‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 48 sur 88 · CHAPITRE CmaUlÈME IO · texte numérisé non relu

CHAPITRE CmaUlÈME IO

^^ Suppression des armées et des douanes, et par ^oîe de conséquence, la création de conditions favorables au triomphe des idées socialistes, soit que ces idées se développent pacifiquement, soit qu'elles résultent d'un bouleversement violent.

]Mais tant que la propagande en faveur des États- Unis d'Europe par le dépècement des patries ^otuelles et la fédération des morceaux n'aura pas abouti, je considère les patries comme un fait dont il ne nous est pas possible de nous désintéresser. Ainsi que je l'ai dit plus haut elles forment ^13 ensemble constitué par la langue, les mœurs, l^s habitudes, les préjugés mêmes. Et cela cons- ^tue un terrain d'évolution spécial à chaque peuple, ^^rrain en dehors duquel il évoluerait difficile- '^ent. Il suffit de suivre l'histoire de la France et ^^ l'Angleterre pour reconnaître que la voie suivie P^r les Anglais et les Français a été différente ; et il ^t fort possible que l'un des deux peuples se fût ^l'êté dans son développement si, il y a un siècle ^^ deux, alors que la nation était déjà formée, ^^^ avait essayé de l'obliger par la force à aban- ^^^nner son terrain propre et à se placer sur celui *^ l'autre.

Ceci ne porte pas contre l'élargissement des ï^^tries, ainsi que des esprits superficiels pour- ^^ient le croire. Lorsque diverses petites patries

s'unissent en une grande, il se produit entre elles une espèce de combinaison qui détermine un esprit moyen, grâce auquel les parties arriérées sont entraînées par les parties avancées.

Et, chose étrange en apparence! et contraire semble-t-il aux lois de la mécanique : à entraîner ce poids mort, surérogatoire, les parties avancées ne perdent rien de leur vitesse. L'union, en eflFet, en empêchant les guerres entre les éléments dont elle se compose et les frottements qui en résultent, supprime un autre poids mort infiniment supérieur à celui qu'il s'agit maintenant de remorquer. La Bretagne a beaucoup gagné à être française et la Bourgogne n'a rien perdu à ce qu'elle le fût.

De même si demain les États unis d'Europe se constituaient, la Russie à demi asiatique et l'Allemagne féodale gagneraient beaucoup à être réunies à la France et à l'Angleterre dans une même unité; et loin d'y perdre, la France et l'Angleterre y gagneraient également.

Mais aussi longtemps que cette union n'est pas faite, et faite par la voie de la liberté fédérative, les groupes nationaux actuels qui méritent le nom de patries, c'est-à-dire ceux dont la forme politique permet un développement normal, ceux surtout qui sont parvenus à la forme républicaine, doivent être défendus contre toute violence

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