‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 78 sur 88 · CHAPITRE CmaUlÈME X · texte numérisé non relu

CHAPITRE CmaUlÈME X

Elle n'aurait pas de forces militaires suffisantes pour nous imposer sa volonté, et les vaincus continentaux^ si nous étions menacés par elle, seraient trop heureux pour prendre leur revanche, de se coaliser avec leur ancien adversaire.

Dans notre hypothèse, l'Angleterre nous laisse donc indépendants et libres chez nous. Mais Guillaume n est infailliblement précipité de son trône. Une république largement aiguillée vers le socialisme est proclamée en Allemagne. Le tsarisme s*écroule enfin, faisant place à une Russie régénérée et révolutionnaire.

Et au milieu de ces nations en effervescence, la

France, la grande aînée, reprend la place que 1789

et 1793 ^^^ avaient assignée à l'avant-garde de la

Révolution mondiale. Plus ancienne, et par cela

même plus expérimentée dans la lutte, elle guide

nioralement les nouveaux venus au grand combat.

Le chauvinisme vaincu chez elle par la puissance

de l'idée Test aussi dans les autres pays par les

conditions nouvelles où se trouve le reste de

' Europe. Les Etats-Unis d'Europe cessent d'être

^ne chimère, un rêve creux : ils deviennent une

^^slité glorieuse, et ils enfantent la société collec-

^viste aujourd'hui, communiste demain, qui

* aperçoit au feîte des destinées humaines.

Certainement il est préférable qu'aucune guerre

n'ait lieu, que l'antimilitarisme, sous quelque forme qu'il se manifeste, enlève graduellement aux gouvernements bourgeois la force dont ils disposent, que la révolution se fasse d'elle-même au sein de chaque nation sous la poussée des causes économiques, qu'enfin la fédération européenne et Téclosion de la république sociale soient les résultats d'une évolution régulière que le bruit des batailles n'aura pas troublée.

Mais si, en dépit de nos désirs et des efforts du prolétariat, les armées devaient une fois de plus sillonner les champs de l'Europe et de l'Asie, la victoire d'une coalition anglo-française serait encore de beaucoup la solution la plus désirable. Avec elle les maux de la guerre seraient les plus atténués ; la France conserverait en même temps que sa situation économique, le rôle bienfaisant qu'elle exerce dans le monde, et le mouvement de rénovation qui emporte toutes les nations du globe se trouverait à peine retardé.

En résumé :

i*' L'entente cordiale avec l'Angleterre apporte le maximum de chances à la conservation de la paix;

2° Au cas où la guerre éclaterait, elle assure à la France les plus grandes probabilités de victoire ou, pour éviter tout optimisme, les moindres chances d'écrasement ;

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