‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 56 sur 88 · CHAPITRE PREMIER I · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER I

tèbrmes sociales fécondes, le peuple français pourrait, sans cesser d*être digne, tendre une main fraternelle au peuple allemand. Il ne s'inclinerait pas devant une usurpation, il se placerait dans un ordre de choses nouveau qui n'aurait plus rien à connaître de l'ancien. Mais aussi longtemps qu'il suit la vieille ornière, qu'il demeure dans le concert des puissances pour y accomplir la même besogne que les autres, il peut bien vivre en paix avec l'Allemagne, voire même il le doit, mais il ne peut pas s'allier au gouvernement allemand. Ce serait une abdication.

Une alliance digne suppose sinon une égalité <*« forces entre les alliés, du moins une situation ^^lative telle qu'aucun d'eux ne puisse jouer vis-à- ^'*s de l'autre ou des autres un rôle prépondérant, Sinon elle prend le caractère d'un protectorat.

Or, après nos désastres de 1870, alors que 1* Usurpation alors perpétrée n'a pas été ou effacée P^r un nouvel état de choses ou réparée, c'est une ^^îUation de « parent pauvre » qui incomberait à '^ république française si elle mettait diplomatiquement son seing à côté de celui du kaiser alleinand.

Nous aurions un rôle subordonné comme celui "^ l'Autriche; notre indépendance né serait plus entière.

Certes ! cette subordination de la France faciliterait celle des autres nations continentales et préparerait peut-être une unification impériale de l'Europe.

Mais il ne Éiut pas se payer de mots. Il y a unification et unification, et celle qui s'accomplirait sous la forme impériale cesserait d'être avantageuse et ne présenterait plus que des inconvénients.

Les formes politiques ne sont que des instruments. D'autant plus utiles que plus puissantes lorsqu'elles sont orientées vers l'avenir, elles deviennent au contraire, lorsqu'elles sont aiguillées vers le passé, d'autant plus funestes que leur puissance et leur rayonnement sont plus grands.

Une Europe unie est plus puissante qu'une masse de nations dont les actions s'annulent. Elle sera donc supérieure ou inférieure à l'état actuel selon qu'elle sera organisée en vue du progrès ou de la réaction.

Or, si une Europe fédérée républicaine, qui mettrait en mouvement toutes les libres initiatives €n faisant disparaître les frottements d'aujourd'hui, peut être considérée comme un admirable outil d'évolution sociale, une Europe impériale qui étoufierait les initiatives,, détruirait les libertés, concentrerait toutes les volontés dans les volontés

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