‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 64 sur 88 · CHAPITRE TROISIÈME I · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME I

serait plus aisé d'amener à leurs vues l'empereur allemand que la Chambre des communes ; et celleci pèse d*un tout autre poids sur les destinées de l'Angleterre que le Reichstag sur celles de l'Empire germanique.

En outre^ l'Angleterre ne pouvant pas plus envoyer ses navires jeter l'ancre sur les places de Berlin que l'Allemagne ne peut transporter à la nage, à travers la Mer du Nord et la Manche, ses Éantassins et ses cavaliers à Trafalgar square, les deux nations, en eussent-elles Tune et Tautre le plus violent prurit, ne peuvent guère se mesurer toutes seules. Il faut à l'Angleterre un appui sur terre et à l'Allemagne un appui sur mer.

Cet appui, elles ne peuvent l'attendre que de la Russie, de l'Italie ou de la France. Je ne parle pas de l'Autriche qui est d'ores et déjà dans l'orbe de l'Allemagne, qui fait corps avec elle, mais qui ne suflSt pas à lui assurer la force maritime dont elle aurait besoin pour se heurter à sa puissante rivale.

Depuis la guerre russo-japonaise, la Russie est devenue un élément absolument négligeable, et cela pour longtemps encore, dans les calculs de la politique internationale.

L'Italie, par ses accords d'un côté avec le royaume uni et avec la France, par le maintien de la tri-

plice de l'autre, montre bien sa ferme intention de se parer contre toute éventualité, et de demeurer en même temps étrangère à tous les conflits européens.

Reste la France.

En répondant résolument par la négative à toute proposition de guerre, d'où qu'elle émane, notre pays est donc en mesure d'assurer la conservation de la paix ; et cette réponse résolument négative, il lui serait d'autant plus facile de l'opposer à celui d'où viendraient les ouvertures que ce dernier serait le gouvernement anglais. De ce côté, en effet, la proposition ne saurait s'accompagner d'aucune menace, d'aucune coercition, et nous n'aurions pas à redouter la mise en demeure qui^ s'il fallait en croire les nationalistes anglophobes, devrait dans le cas contraire nous venir de l'Allemagne.

Avec l'alliance anglaise la France tient donc dans ses mains la paix de l'Europe ; avec l'alliance allemande elle est dans une certaine mesure à la merci du Kaiser.

Les adversaires de l'entente cordiale affirment que, concurrencé sur tous les points du globe par le commerce allemand, le commerce anglais attrait un intérêt primordial à anéantir les marines militaires et commerciales de l'Allemagne, dont

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