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ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les lésions rencontrées jusqu'ici à l'examen des cadavres de femmes mortes pendant la grossesse, à la suite de vomisse-

(1) Rignud, In Schnellbach, Thèse. Strasbourg, 1847.

meiits incoercibles, sont en très-petit nombre, et encore présen tent-elles une variété et une diversité si grandes qu'il est bien impossible de les considérer comme caractéristiques. Souvent d'ailleurs les autopsies sont complètement négatives et ne révèlent aucune cause matérielle capable d'expliquer les vomissemenls opiniâtres observés pendant la vie. Comme exemple de cette sorte, je citerai l'observation suivante que iM, le docteur Lancereaux a bien voulu me communiquer.

Obs. Vomissements incoercibles pendant la grossesse. — Morl par inanition,

— Autopsie négative.

X... Poly, domestique, âgée de trente et un ans, entre à l'hôpital le 20 mars ; cette femme a déjà en plusieurs enfants ; ses grossesses et ses couches ont été heureuses.

Elle se dit enceinte de deux mois et demi à trois mois, et vomit depuis quinze jours ou trois semaines. Elle est maigre, sa physionomie indique la souffrance. Elle accuse un malaise général.

L'examen dechacun des organes en particulier ne révèle aucune altération appréciable. L'utérus est développé, l'abdomen un peu douloureux, ainsi que l'épigastre. La langue est rouge à la pointe, un peu chargée à la face dorsale ; le pharynx est également rouge. La malade n'a pas d'appétit ; elle se plaint do diarrhée, ses selles sont quelquefois sanguinolentes. Quant aux vomissesemcnts, ils sont glaireux, bilieux et parfois alimentaircf. Le pouls est fréquent (9o à 100 puis.) et assez régulier. La respiration est à peu près normale. Il n'y a pas d'indice de tuberculisation pulmonaire

Après quelques jours d'expectaiion, on ordonne à la malade 2 ou 3 grammes de bicarbonate de soude. Les vomissements persistent, I amaigrissement progresse. Le pouls monte à 120. On prescrit un vésicatoire à l'épigastre; le pouls diminue de fréquence et l'on observe pendant quelques jours une légère amélioration ; mais les symptômes reparaissent bientôt, malgré l'usage de la poudre d'écrcvissc et de l'extrait thébaïque. L'épuisement est de plus PU plus marqué et l'on compte, les 8, 9 et 10 mai, jusqu'à 140 pulsations à la minute.

A cette date les vomissements cessent, mais la malade tombe dans un état de dépression voisin du coma. Elle a du délire, elle comprend à peine les questions qu'on lui adresse et ne peut pas y répondre.

Le I I mai, il est à peu près impossible de compter le nombre des pulsations.

Le 12, le pouls a un peu plus de force, sa fréquence diminue, et l'on i)eut

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