ONE
l'apparition de douleurs fulgurantes typiques permet de faire le diagnostic de tabes. Nous voyons dans cette observation que le tabes a débuté chez cette femme par des crises gastriques que l’on avait d’abord pris pour des vomissements incoercibles.
Signalons une observation analogue (V). Une femme présente des vomissements si graves qu’on est obligé de recourir à l'avortement, mais, après l'opération, les vomissements persistent et l’on s'aperçoit que la femme a un début de tabes.
Il semble, dans tous ces cas, que la grossesse influence le tabes surtout au point de vue de ses manifestations gastriques. Il n’y a pas lieu de s'étonner de cette prédilection, puisqu'à l’état normal la grossesse amène des troubles stomacaux. Rien de surprenant donc à ce qu’elle provoque des crises gastriques chez les tabétiques.
Du reste, le tabes débute quelquefois par des crises gastriques. On sait qu'il n'existe pas un ordre immuable dans l’apparition de ses accidents qui semblent soumis dans leur apparition à une infinité de causes occasionnelles dépendant, soit de l’état antérieur du sujet, soit d'influences extérieures à lui. Cuzin (Fhèse de Lyon, 1898) a mis en lumière, par de nombreuses observations, l'action stomacale, intestinale, hépatique, génitale (vomissements périodiques) sur les crises gastriques du tabes.
Nous citerons encore une observation de M. Touche (VID), bien qu’il ne s'agisse pas d’une femme enceinte, mais cette femme qui a eu une grossesse normale, a vu survenir quelque temps après, de véritables crises gastriques, au moment de ses règles, et ce fut le seul symptôme pen-
A jy
dant de longues années. L'apparition de douleurs fulgurantes et de signes d'incoordination montrèrent qu’il s’agissait d’un tabes. |
. Ces crises gastriques survenant à l’occasion des règles nous semblent présenter une certaine analogie avec les crises gastriques chez les femmes enceintes tabétiques.
Dans tout ce groupe d'observations, il n’est pas douteux
que le tabes soit la cause initiale des vomissements de ces femmes enceintes.
Observation I.
(MM. Durour et Correnor, Société de Neurologie, déc. 1908).
Mre S..., blanchisseuse, âgée de 35 ans, entre le 3 novembre 1908, dans le service de médecine de la Maternité. Cette femme est-enceinte pour la troisième fois et se trouve au quatrième mois de sa grossesse. Elle se dit atteinte de vomissements incoercibles A l’âge de 21 ans, lors de sa première grossesse, elle vomit depuis le quinzième jour après la cessation de ses règles, jusqu'à la fin de sa grossesse. À l’âge de 33 ans, deuxième grossesse; les vomissements commencent le deuxième mois et durent jusqu’à l’accouchement. Ils nécessitent l'emploi de lavements alimentaires et d’injections sous-cutanées de sérum. Pendant les deux premières grossesses, elle est soignée dans les services d'accouchement, où l’on porte le diagnostic de vomissements incoercibles. C’est avec ce diagnostic qu'elle se présente dans notre service. Elle y a déjà été traitée quelques jours, au mois de septembre, mais à cette époque, elle n’y fait que passer, son entrée ayant coïncidé avec la disparition des vomissements. Actuellement il n’en est plus de même ; les vomissements sont incessants. Pendant leur durée, il y a des douleurs abdominales spontanées, assez peu intenses, mais qu’augmente beaucoup la pression exercée sur le creux épigastrique.
Aucun aliment n’est toléré. Il y a, de plus, un léger ptyalisme et