‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 65 sur 88 · CHAPITRE TROISIÈME I · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME I

lessor se trouverait ainsi entravé pour un demisiècle.

Il y a un élément de vérité dans cette assertion ; ttiais une telle entreprise n'est pas sans péril. Les guerres victorieuses elles-mêmes entraînent d*incotnmensurables ruines, et le commerce anglais ^s^ trop bon calculateur pour ne pas reculer devant ***xe telle aventure. D'ailleurs celle-ci ne pourrait 5^ réaliser qu'avec notre aide, et notre aide lui feirait défaut, à moins que l'attaque ne vînt de Berlin ce qui sort de notre hypothèse.

Et puis ! L'Allemagne écartée^ la Grande Bre-

e verrait surgir d'autres concurrents d'autant

us redoutables qu'elle se serait épuisée dans la

lvi.tte et qu'ils se seraient réservés : les Etats-Unis

^t: le Japon aujourd'hui, l'Argentine demain. Ce

ferait le cas d'appliquer le proverbe latin : uno

^xmlso non déficit alter. Les sacrifices seraient faits

^n pure perte, le mal ne serait que déplacé. En

faisant la guerre à l'Allemagne, l'Angleterre tra-

'^aillerait sinon pour le roi de Prusse, du moins

pour le Mikado. Elle est bien trop avisée pour

^r avec une pareille inconscience de ses vrais

^litérèts. On peut se tromper sur les résultats d'une

agression contre le Transvaal, on ne se trompe

pas sur les conséquences d'un corps à corps avec

* Allemagne.

Une autre remarque encore s'impose.

Si la France est Talliée de l'Angleterre, celle-ci absolument assurée de sa supériorité maritime n'a plus aucun intérêt politique à feire naître un conflit, et l'Allemagne n'en a plus la possibilité : la force lui fiait défaut. Si, en effet, l'Angleterre n'a pas tout à gagner à la destruction de la puissance militaire allemande, l'Allemagne mi-capitaliste^ mi-féodale a tout à y perdre, et elle ne saurait aller^ sauf le cas de folie, au devant d'un désastre pareil.

Mais si, par contre, dans une Europe où toutes les forces antagonistes ne seraient pas savamment compensées par des ententes et des alliances, la France est l'alliée exclusive de la Russie, c'est-àdire ne l'oublions pas, l'alliée indirecte de l'Allemagne contre l'Angleterre, l'Angleterre acquiert aussitôt un intérêt de premier ordre à brusquer les choses pour ne pas donner aux flottes combinées des trois nations continentales le temps de s'accroître et de surpasser la sienne. L'Allemagne, de son côté, se sent en mesure de tenter la chance des armes, et les conditions deviennent favorables à une collision générale.

Enfin, assurées de notre double concours militaire et financier, la Russie et l'Allemagne se laisseraient peut-être entraîner dans quelque entreprise guerrière purement dynastique.

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