CHAPITRE CmaUlÈME II
sovivent besoin d'une impulsion primordiale pour écrlater — c'est à ce phénomène que répond la ci^Mque dans les théâtres. Pour imprimer aux masses c^tte impulsion utile il est bon d'être encadré, et ^e jour où le désarmement chez nous serait chose £a.ite, Thervéisme, qui aurait alors des bases solides d.e l'autre côté des Vosges, en apportant aux AUelïiands des cadres excellents pour combattre le ii^iilitarisme, deviendrait notre sauvegarde à nous. Malheureusement nous n'en sommes pas là.
A^ncune compagnie d'assurances ne nous garantit dix années de paix ininterrompue, et les citoyens allemands et autres ne nous garantissent pas davan- '^ge une intensité de propagande égale à celle de M. Hervé et de ses amis. D'autre part, h France repousse l'idée d'un désarmement unilatéral ; et si ^Be guerre éclatait dans une période trop rapprochée pour avoir permis à l'antimilitarîsme d'accomplir son œuvre, il serait à craindre que le directeur de la « Guerre sociale » n'eût, selon ^ ^pression de Vandervelde, « travaillé pour le ^oi de Prusse ».
Cette crainte que j'exprime ne répond peut-être P*s aux contingences de l'avenir. Il est fort pos- ^ible que dix années de paix nous soient réservées, ^^ c'est même ma ferme espérance. Il est égale- '^^nt possible que, malgré la répression, qui n'est
certes pas supérieure en Âllenutgne à ce qu'elle est en France, malgré les eflForts de certains sozialdémocrats, malgré surtout la nature de Tesprit allemand par trop plié à la discipline matérielle quoiqu'affranchi de tout joug intellectuel, les sujets de Guillaume finissent par se mettre à Tunisson avec les hervéistes français.
Cette perspective demeure toutefois une simple hypothèse. La perspective opposée peut tout aussi bien se réaliser dans les faits ; et si même il était démontré que cette dernière — celle d'une guerre prochaine dans laquelle tous les Allemands marcheraient — fût infiniment moins probable que Tautre, il me suflirait qu'elle ne fût pas irréalisable pour m'empêcher de me placer sur le terrain où se place la « Guerre sociale ».
C'est qu'en dehors même des différences de conception qui les caractérise, et quoiqu'Hervé et moi tendions au même but finale il existe, entre la politique qu'il défend et celle que je préconise, des différences fondamentales.
Moi, je ne cherche pas à désorganiser l'armée; et tout en approuvant qu'on lui insuflle un germe de désobéissance en prévision des luttes intérieures^ je veux, aussi longtemps qu'elle existe, la maintenir forte contre l'étranger. Je m'efforce seulement de convaincre la France que, dans le doublft