‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 10 sur 88 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l'existence d'une race anglo-saxonne et d'une race latine, ni même celle d'une race sémitique, d'une race juive ou d'une race aryenne.

Dans la Petite République du 14 octobre 1903 j'établissais d'après Renan, dont l'autorité en cette matière défie toute controverse, que les juife actuels ne sont pas des sémites purs. Je citais notamment le passage suivant du grand exégète :

Il y a dans l'ensemble de la population juive, telle quelle existe de nos jours, un apport considérable de sang non sémitique; si bien que cette race qu'on considère comme l'idéal de l'ethnos pur se conservant à travers les siècles par l'interdiction des mariages mixtes, a été fortement pénétrée d'infusions étrangères.

Et après cette citation j'ajoutais :

Ailleurs Renan établit que le type qui, de nos jours, caractérise les Juifs, est acquis, et qu'il suffirait de « déporter dans une île déserte des milliers de personnes prises au hasard » pour qu'au bout de quelques siècles cette population se trouvât physiquement marquée de certains signes distinctifs.

Ainsi, nous devons renoncer à envisager même les juifs comme une race au sens scientifique du mot. Ils sont le produit d'une fusion qui, par les mariages d'abord^ puis par une vie et une éducation religieuse communes, s'est opérée entre les

sémites de Jérusalem — eux-mêmes probablement déjà fort mêlés — et les Aryiens de la Méditerranée : Romains ou Grecs de THellade.

Or, si nous sommes amenés à refuser aux juifs le caractère d'une race, c'est-à-dire d'un ethnos fixe et irréductible, comment pourrions-nous l'accorder aux Latins, aux Saxons, aux Germains, aux Slaves, alors que les divers peuples classés sous ces rubriques présentent infiniment moins de signes distinctifs que les Juifs (i) ?

(i) Nous croyons utile de reproduire ici une belle lettre d'Elysée Reclus, sur les «r Races », à propos d'un article publié par nous sur ce sujet.

L'Européen du i6 janvier 1^4. — 4* année. — N** ). Lettre d*Elysée Reclus a Naquet, a propos

DE SON article « LES RaCES ».

Bruxelles, 11 janvier 1904.

Mon cher ami

Puisque vous m'avez autorisé à vous faire part des observations qu'éveillent en moi vos livres et vos articles, permettez-moi de vous dire un mot au sujet de vos deux pages, relatives aux races, qui ont paru dans L'Européen du 9 janvier. 11 va sans dire que vous avez mille et mille fois raison sur le fond de votre thèse.

Relativement aux juifs, vous auriez pu aussi ajouter des faits, et des faits indiscutables pour corroborer vos arguments.

Ainsi donc, vous avez raison sur toute la ligne, et c'est précisément parce que vous avez raison que je vous signale comme devant être supprimé dans une édition future du livre, l'avant dernier paragraphe, dont le texte suit :

ff Les Peaux rouges et les Malais s'éteignent lentement et cesseront bientôt de figurer au nombre des inconnues de problème ».

Il y aurait d'abord une forte réserve à faire sur le compte des

Page 1