‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 52 sur 88 · CHAPITRE CINQUIÈME II · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME II

intérêt de sa sécurité, de sa gloire, et de l'intérêt

général humain, elle doit la licencier.

Dès lors, et jusqu'au moment où le grand acte du désarmement aura été accompli, soit par une înajorité législative, soit par une révolution, la situation demeure ce qu'elle est aujourd'hui. Les périls inhérents à la paix armée persistent, mais il ne s'y adjoint aucun danger nouveau. Le jour où j-'aurai convaincu la nation, le jour où la France se sera enfin déterminée à supprimer le budget de la guerre et à lui substituer un budget de solidarité sociale, ce jour-là les dangers actuels auront disparu, et s'il s'en est produit de nouveaux, la situation dans laquelle nous nouis trouvons à cette I^eure n'en sera pas aggravée. Elle sera même prowblement améliorée, ces périls nouveaux étant inférieurs à ceux qu'ils auront remplacés.

Tout autres seraient les conséquences de la politique de M. Hervé. M. Hervé ne propose pas ûe supprimer l'armée en la conservant intacte et forte jusqu'au jour de sa suppression. Il la laisse subsister, et il se borne à la miner en engageant les soldats à tourner, en cas de guerre, leurs armes contre leurs chefs pour accomplir la révolution

sociale devant l'ennemi.

Il suflSt que la même propagande ne s'opère pas

avec une vitesse égale dans l'armée allemande pour

Il6 LE DÉSARMEMENT

que la différence de force entre les deux armé^^ s'accroisse chaque jour au profit de nos ennemi Le gouvernement allemand pourrait fort bie dans ce cas, profiter d'une telle rupture d*équilibrr^^ pour écraser la France et avec elle la révolutioi»- •

Je sais que cette éventualité n'est pas poi»^ effrayer M. Hervé. Il ne trouve pas l'Etat français supérieur à l'Etat allemand ; et il croit qu'en pr&^ sence d'un envahisseur victorieux, il aurait le tem£>^ de faire la révolution à Tintérieur, d'instaurer a nouveau régime, d'en organiser la défense.

Cette conception me paraît un anachronisme.

Elle pouvait être pratique au dix-huitième si cle, lorsqu'il n'existait ni téléphones, ni télégraphes, ni chemins de fer. La croire applicable aujourd'hui, c'est ne tenir compte d'aucun de ces éléments nouveaux. Il faudrait certes plus de huit jours pour accomplir, je ne dis pas un changement de forme politique, mais une révolution sociale; et celle-ci accomplie, il faudrait des mois pour grouper contre l'envahisseur des citoyens profon- i dément divisés entre eux. j

C'est du moins de la sorte que les choses m'apparaissent. Peut-être est-ce un effet de la pussillanimité souvent inhérente à l'âge ? S'il en est ainsi, mes amis me le pardonneront. Lorsqu'on a assisté au Deux Décembre 185 1 et à la terrible répres-

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