‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 76 sur 88 · CHAPITRE CINaUlÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINaUlÈME

aucun contrepoids, nous subirons leur influence réactionnaire. x\u mouvement de recul produit par toute guerre viendra s'ajouter pour nous celui }ui résultera de la combinaison internationale lans laquelle nous serons engagés. Nous perdrons sans doute jusqu'à la forme républicaine, à moins lue la République ne donne à ses puissants alliés àe tels gages, qu'elle cesse d'être supérieure à la monarchie. Le progrès humain, dont la France demeure l'un des puissants facteurs sur la planète, se trouvera retardé pour des siècles peut-être.

Et, chose singulière en apparence ! la situation ^e se modifierait pas grandement à notre avantage sî la fortune des armes favorisait la coalition continentale dont nous ferions partie.

*Nous supposons ici le cas où, avant l'arrivée des Jaunes, la flotte anglaise serait coulée par les escadres réunies de la France, de l'Allemagne, de la Russie, voire même peut-être de lltalie, si — ce qui est ^vraisemblable, mais à la rigueur possible — la Monarchie italienne s'unissait aux ennemis de la Grande-Bretagne. Maîtres de la mer, les alliés ^^vahissent le royaume uni. Les armées alleman- ^^s, russes, françaises foulent le sol de TAngle- •^rre, de l'Ecosse et de l'Irlande. Celle-ci s'aflFranchit '^ forme un royaume catholique indépendant. Les ^lonies anglaises deviennent la proie du vain-

queur. L'Angleterre et l'Ecosse, soumises à une gigantesque indemnité de guerre, sont à tout jamais ruinées. La puissance de la Grande-Bretagne, comme jadis celle de Carthage, n'est plus qu'un souvenir.

Quel va être le sort de la France victorieuse ?

Economiquement, elle aura perdu son meilleur, presque son seul grand client ; et ses alliés présumés étant passionnément protectionnistes, ce n'est pas eux qui le remplaceront. Réduits à notre commerce intérieur, et au commerce de nos colonies accrues peut-être de quelques colonies britanniques que nous aurons pu annexer et dont nous ne saurons que faire, nous cesserons d'être la nation riche que nous sommes aujourd'hui. Du rang industriel, commercial et financier que nous occupons encore à cette heure, nous descendrons à un rang tout à fait secondaire et effacé.

Du côté moral, notre abaissement sera pire encore. Economiquement, riches ou pauvres nous continuerons à vivre de notre vie propre. Moralement, nous aurons cessé d'exister.

Noyés dans une confédération européenne monarchique et cléricale, trop petits pour conserver notre individualité à côté de nos puissants amis, nous ne pourrons plus jouir d'une véritable indépendance. Nous ne serons plus nous-mêmes ; nos

Page 1