi qu'il en soit le canal de la Marne au Rhin , qui réunit cinq vallées principales avec deux biefs départage, forme en réalité deux canaux distincts ; l'un de la Marne à la Moselle , en passant par-dessus la Meuse ; l'autre de la Moselle au Rhin, en passant par dessus la Sarre. C'aurait été une question grave que de décider lequel de ces deux canaux aurait la priorité; mais ce qui ne faisait pas question, c'est qu'il fallait environ six années pour exécuter dans des conditions de dépenses abordables les deux biefs de partage, avec les souterrains et tranchées qu'ils comportent, à Mauvages d'un côté, et au col de Hommarting ou d'Arschwiller de l'autre. Or, comme l'achèvement du bief de partage d'un canal domine l'usage de ses versants, il s'ensuit que si on avait attendu pour commencer le canal entre Nancy et Strasbourg, que U canal de Vitry è Nancy fftt terminé, on aurait attendu six années et qu'il en aurait f:iilu six autres pour compléter l'œuvre. L'excculioii su<*('08sive entraînait donc
Quoi qu^il en soit la dépense totale du canal se divise ainâ :