CHAPITRE TROISIÈME I4I
\ine race essentiellement mêlée, n'en demeurent pas moins très anglais de langue et de sentiment. L'Australie, l'Afrique du Sud, l'Inde, l'Egypte t\ sont anglaises. De tous les peuples de l'Europe, avec sa flotte immense, l'étendue de ses relations, et sa situation acquise, le peuple anglais est certainement celui qui a le moins à se préoccuper de chercher des débouchés. Il les a; on n'est pas près de les lui enlever; et le jour où il serait sérieusement menacé de ce côté, il n'aurait qu'à adopter le système de Chamberlain^ à protéger ses marchés coloniaux pour n'avoir plus aucune crainte.
L'Allemagne, au contraire, est une nouvelle
venue parmi les nations. Lorsqu'elle est née, au
point de vue de la colonisation, les places étaient
prises. Elle a d'ailleurs l'activité de la jeunesse et
ûena point encore complètement perdu la proli-
ficité^ quoique sous ce rapport ses grandes villes
commencent à emboîter sérieusement le pas aux
nations vieillies. Elle tend à se créer une place
'^OTs de ses frontières continentales^ à prendre sa
part du gâteau colonial; ec ne pouvant y parvenir
9^ au dépens des nations qui l'ont précédée, elle
^^ tentée de demander au sort des batailles les
^^Douchés que la lutte économique ne lui appor-
^^^a que plus diflîcilement et plus lentement.
Comme il est de règle universelle que peuple et individus sont moins entreprenants, moins ardents lorsqu'il s'agit pour eux de conserver ce qu'ils détiennent que lorsqu'ils désirent conquérir ce qu'ils ne possèdent pas encore, il est conforme à la loi naturelle qu'elle soit plus turbulente, plus guerrière, plus portée que la Grande-Bretagne à donner la parole à l'épée.
Il convient d'ajouter que^ malgré sa fornxe monarchique et aristocratique, l'Angleterre possède un gouvernement d'opinion, alors que l'Allemagne disciplinée à un tel point que les socisilistes eux-mâmes y font le salut militaire, est infiniment plus apte à subir d'une manière passive la volonté de ses gouvernants.
Si le roi Edouard voulait la guerre et que 1^^ Communes ne la voulussent pas, la guerre n'aurait pas lieu; si même les communes la voulaient mais que sur ce point elles fussent en désaccord avec le pays et que la masse du peuple y fC^^ opposée, elle serait bien diflScile. En Allemagne ^^ suflSrait de la volonté bien arrêtée de l'EmpereC*-^ et de sa Camarilla pour que la population s^ '^ pliât quoique à contre-cœur.
Enfin les grands ploutocrates ayant plus facile ment accès auprès des empereurs et des roi* qu'auprès des gouvernements populaires, il let