‹ Des Vomissements Graves de la Grossesse Dans Leurs Rapports Avec Des Lésions du Système NerveuxChapitre 16 sur 20 · M PA · texte numérisé non relu

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missements n'ont pas de caractère inquiétant. Elle vomit une ou deux fois par jour après ses repas: Elle n’est pas amaigri, mais souffre d'une céphalée assez intense. Après examen, on conclut à des vomissements simples de la grossesse. Température 37°3, Pouls 65 à 70. On l’isole et on la soumet au traitement habituel des vomissements,

Son état s'améliore. Elle quitte l'hôpital le 13 février pour se soigner chez elle. Elle ne vomit presque plus, mais sa céphalée persiste. ;

Elle revient le 24 février très amaigrie, souffrant d’une céphalée atroce et présentant de l’amaurose, en même temps ses vomissements ont repris avec une insistance et une tenacité très inquiétantes.

La malade est très constipée. Urines diminuées de quantité, foncées, mais ne contenant pas d’albumine. La température oscille entre 370 et 37°5. Le pouls est très instable.

Les vomissements qui se répètent jusqu’à 8 fois par jour se font sans effort au moindre déplacement de la malade. Elle rend tous les aliments qu’elle ingère, quelquefois de la bile. Ses vomissements présentent tous les caractères du vomissement cérébral.

Elle se plaint de céphalée intense et continue, surtout à droite et en arrière. Elle indique avec la main la prédominance de ses douleurs tantôt au niveau du pariétal droit, tantôt plus bas au niveau de l’occipital, sans que l’on puisse localiser d’une façon précise le siège du mal.

On constate une diminution de l’acuité auditive à droite.

On procède alors à l'examen du système nerveux périphérique.

Les réflexes rotuliens, achilléens sont conservés, Pas de clonus du pied. Pas de signe de Babinski. Motilité intacte. Pas de troubles de la sensibilité. Rien à signaler du côté des sphincters.

Les troubles de la vue attirant l'attention, on la fait examiner au point de vue oculaire dans le service du professeur de Lapersonne.

L'examen ophtalmique fait par le D' Golezowski montre une stase papillaire double àvec hémorragies péripapillaires.

Le 28 février on fait une ponction lombaire qui ne décèle pas de lymphocytose rachidienne. On la met dans une salle d’isolement au

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repos absolu, et on lui fait le traitement habituel des vomissements incoercibles.

Devant la persistance des symptômes nerveux, on fait une 2° et 3 ponction lombaire les 12 et 14 mars. On ne note pas d'hypertension du liquide céphalo-rachidien après introduction de l'aiguille. L'examen ne donne pas de lymphocytose, mais glycose rachidienne en plus grande abondance 0,75 ctgr. au lieu de 0,50 ctgr. par litre.

’état de la malade devenant de plus en plus inquiétant et constatant l’inefficacité du traitement médical, en’ présence des signes nerveux énumérés plus haut, on songe à une tumeur cérébrale, et on fait passer la malade dans le service du Dr Guinard pour la faire opérer.

Le 18 rnars 1910, M. le D' de Martel fait une crâniectomie de la fosse cérébelleuse droite, on ne trouve pas d’hypertension du liquide céphalo-rachidien, pas de hernie méningée, Pas d'apparence de tumeur. On sonde la substance cérébrale pour tâcher de découvrir un abcès, mais les recherches sont infructueuses.

La malade meurt le lendemain de l'opération. On fait son autopsie et on trouve à l’examen du cerveau une tumeur des plexus choroïdes. L'étude de cette tumeur au point de vue histologique n’a pas encore été faite.

Observation III

M. NozeN. Berlin, klin. Wochensch. 6 et 13 décembre 1909, rapportée dans la Semaine médicale, du 30 mars 1910.

Un cas de & pseudotumeur cérébrale » apparue au cours d'une grossesse et ayant récidivé dans deux grossesses consécutives, avec vo-

missements.

Il s’agit d'une femme de 40 ans qui, bien portante jusqu’à sa douzième grossesse, avait été prise dans la deuxième moitié de celle-ci, de céphalalgie gauche avec vomissements tenaces, de torpeur cérébrale, d’une hémiparésie droite, avec tremblement de la main du même côté. Cet état de torpeur s’accentua dans les dernières semaines de la gravidité jusqu’à prendre l’aspect d'un sommeil

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continuel. Peu de temps après tous ces symptômes disparurent.

La 13° grossesse se termina par une fausse couche à 4 mois et ne s’accompagna d'aucun phénomène morbide.

En décembre 1900, dans le troisième mois de la 14 grossesse, l’affection se montre de nouveau sous le même aspect et la malade entre à l'hôpital en mars 1901.

Là, M. Nolen constate une torpeur cérébrale et une somnolence prononcées, une hémiparésie droite sans signe de Babinski, du tremblement intentionnel de la main droite, de la stase papillaire bilatérale, une pupille gauche dilatée et ne réagissant pas à la lumière. L’éclosion d’une infection pulmonaire grave nécessite l’avortement provoqué. Quelques jours après, l’oculiste signale un ptosis à l’œil gauche et la paralysie du droit interne du même côté. La somnolence d’abord diminuée s’accentue de nouveau à l’occasion d’une recrudescence de l'infection pulmonaire. Puis lentement tout rentre dans l’ordre, la malade quitte l'hôpital en septembre, ne présentant jusqu'à sa nouvelle grossesse que quelques vertiges et gardant une pupille élargie et paresseuse à la lumière et un léger tremblement de la main.

Elle revient à la clinique en février 1904 alors qu’elle est enceinte de huit mois de son 15° enfant. Les symptômes sont analogues à ceux de la grossesse précédente, et cèdent après l’accouchement en l’espace de 2 mois.

VOMISSEMENTS GRAVES OBSERVÉS CHEZ DES FEMMES ENCEINTES ATTEINTES DE NÉVRITES.

Nous voyons dans les observations précédentes que les vomissements graves sont nettement sous la dépendance des lésions nerveuses.

Celles que nous allons présenter semblent moins évidentes.

Il s’agit de femmes dont les vomissements sont accompagnés ou suivis de névrites. de

Dans une observation (X),onpeutconstater une névrite du pneumo-gastrique qui doit nécessairement provoquer les vomissements graves de la malade.

Dans une autre ([), la névrite précède de deux mois l’apparition des vomissements.

Du reste, M. Puyo nous dit dans sa thèse (1), que les névrites sont habituellement accompagnées de vomissements graves qui mettent la vie de la femme en danger, et dans les 14 observations de sa thèse, presque toutes ses névrites s’accompagnent de vomissements.

Il semble qu'il y ait une véritable relation entre ces deux ordres de phénomènes.

C’est pourquoi nous croyons ne pas sortir de notre hy-

(1) Puxo. Névrites gravidiques, Thèse de Paris, 1904.

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