CHAPITRE TROISIÈME
Qjue rAUemagne désarmât demain et employât à des œuvres sociales les immenses ressources aujoard'hui inutilement gaspillées, le parti radical et le parti socialiste français, sous peine de se voir abandonnés de leur corps électoral, seraient obligés ûe réclamer immédiatement la suppression des budgets dits de défense nationale. A supposer une résistance du gouvernement, ils obtiendraient, au Pi'eniier renouvellement des Chambres, des majorités prodigieuses, si même la révolution n'avait pa^ fait son œuvre auparavant. La crainte, qui est ^ l'heure présente le véritable ciment de l'édifice militaire, ayant disparu^ rien ne pourrait désor- ^3.15 décider nos populations à se soumettre au plias lourd des impôts et à marcher contre une ^^tion dont les sentiments pacifiques ne pourraient plias faire doute.
It de même, si la France désarmait la première, '^ gouvernement allemand serait pris à son propre Pi^e. Il n'entraînerait plus aucun sujet de l'empire sur les champs de bataille contre un peuple ^ont il n'aurait plus rien à redouter. Il se produi- ^^ît en faveur du désarmement et contre la guerre ^11 courant d'opinion tel que, quelque puissant S^ll fût, le kaiser et les hobereaux impérialistes ^^ le surmonteraient pas. Pas plus que les Francis, les Allemands ne sont des mercenaires. Ils ne
consentent à servir, ils ne se plient à la terribles discipline prussienne que parce qu'ils la croien^ indispensable à leur sécurité. Otons-leur cette idi
— et notre désarmement, n'en laisserait pas tracn-
— ils ne s'y plieront plus.
Pour que Guillaume II pût entraîner contre
France républicaine désarmée les populations q^xnî vivent sous sa loi, il faudrait que brusquemen.T, dès la première heure, sans attendre, sans donner à ses sujets le temps de réfléchir et de se reconnaître, il se précipitât sur nous, répondant du trac au tac au désarmement par l'ouverture des hostilités.
S'il laissait s'écouler seulement six mois, il serait trop tard pour lui. L'effet serait produit. A vouloir forcer son peuple à marcher, il déchaînerait une résistance passive d'abord, active ensuite, qui 1^ précipiterait du pouvoir.
Or, s'il répondait à notre initiative fraternelle c^ humanitaire par la guerre dès le premier jour» nous rentrerions dans notre première hypothèse. Il est probable alors, — tant les conditions seraient mauvaises pour Tagresseur, — que nous ohxietxdrions la victoire, qu'il payerait de sa couronr^^ son audace coupable, et qu'un pas immense ser^"*^ fait vers la fédération européenne et le socialisrri^*
Loin d'accroître les dangers dont nous somm^^