‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 29 sur 88 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Quoiqu'il en soit, d'ailleurs, des considérations q"U.i précèdent, et qu'il faille y voir un signe de progrès ou de rétrogradation, un point reste acquis 2-11 débat : l'armée de terre française est moins forte 9."^^ l'armée allemande, et la marine française est mférieure à celle de la Grande-Bretagne.

Profitons de ce point admis de part et d'autre pour en faire une base de discussion.

Lorsqu'un pays entretient des forces militaires ruineuses, c'est généralement qu'il entend en user, sc>it activement, soit passivement et comme moyen comminatoire, pour jouer un rôle de première grandeur dans le concert des puissances. Il est alors fatalement conduit aux ententes, aux alliances internationales ; et de quelque côté que se nouent ^^s ententes, que s'établissent ces alliances, il ris- 9^e d'être entraîné dans des conflits.

Si nous avions rehoncé, depuis 1870, à toute SU erre de revanche continentale et à toute entre- Pi'ise de conquête coloniale, nous ne serions pas ^c^mbés dans le piège de Bismark, qui nous poussa ^ Tunis pour nous brouiller avec l'Italie. Nous ^ ^.lirions pas fait cette expédition dont nous sommes encore à rechercher les avantages, mais dont ^^s suites fâcheuses éclatent à tous les yeux : le ^aité de Bardo a eu pour conséquence la formation ^^ latriplice, a déterminé entre deux nations sœurs

un malentendu qui a duré vingt ans et nous a valu la désastreuse alliance russe, qui n'^aurait jamais eu l'occasion de se constituer, si la triplice à laquelle elle fut une réponse n'avait pas existé.

Non seulement nous n'aurions pas conquis la Tunisie, mais nous ne serions pas allés nous engrener dans l'aventure de Fashoda, qui nous mit à deux doigts de la guerre avec le royaume uni ; nous ne nous trouverions pas en ce moment au Maroc, à guerroyer, au profit exclusif de quelques financiers, contre les Maures, qui ont, d'ailleurs, le beau rôle, puisqu'ils défendent leur indépendance ; enfin, nous n'aurions pas eu, il y a deux ans, à trembler pour tout ce qui nous est cher, à la pensée qu'une guerre franco-allemande était peut-être imminente.

L'armée, que l'on entretient à grands frais sous prétexte de défense, doit donc être envisagée plutôt comme une menace perpétuelle pour la paix ; et s'il est avéré, d'autre part, qu'elle est trop faible pour nous protéger efficacement — point sur lequel, ne l'oublions pas, les nationalistes sont d'accord avec nous et vont même plus loin que nous, — cette menace n'est balancée par aucun avantage compensateur.

Je ne vais pas aussi loin, je viens de le dire, que les nationalistes. Je n'admets pas qu'au cas d'une

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