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coiiipler 130 pulsations environ. On évalue à 20 ou 24 le nombre des inspirations par minute. La langue, jusqu'alors restée rouge, se couvre d'un enduit visqueux.
Le 13, la malade, étendue sur le dos, peut à peine murmurer quelques paroles inintelligibles. La maigreur est excessive ; 130 pulsations, 22 inspirations.
Le 14, même état. Somnolence et léger délire ; môme fréquence du pouls; sécrétion buccale épaisse et visqueuse; selles diarrhéiques involontaires.
Le 15, elle meurt dans la soirée. L'opération césarienne est pratiquée, le fœtus est vivant, on peut voir quelques battements du cœur et constater qu'il a de quatre à cinq mois.
Autopsie le 17 mai. — Cerveau. Il est saiu partout, sa substance est un peu molle. On observe un peu d'injection sur quelques points.
Poumons. Le sommet des poumons ne présente riea de particulier. Il y a un peu d'œdème à la base des lobes inférieurs.
Cœur. Légère hypertrophie du ventricule gauche. On rencontre deux petits caillots bruns dans le ventricule droit.
Œsophage. Sain.
Estomac. 11 offre en quelques points seulement une légère arborisation ; sa muqueuse ne présente pas plus d'altération que celle des autres parties du tube digestif.
Les autres organes sont en bon état, le foie est seulement un peu gros, ses cellules sont développées; l'utérus n'offre rien de particulier. Atrophie considérable du système musculaire et du tissu cellulo-adipeux,
La mort parait donc avoir eu lieu par inanition consécutive aux vomissements incoercibles.
Le plus ordinairement cependant on constate, en dehors de l'atrophie du système musculaire et du tissu cellulo-adipeux, quelques altérations dans le tube digestif. Mais ces dernières, comme l'état d'atrophie plus ou moins considérable des divers tissus, sont un produit de l'inanition et consécutives à l'abstinence forcée à laquelle la femme a succombé. C'est ainsi que l'on a rencontré une diminution notable de volume dans le paquet intestinal, dont la capacité diminue par la rétraction des parois de ce canal (1). Il en est de même de l'estomac dont la
(1) Chez la femme dont M. Vigla a publié l'observation, l'estomac et les intestins offraient cependant leur calibre ordinaire, ce qui fut une cause de surprise.
muqueuse présente parfois un très-léger ramollissement, une consistance un peu moindre, ainsi qu'une injection légère et, en certains points, une faible teinte rosée brunâtre; mais ce sont des lésions légères et toutes consécutives.
Il n'en est plus de même, sans doute, de certaines autres qui ont été invoquées ou considérées comme causes des accidents. Ces dernières lésions pourraient être partagées en deux groupes, à savoir : 1° celles qui affectent l'utérus, ses annexes, ou quelques parties de l'œuf ; 2° celles qui siègent dans d'autres organes et particulièrement dans l'appareil digestif.
Parmi les lésions du premier groupe, je mentionnerai en première ligne le résultat des deux autopsies de Dance (1), autopsies dans l'une desquelles il rencontra des concrétions pseudomembraneuses d^une ligne d'épaisseur (2) à la surface externe des membranes, et une couche de pus concret entre le placenta et l'utérus, tandis que dans l'autre les parois de la matrice avaient à peine une ligne et demie d'épaisseur, et présentaient une mollesse insolite accompagnée d'un engorgement sanguin.
A l'autopsie de la malade morte dans le service de M. Chomel à la suite de vomissements incoercibles, on trouva aussi sur la face externe de la caduque des plaques de pus concret assez étendues et disséminées à la périphérie de l'œuf. Stoltz dans sa première observation dit qu'il y avait une injection assez vive des parois utérines. Sur les quarante-quatre cas de mort que j'ai réunis, les résultats de l'autopsie n'ont été mentionnés que dixhuit fois, et quatre fois seulement on a constaté des lésions du côté de l'utérus.
Dans deux autres cas cependant, de petites tumeurs fibreuses situées dans la paroi utérine ont été rencontrées par Lobstein (3) et par Ch. Clay {k). Mais les auteurs de ces observations ne les ont eux-mêmes signalées que comme des lésions accessoires peu importantes. Le kyste pileux de l'ovaire droit que M. Nonat (5) a
(1) Dance, Répertoire général de physiologie, elc, t. III, -5 826.
(2) P. Dubois, Union médicale, 1 852.
(3) Lobstein, Sur le grand sympathique. Paris, 1823.
(4) Ch. Clay, Gazette hebdomadaire, t. IV, 18.n7.
(5) Nonat, Gazette des hôpitaux, 1852.
Lrouvé sur la malade morte dans son service, n'a peut-être pas une plus grande importance au point de vue de l'étiologie.
L'existence des ulcérations du col signalées par quelques auteurs, pendant la vie des malades, n'est relatée dans aucune autopsie.
Mais Lobstein (1) a rencontré le col de la matrice « dur et parfaitement clos », et M. Depaul, sur une malade dont nous devons parler plus loin, eut également à pratiquer l'hystérotomie vaginale à cause d'une oblitération complète du col.
Les lésions présentées par le fœtus ne sont décrites presque nulle part, à l'exception des altérations qu'il subit lorsqu'il séjourne après sa mort pendant quelque temps dans la cavité utérine. Dans l'observation de Forget (2), il est dit que le cordon ombilical était fortement tordu sur lui-même. Cette rareté des lésions primitives du côté du fœtus paraîtra d'ailleurs bien naturelle, si l'on songe que les maladies de l'enfant propres à causer sa mort seraient précisément de nature à sauver la mère, attendu qu'il est d'observation que la mort du fœtus et l'arrêt de la gros sesse sont le plus souvent suivis de la cessation des vomissements.
Parmi les lésions siégeant dans les organes indépendants du système utérin, je dois signaler, en première ligne, celles qui ont été rencontrées dans l'appareil digestif et particulièrement dans l'estomac. Valleix (3) dit que chez la malade qui mourut dans son service, il existait une inflammation manifeste de l'estomac et du duodénum; que la muqueuse de l'estomac était d'un gris ardoisé, mince et sans consistance près du pylore, et que dans le duodénum, elle était rouge, épaisse, granulée et ramollie.
Carus et Siebold admettent aussi, selon Churchill, une inflammation de l'estomac; M. Dubois, Chomel, Sandras ont signalé une injection de la muqueuse stomacale avec de légères arborisations. L'observation de M. Taurin recueillie à la Clinique offre aussi, comme on peut le voir, un exemple de cette nature. Mais celte congestion de la muqueuse stomacale , ou même
(1) Ouvrage Sur le grand sympathique. Paris, 1823.
(2) Gaz. inéd. do Strasbourg, 1847.
(3) Bulletin de thérapeutique, t84.9.
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l'intlainmation de celte membrane, sont-elles bien la cause des vomissements, ou ne sont-elles pas plutôt dans certains cas le résultat et la conséquence de l'abstinence forcée à laquelle succombent les malades?
Obs VI. — Vomissements incoercibles. — Accouchement prématuré spontané. —
Mort ; par M. Tauria.
Z. Eiif^r..., âgée de vingt-sept ans, tisseuse en drap, entre à la Clinique d'accouchements le 2 mars 1863. CcLte femme, de constitution moyenne, a toujours eu une bonne santé. Elle a été réglée h l'âge de dix-sept ans; les règles, d'abord irrégulières, ont ensuite paru avec une grande régularité; elles duraient deux à trois jours par mois. Elle se croit enceinte de sept à huit mois ; la dernière apparition des règles aurait eu lieu le 8 juin 1862.
Z. Engr... a continué d'exercer sa profession de tisseuse pendant les trois à quatre premiers mois de sa grossesse; celte profession, très fatigante, l'obligeait à appuyer fortement le ventre sur un gros cylindre de bois; elle dut cesser son travail parce qu'elle éprouvait une vive douleur à l'épigaslre, qui s'accompaguaii. de vomissements assez opiniâtres. La douleur cessa et les vomissements devinrent moins fréquents quand la malade eut quitté sa profession.
Elle vint alors à Paris dans le courant de novembre J862; les vomissements se répétaient encore tous les deux ou trois jours, mais ils étaient peu abondants Deux mois se passèrent ainsi. Vers la Gn de janvier 1863, les vomissements redevinrent plus fréquents et plus opiniâtres que jamais; cette malheureuse femme voyant qu'il ne survenait aucune amélioration, vint enlin à In Clinique, le 2 mars 1863
État actuel : maigreur extrême ; mauvais état moral : la malade pleure et raconte qu'elle a eu beaucoup de chagrin, qu'elle en a encore et que tout cela lui a fait bien du mal. Elle dit qu'elle perd la mémoire; elle a, en effet, de la peine à préciser les dates des faits que nous venons de relater. "Absence complète de fièvre. Depuis six setiiaines, elle vomit tous ses aliments, elle vomit même quand l'estomac est à l'état de vacuité. Elle a faim, mais elle n'ose manger dans la crainte de vomir. Sensibilité assez vive de l'épigastre.
Le ventre est développé comme dans une grossesse de sept mois et demi. On perçoit nettement les bruits du cœur fœtal. Le col utérin est long, ramolli, l'orifice externe fermé. On sent le sommet de la tête du fœtus qui se présente au détroit supérieur.
3 mars. — Après un examen attentif de la malade, M. Depaul reconnaît un cas de vomissements incoercibles, ne venant pas cependant à l'époque
habituelle de la grossesse. — Il iostitue le traitement suivant : solution de sirop de groseilles avec eau de Seltz; eau de Spa; deux portions d'aliments; une côtelette en supplément.
4 mars. — Depuis la visite de la veille, la malade a vomi de dix-huit à vingt fois. A la visite du soir, nous la trouvons assise sur son lit et faisant dos efforts considérables pour vomir ; ces elTorts amènent le rejet de matières liquides, d'une couleur jaune feuille morte avec des stries de sang qui paraît venir de la gorge. Elle a déjà vomi tout ce qu'elle a mangé pour son déjeuner et son dîner, et parmi les matières vomies, on reconnaît trèsbien les différents aliments non digérés. — Même traitement, de plus, une pilule d'opium.
3 mars. — La malade est sans fièvre. Elle appréhende de manger. Les vomissements persistent, elle a toujours des efforts sans vomissements, surtout pendant la nuit. — ■ Même traitement.
6 mars. — La malade accuse une douleur vive à l'épigastre et vers les fausses côtes. Soif vive; pouls normal. Elle vomit toujours. — Vésicatoire de 10 centimètres de diamètre à l'épigastre; une bouteille de bière; eau de Spa; une pilule d'opium; un lavement d'eau de guimauve pour combattre une constipation légère.
7 mars. — La malade a été soulagée par le vésicatoire; elle demande à manger. La nuit a été calme, elle n'a pas eu d'efforts de vomissements. — Même traitement.
8 mars. — Elle est moins bien; douleur plus vive à l'épigastre; elle a vomi tous les aliments, mais n'a pas eu d'efforts pour vomir quand l'estomac était à l'état de vacuité.
Le soir, état fébrile, pouls à 92-96 ; bouche sèche ; céphalalgie, agitation. Nuit agitée, avec nausées fréquentes et vomissements de matières liquides jaunâtres. — Même traitement.
9 mars. — Il ne survient aucun changement.
10 mars. — 11 y a un peu d'amélioration; faciès meilleur; pas de fièvre. La malade a moins vomi, elle accuse une douleur au-dessous du sein droit, qui n'augmente pas par la pression.
Dans la journée, il survient des vomissements opiniâtres et la douleur du côté disparaît. — Même traitement,
11 et 12 mars. — Elle vomit tous ses aliments; bouche acide ; pouls bon. Même traitement, sauf la pilule d'opium qui est supprimée.
13 mars. — Même état. — On applique un deuxième vésicatoire sur l'épigastre.
Le soir, à six heures, il survient des douleurs utérines, le travail commence.
14 mars. — La rupture des membranes a lieu à deux heures du soir; à
trois heures, la dilatation du col est complète, et à quatre heures la malade accouche dune fille faible, pesant 2 kilogrammes. Pas de vomissements; état général bon.
13 mars. — Elle est bien, n'a pas vomi. — Groseille?, deux pots; deux potages.
16 mars. — Dans la soirée survient un frisson suivi de sept à huit vomissements.
17 mars. — Fièvre, pouls à 116; ventre plat, douloureux au niveau de l'utérus; l'épigastre est toujours sensible; nausées, éructations; faciès triste; commencement de sécrétion laiteuse. — Frictions mercurielles sur le ventre; potion avecis%30 d'alcoolature d'aconit; deux pilules d'opium ; diète.
Pendant la nuit, agitation, nausées et vomissements verts.
18 mars. — État de souffrance générale ; 120 pulsations ; diarrhée; ventre peu développé, souple, moins douloureux à la pression dans la région sousombilicale; l'épigastre est aussi moins douloureux. — Même traitement.
L'enfant va bien.
19 mars. — Moins de diarrhée, deux selles seulement; 104 pulsations; pas de vomissements, la malade ne se plaint que d'une douleur épigastrique.
20 mars. — Amélioration générale ; 102 pulsations ; ventre plat, indolent ; l'utérus est volumineux, il s'élève jusqu'à un travers de doigt audessous de l'ombilic; gingivite mercurielle, salivation abondante. — Deux pilules d'opium ; potion, aconit lS^,bO ; frictions avec la pommade de belladone; gargarisme avec chlorate de potasse.
21 mars. — Peu d'amélioration ; pouls à 112; persistance de la douleur épigaslrique, un vomissement verdâtre; le ventre est modérément développé, l'ulérus reste volumineux, incliné à gauche ; pas de gonflement des seins. — Même traitement, de plus, application d'un troisième vésicatoire à l'épigastre.
23 mars. — La douleur épigastrique a cessé depuis l'application du vésicatoire.
24 mars. — Même état. — On supprime l'aconit; œuf à la coque; pilule d opium ; frictions de belladone.
2b mars. — Elle a vomi ses aliments; ventre plat, dépressible, pouls à 96. — Bain à 36 degrés; application d un quatrième vésicatoire volant.
27 mars — Même état, elle vomit toujours. Affaiblissement général ; céphalalgie, bourdonnements d'oreilles. Depuis hier, elle prend de la glace sans résultats; on a supprimé l'opium. — Bain; glace.
28 mars. — La malade s'aflaiblit et maigrit de plus en plus. Les bains n'ont produit aucune amélioration; pouLs à 104-108; ventre plat, dépressible; clic vomit toujours. M. Depaul trouve cet état très-inquiétant ; il fait
GUÉNIOT. U
remarquer que tous les traitements ont échoué. Il y a eu un arrêt de trois jours dans les vomissements après l'accouchement, puis ils se sont reproduits et ne cessent point.
Il se propose d'employer la pepsine, il en fait demander à la pharmacie; il ordonne des lavements de bouillon et de vin pour soutenir les forces de la malade.
29 mars. — Même état; un peu de constipation ; pouls à 104-108.— Tilleul orangé; thé, un pot; lavement avec miel de mercuriale, 60 grammes; deux lavements de bouillon et vin.
30 mars. — Céphalalgie intense; délire le soir. M. Depaul fait observer que ces phénomènes cérébraux indiquent le commencement de la troisième période des vomissements incoercibles.
Toujours des efforts considérables pour vomir, alors même que l'estomac est vide. — Même traitement.
31 mars. — La malade éprouve du trouble dans les idées, des absences de mémoire; amaigrissement extrême. Les lavements de bouillon sont bien gardés.
On ordonne 1 gramme de pepsine en quatre paquets dans du bouillon ■ si la pepsine est vomie, un lavement de bouillon.
l"^"^ avril. — Le premier paquet de pepsine a été vomi au bout de deux heures ; les autres aussitôt après l'ingestion. On continue la pepsine; 2 gramnaes en cinq paquets avec de la gelée de viande; tilleul et thé.
2 avril. — Les vomissements sont plus abondants depuis que la malade prend de la pepsine. La douleur épigastrique est très-accusée; pouls petit, faible; les troubles cérébraux sont plus prononcés. — Quatre pilules extrait thébaïque de 2 centigrammes; continuer la pepsine à la dose de 2 grammes.
3 avril. — Pas la moindre amélioration. — Même traitement.
4 avril. — Pouls fréquent, petit, dépressible; froncement permanent du sourcil; teinte iclérique; persistance des vomissements, de la céphalalgie et soif vive. — M. Depaul ordonne des frictions générales avec un linge rude humide, suivies de frictions sèches aussitôt après; on continue la pepsine que l'on fait prendre dans du pain à chanter.
5 avril. — Même état; elle a vomi la pepsine, sauf un paquet.
6 avril. — Vomissements de matières porracées ; mAchonnement continuel ; froncement du front et des sourcils, l'affaiblissement augmente. — Lavemeuts de bouillon avec pepsine, frictions sèches; une côtelette, eau de Sellz.
7 et 8 avril. — La malade va de mal en pis; le pouls est petit, misérable, k 108; la teinte ictérique persiste.
9 avril. N'a pu manger qu'un peu de chocolat. — Même traitement.
■10 avril. — Délire continuel; regard fixe; persistance do la douleur épigastrique; le pouls est petit, misérable.
12 avril. — Le délire ne cesse point, elle est mourante. Morte ce même jour à six heures du soir.
Autopsie le 14 avril, à huit heures du matin. j — Pas de traces de péritonite.
La surface des intestins présente des arborisations vasculaires multipliées.
Estomac volumineux ; à l'intérieur, il présente une coloration normale et l'on ne peut constater aucune lésion appréciable par la palpation. Sa cavité ne contient pas d'aliments. Au niveau de la petite courbure, la muqueuse présente une teinte pâle; au niveau du grand cul-de-sac et de la grande courbure, la muqueuse est rouge, pointillée, parcourue par des arborisations vasculaires. Elle est ramollie, se détache avec facilité; elle est très-mince, sur certains points, on dirait même qu'elle a disparu. Le pylore ne présente pas autre chose qu'un amincissement considérable de sa muqueuse. Cardia normal.
OEsophage normal.
Intestins sans altérations.
Le foie paraît sain. La vésicule biliaire contient de nombreux calculs.
Le bassin est petit, il ne mesure que 9 centimètres et demi.
Utérus rétracté. Le tissu utérin pressé entre les doigts se brise avec une extrême facilité, il est d'un gris pâle et comme granulé, ne ressemblant en rien à du tissu utérin normal de cette période consécutive à l'accouchement» Évidemment ce tissu n'est pas sain.
Les poumons contiennent de nombreux tubercule?.
M. P. Dubois (1), chez la malade de M. Guérin morte de fièvre puerpérale, a trouvé dans l'estomac une de ces destructions gangréneuses que l'on observe parfois à la suite des affections puerpérales mortelles; et, àlamême époque, il constatait une lésion semblable chez une femme morte à la Clinique d'une fièvre puerpérale épidémique.
Chez la malade qui succomba dans le service de M. Trousseau, et qui fait le sujet de notre observation IX, M. le professeur Depaul trouva une lésion ainsi décrite par M. Blot, dans la thèse de M. Fabre (2) : la région pylorique tout entière , dans une
fl) p. Dubois, Union médicale, 1852.
12) Fabre, Thèse. Paris, 1836.
étendue de deux travers de doigt, était notablement épaissie, indurée, comme squirrheuse. L'épaississement allait en diminuant de la région pylorique à la région cardiaque. De plus, deux ou trois ganglions lymphatiques situés à la petite courbure de l'estomac étaient tuméfiés et indurés. Au microscope, MM.Blotet Cil. Robin trouvèrent du tissu fibro-plastique à cellules très-allongées, et une hypertrophie des éléments normaux sans aucune cellule cancéreuse.
M. Schnellbacli, dans sa thèse, rapporte l'observation de Françoise Meyer qui eut, à sa troisième grossesse, des vomissements incoercibles. Ceux-ci se terminèrent par l'accouchement prématuré d'une fille qui vécut ; mais les vomissements persistèrent quoiqua des intervalles plus rares. Redevenue enceinte quatre ans plus tard, elle vit les vomissements devenir de nouveau incoercibles; elle avorta spontanément vers le septième mois, mais elle mourut six semaines après, d'épuisement augmenté par une diarrhée colliquative. A l'autopsie on trouva de petites cavernes au sommet des deux poumons ; l'estomac était le siège d'une tumeur bosselée, de la grosseur d'un œuf de poule, cette tumeur obstruait presque complètement la région pylorique, et son sommet qui était libre commençait à s'ulcérer. Le microscope y rencontra des éléments fîbro -plastiques sans cellules cancéreuses. Tout le reste du tube digestif était cbroniquement enflammé et ses tuniques épaissies surtout à la partie inférieure, mais il n'y avait point d'ulcérations.
Les ganglions lymphatiques ont présenté plusieurs fois des altérations. Sandras (1) a trouvé ceux du mésentère, et M. Blot ceux de la petite courbure de l'estomac, tuméfiés, indurés et hypertrophiés.
Dans l'appareil biliaire, Chomel a trouvé une dégénérescence graisseuse du toie chez la malade morte dans son service, et dans l'observation de M. Taurin, il existait, comme le fait avait déjà été rencontré, un grand nombre de calculs dans la vésicule biliaire.
La malade de M. Vigla a succonnbé à unephthisie pulmonaire
(1) Sandras, Gaz. des hôpitaux, 1853.
bien caractérisée, et dans plusieurs autopsies on trouve également mentionnée l'existence de tubercules pulmonaires.
Enfin Lobstien a signalé, dans un cas, une vive rougeur des ganglions semi-lunaires du plexus solaire, et MM. NonatetSandras (1) une sutîusion sanguine des méninges.
En définitive, quelle est la valeur qu'il faut accorder à ces diverses lésions? Quelle inlluence ont-elles pu exercer sur la maladie ? Il est vraisemblable, surtout quand on se rappelle que souvent les autopsies de ce genre sont négatives, que la plupart d'entre elles n'ont qu'une valeur très- second aire. Toutefois, il convient, je crois, de tenir compte surtout de celles qui ont été rencontrées dans l'appareil utérin et dans l'estomac ou son voisinage. Car, ainsi que nous le dirons à propos des causes, telle lésion qui, en elle-même et dans les circonstances ordinaires, ne produirait qu'un trouble insignifiant dans les fonctions peut, sous l'influence de la grossesse et des modifications profondes que celle-ci détermine dans l'organisme, retentir de la façon la plus fâcheuse sur la santé de la femme.