CHAPITRE QUATRIÈME
Tespnt de sacrifice. De quelle nature est le sacrifice peu importe; cela dépend des circonstances,
du moment.
En 1789 il fallait faire la Révolution. La liberté
du monde le voulait. Mais les dangers étaient si grands que ces mots furent prononcés : « la ! France n'est plus qu'une expression géographique » , mots auxquels Mirabeau répondit magnifiquement que ce point géographique était un volcan. La France ne s'arrêta pas à contempler le péril. Elle combattit, elle sortit victorieuse de la lutte et elle fit progresser la civilisation de plusieurs siècles.
Aujourd'hui une autre initiative s'impose à elle qui lui fera peut-être aussi courir des aléas dangereux. Si elle se résout à la prendre, il peut se faire que la situation se dénoue par la guerre. Dans ce cas, et si les rois nous attaquent au lendemain même du désarmement, pendant que nos moyens de défense seront encore intacts, les conditions seront analogues à celles de l'an IL
Mais il est également possible, quoique infiniment improbable, qu'une attaque vienne plus ^i et que nous succombions sans pouvoir, alors Qous défendre. Ce sera identique à ce qui aurait fté dans l'hypothèse où, vainqueur à Valmy, Brunswick aurait mis à exécution sa menace de subversion totale de Paris. Nous serions morts
dans une apothéose comme nous mourrions dans une apothéose demain si les craintes manifestées par les défenseurs du système actuel se réalisaient. Cette apothéose, Clemenceau se refuse à la voir :
Seulement je ne sais pas où serait la gloire selon le point de vue de Naquet puisqu'il ne s'agit plus du sacrifice volontaire d'un peuple « en holocauste au genre humain » et que Naquet, après nous avoir privés de tous nos moyens de défense, s'engage à prêcher la guerre à outrance siGuillaumelI ose nous attaquer désarmés.
Des peuples écrasés après s'être défendus, cela se voit tous les jours. Naquet ne nous propose rien dans tout cet emberlificotage, que de nous défendre comme les autres après nous être privés de tous les moyens de le faire.
Vaut-il vraiment la peine de me répéter encore pour répondre à cette dernière boutade ?
Après avoir décrété le désarmement, nous sommes attaqués avant que nos moyens de défense aient disparu. Nous nous défendons et nous sommes vaincus dans la lutte ;
Ou bien nous sommes attaqués plus tard, lorsque nos éléments de défense n'existant plus nous sommes privés de la faculté de nous battre, et nous succombons sans avoir lutté. Dans les deux