On procède ainsi à là fecbérohe des fbrmës
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surk propriété doQûée^ il fttut d^abord faire etmparattre devant Fit^elligenee toud leêfMs oomiùs qui offirenl cette même propriété , quoique dans des maUèreft fort différentesi II &ut ftdre ce reoutil à la façon d^un historien ^ sana théorie anticipée ei sans trop de subtilité. Prenons pour etemple la rebherohe dé la forme de la chaleur.
Id Bacdh iÉfiuibèl'e toiiteé iM madères et iM drconstifatès dltëN ses oa rdii trbtite la ebaleiir i telles q^e IM rtyoti4 dl ehaletir , les météore* « la foadre , la flamme 4 etc.
C'est là cë que hous bppélotift tabk ffétttei dèpré^ âèfVee,
12. SëcotldéiUétit , 11 faut faire cùmparaîtn devant Vintelligence totli \e^ faits où ne fte réneoiih^ pus la propriété dontiée; car^ ainsi que' nous Tarons dit, Tâbsencë dé la t>ropi4été donnée ëntraîile Tàbseiice de la fornie , tout comme la présence dé Tune imj^Iique la présence de Tautre. Mais citer tous ces faits serait ilné èntré|^ridé infinie.
C'est pourquoi, il faut t'âpprochéf lèô faits faégâtifs defe afflrniatift , et rechercher la pHvatidtl de la propriété datiâ les ëujets seulement qui ont le plus de rapporta avec ceuit oli la pt*opriété existe et apparaît. C'est ce que noua appelons tablé de disparition ou d'absence dans les analogties.
Bacon montre ensuite que la clialeur ne se trouve pas dans un grand nombre de matières et de circonstances analogues à celles où elle se manifesie. 11 énumère et explique les diverses expériences négative. Par étetttple, là chaleur ne se trouvé pas dans les rayoïls de la Itthe et dé« émiles , dâtis certhttiès eoihèteê , danê le^ éclali-s saiii4amierrt|^tc«
13. Troisièmement, il faut faire comparaitre devant t intelligence les faits qui présentent la propriété étudiée à des degrés différents; soit en comparant la croissance et la décroissance de la propriété dans le même sujet, soit en comparant la même propriété dans des sujets différents. Puisqu'en effet la forme d'une chose est en réalité la chose même, et n'en diffère que comme Têtre diffère de Tapparence, l'intérieur de l'extérieur, le point de vue absolu du point de vue relatif à l'homme, il s'ensuit nécessairement que Ton ne doit rien recevoir pour la vraie forme , qui ne croisse et ne décroisse sans cesse , lorsque ce dont elle est la forme croît et décroît. Nous appelons cette table tuble de degrés ou de comparaison.
Bacon donne ici une table des degrés de la cireur , depuis les corps qui n*ont qu'une certaine disposition à la reccToir , jusqu'à ceux qui la contiennent toujours plus ou moins intense. 11 Joint à ces observations la description d'un thermomètre à air.
14. On peut voir, par les tables précédentes , combien nous sommes pauvres en fait d'histoire naturelle. A côté d'expériences certaines et constatées se trouvent plusieurs faits connus par ouï-dire, mais que nous ne donnons , il est vrai , qu'en avertissant de leur douteuse obscurité; et souvent nous sommes obligés d'employer ces expressions , que l'on fasse expérience, ou que l'on pousse plus loin les recherckesl
15. L'œuvre et l'office de ces trois tables est ce que nous avons coutume d'appeler la comparution des faits devant l'intelligence. Cette comparution étant faite, oo doit travailler à Yinduction. Il faut trouver dans la comparution de toutes et de chacune des expériences, une
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propriété telle, que partout elle soit présente ou absente, qu'elle croisse ou décroisse avec la propriété donnée, et qu'elle soit, comme nous l'avons dit plus haut, la limitation d'une nature plus générale. Si l'esprit débutait par établir une telle propriété ou loi (ce qu'il fait toujours quand il est abandonné à lui-même) , il rencontrerait des chimères, des fantaisies, des prin^ cipes reposant sur des notions mal définies , des lois à réformer chaque jour, à moins de préférer, à la façon des écoles , combattre pour des erreurs. Sans aucun doute, de tels travaux auront plus ou moins de qualité , selon la force et le talent de l'esprit qui les produira. Mais il n'appartient qu'à Dieu, qui a créé et mis dans la nature les formes, et peut-être aux anges et aux intelligences pures , de "bonndtre les formes a priori et par une appréhension immédiate, qui excède les forces de l'homme ; tout ce que peut notre esprit, c'est de procéder d'abord par des négatives, et d'aboutir en dernier lieu aux affirmatives, après avoir fait toutes les exclusions convenables.
16. Il faut donc opérer, dans la nature des solutions et des décçmpositions , non par le feu , certes, mais par Tintelligence , comme par une sorte de feu divin. Le premier travail de Yinductton véritable, en ce qui touche la découverte des formes, consiste dans le rejet et \ exclusion de chacune des propriétés qui jie se trouvent point dans toutes les expériences où se présente la propriété donnée ; ou qui se trouvent dans quelqu'une des expériences où la propriété donnée ne se rencontre pas ; ou que l'on voit dans certaines expériences croître, lorsque décroît la propriété donnée,
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ou décroître, lorsque celle-ci croit. Alors seulement , et en second lieu , après qu'on aura procédé au refet et à l'exclusion, selon les règles, il restera pour ainsi dire au fond , toutes les opinions légères s'envolant en fumée, la forme certaine, solide et vraie, et bien déterminée. Ce travail , que Ton Indique ainsi en peu de mots, ne s'accomplit qu'à travers des difficultés et des détours nombreux. Mais,-autant que possible, nous n'omettrons aucune des indications nécessaires pour le bien conduire.
17. n faut prendre garde , et nous devons en avertir continuellement, de ne point appliquer ce que pous disons des formes auxquelles nous accordons tant dHmportance , à ces forpes dont jusqu'ici les pensées des hommes ont été occupées et les systèmes remplis*
B'abord, nous ne parlons pas présentement des formes combinées qui sont , comme nous Tavons dit , la réunion ou fusion de plusieurs propriétés simples, telles que celles du lion , de l'aigle, de 1^ rose , de l'or et autres semblables. Le poment de t|*aiter 4e ces formes viendra , lorsque nous serons arpvé§ aux pro^ grès latents et aux constitutions cç^hées^ pt à l'^t 46 les découvrir telles qu'on les trouve daps Ips ^ub- ^tances , coinme on dit , ou natures concrètes.
D'un autre coj;é, ce que noui? disons dp» propriété^ sipiplés ne doit pas s'entendre des formps ou idées abstraites , oif qui n*ont poipt de déte^mip^tion p)^térielle , qu qui sont mal déterpHpées, Car, en parlapt des former, noifs n'entepdpnç rjen aujre cjio^e que les lois mêmes et les déterminations d'un acte ppr qui règlent et constituent quelques propriétés simples,
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comme la chaleur, la lumière, la pesanteur en toute espèce de matières et dans tous les sujets qui peuvent recevoir cette propriété. Ainsi , la forme de la chaleur ou la forme de la lumière est absolument la même chose que la loi de la chaleur ou la loi de la lumière ; car jamais nous ne faisons abstraction de la réalité et ne perdons de vue la pratique. C'est pourquoi , lorsque nous disons dans la recherche de la forme de la chaleur: rejetez la ténuité^ ou la ténuité n'est point la forme de la chaleur, c*e8t la même chose que si nous disions : t homme peut produire la chaleur dans un corps dense, ou , sous un point de vue opposé , P homme peut enlever ou éloigner la chaleur d'un corp$ léger.
Que «i quelqu^un trouve que nos» formes ont encore qudque ohose d'abstrait, en ce qu'elles mêlent et réunissent des natures hétérogènes (car il semble que ce soient des choses fort hétérogènes qtie la chaleur des astres et celle du feu; que le rouge posé sur la rosç ou sur d*autres fleurs /et celui qui paraît dans l'arc^n-ciel ou dans les rayons de l'opale ou du diamant; que la mort par l'eau ou par le feu , ou par la blessure d'une épée, ou par apoplexie, ou par atrophie; et cependant toutes ces diversités se rencontrent dans la nature de la chaleur^ ^e la rougeuf et de la mort) , il recpwaitra que son intelligeoco ait captivée et retenue par la coutume, la répugns^nce à décomposer, et des opinions sans fondement. Car il est très-certain que Joutes ces choses, quoique hétérogènes et diverses, conviennent dans la forme ou dans la loi qui règle la chaleur, la rougeur^ ou la mort ; et qu'on ne peut émanciper le pouvoir de Thomme,
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raffranebii* du cour» ordinaire de la nature , Tagrandir et le porter à des effets nouveaux et à de nouveaux modes d'opérer, que par la découverte et la mise au jour de ces formes. Cependant, après avoir insisté sur cette unité de la nature, qui est le point fondamental , nous parlerons après et en leur lieu des divisions de la nature, et comme de ses veines, tant apparentes qu'intérieures et essentielles.
18. Il nous faut maintenant proposer un exemple d' exclusion ou de rejet des propriétés, que par les tables de comparution on découvre ne point tenir à la forme de la chaleur, en avertissant cependant que pour V exclusion d'une nature , non-seulement chacune des tables suffit, mais encore chacun des faits particuliers contenus dans ces tables. Car, d'après ce que nous avons dit , il est manifeste qi^ tout fait contradictoire suffit pour renverser une opinion conçue a priori sur la forme. Néanmoins, pour plus de clarté, et pour que l'usage des tables soit parfaitement démontré, nous répétons et multiplions quelquefois une même exclusion.
Bacon, au moyen des tables précédentes, indique ici une série de propriétés et de natures qui n'ont aucun rapport direct avec la citaleur, n'influent pas sur sa production, et, par conséquent, ne peuvent eu être la loi ; tels sont les éléments , une structure particulière des corps , la lumière , le mouvement local , etc.
19. C'est dans cette table ^exclusions que sont les fondements de la véritable induction, qui cependant n'est accomplie que lorsque l'esprit se repose dans une connaissance positive. Une table A^exchmons n'est et ne peut d'aucune façon être parfaite dans les commen-
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céments. Car une exclmion,' comme on le voit manifestement, est le rejet d'une certaine natnre simple. Mais si nous n'avons pas encore de vraies et de bonnes notions des natures simples , comment pouvoir rectifier une table d'exclusions? Plusieurs des notions dont nous faisons usage dans }es tables précédentes , comme celles de la nature élémentaire , de la nature céleste , de la ténuité, sont vagues et n^al définies. C'est pourquoi, nous qui connaissons l'état de l'esprit et ses besoins , et qui pensons à la grandeur de notre œuvre , qui est d'égaler l'esprit humain à l'immensité des choses et de la nature, nous ne nous reposons nullement sur les préceptes que nous avons donnés jusqu'ici, mais nous poussons plus loin notre ouvrage ^ et nous cherchons pour l'intelligence des secours plus puissants que nous allons maintenant exposer. Et certainement il faut , dans V interprétation de la nature, que l'esprit soit instruit et réglé de telle sorte, qu'il se tienne toujours dans les degrés légitimes de la certitude, et qu'il pense cependant, surtout dans les commencements, que la valeur des connaissances acquises dépend beaucoup de celles qui restent à acquérir. . ^
20. Cependant , comme la vérité ressort plus vite de Terreur que de la confusion , nous estimons utile de permettre à l'esprit , après que les tables de première comparution, telles que nous les avons exposées, ont été recueillies et méditées , de s'essayer et de tenter l'œuvre positive de Y interprétation de la nature, au moyep^ des faits contenus dans les tables et de. tous ceux qui se présenteraient en .dehors d'elles. Nous
appellerons ce genre d'eststs , permission de ViniHli' genee, ou interprétation ihauchée, ou première vendange.
n faut remarquer que la forme se trouve (comme il est manifeste diaprés ce que nous avons dit) dans tous et chacun des faits où se trouve la chose ellemême ; autrement, ce ne serait pas la vraie forme ; c*est pourquoi , Ton ne doit pouvoir lui opposer aucun fait contradictoire. Cependant la forme est bien plus évidente et manifeste dans certains laits que dans d'autres ; ces fiaits privilégiés sont ceux où la nature de la forme se trouve moins gênée et moins contrainte par d'autres natures, ou confondue avec elles. Nous appelons ces feitSjfaits éclatants et indicatifs.
Nous en venons maintenant à IdL première vendange sur la forme de la chaleur.
Le résultat de cette pri^ière induction est , que la form^ ou |f loi de la chaleur est le mouvement , ce que Ton voit clairement dans la flamme, les liqueurs bouUhntet, la chaleur développée par le frottement, ete. La chaleur est une eq>èee de piouvepient qui a pmut ctraetèM } !<" de dilater U$ oon»; 9f de leur donj»^ miip ^ir^fsûm asc^ante ; 3" de pousser ie^ petites molécules des cArpft 9l>i 90^ renvoyées et ballottées , d*où le bouillonnement et llrrita^on des corps échaUflTés; 4*" d*étre fort rapide. Quant à la pratiqi^e, déterminer un tel mouvement , c^est produire la chaleur.
21. Aprèé avoir dressé les tables de première com^ parution et procédé%uivant elles am rejet ou à Vexclvr sion et à \dL première vendange, il faut passer aux autres secours de Tintelligence reiatifSs à Y interprétation de la nature et à l'induction vraie et parfaite. Pour proposer ces divers secours, quand il faudra des tables, nous prendrons pour sujet le chaud et 1^ froid ; quand
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il faudra seulement quelques exemples, nous varierons les sujets ; car il ne faut ni mettre de la confusion dans les recherches, ni trop mettre la doctrine à Tétroit.
Nous parlerons d^aborà des faits privilégiés; secondement, des (lide^ de l'indtiction; troisièmement, de la rectification de l'induction; quatrièmement, de l'art de varier les recherches selon fctnature du sujet ; cinquièmement , des prérogatives des natures, en ce qui touche les recherches et Tordre à y employer ; sixièmement, des limites des recherches ou ae V ensemble de toutes les nOftures dans Funivers ; septièmement , de Tart di arriver à la pratique, ou de ce qui est relatif aux besoins de Thomme ; huitièmement , des préliminaires de^ recherches; et enfin, de Xéchfille ascendante et descendante de$ lois générales.
^2. Parmi les faits privilégiés , nous placerons en premier Ueu les faits solitaires. Les faits solitaire^ sont ceux qui présentent la nature étudiée danç def^ sujets tels, qu'ils n'ont ri^ de cpnunun i^vec )es autres sujets , si ce n'est cette nature même , ou^ qui , ai| contraire , ne présentent pas 1^ nature é^diée dapç de^ sujets sembl{|})les de tous points aux autres sv^jets , exci^pté eu p^tte nature même. Il est mani&st# qu0 de tais faits Otent bien 4es embarras , accélèrent et for*tirent Y exclusion » et qu'un petit nojoabri de cos foit^ en vaut une foule 4osfl^e9* ^
ExEiEFi.ES poor la twXewt : 1* Les prismes qui se colorent et n'ofit que tette proinriété commune avec les autres ooqM colorés, cf ipii piBOUT^ qmi la co^^ur n'^t qu'une lAofUpcafioii de la Mi^ft^Be^ ^' lea^fleurf et le marbra t^b^téf fluontre^t diio^s pt^ mp^çs iiiw? identité parfaite , à l'exception de la couleur.
23. Parmi les faits privilégiés , nous placerons en second lieu les faits de migration. Ce sont ceux où la nature étudiée marche vers sa production, si elle n'existait pas d'abord , ou vers sa corruption , si elle existait. C'est pourquoi , sous l'un et l'autre de leurs aspects , de tels faits sont toujours doubles ; ou plutôt c'est un seul fait en igouvement et en transition , qui s'avance d'une période à une période opposée. De tels faits , non-seulement accélèrent et fortifient Vexclti^ sioriy mais encore , poussent et serrent de près , en quelque façon , la connaissance positive et la forme elle-même. Car il est nécessaire que la forme soit quelque chose de revStu par le corps dans la première de ces migrations, <m d'enlevé et de détruit dans l'autre. Quoique l'exclusion soit partout un pas fait vers la connaissance positive, oependaUl elle y conduit plus vite et plus directement dans un même sujet que dans plusieurs. I^a forme (comme on le voit clairement d'après tout ce que nous avons dit) , se manifestant en un point , nous BVre tous tes /lutres. Plus la migration est simple , plus on doit donner de prix au fait où elle se produit.'* D'un autre côté, \q^ faits de migration sont d'un grand usage pour la pratique , en ce que montrant la forme jointe à ce qui la produit ou à ce qui la détruit, ils enseignent clairement la pratique dans de certains cas , d'où l'on peut facilement passer aux autres. 11 y a cepelidant en eux ttn danger dont il faut se garder : on doit craindre qu'ils ne portent l'esprit à confondre la forme avec la cause efficiente, et qu'ils ne le. frappent de cette fausse idée ; tandis que la cause efficiente n'est autre chose que le véhicule qu^
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amène la forme. Mais on remédie facilement à cet inconvénient par une^â7c/t^^'(m légitimement faite.
Exemple d*iui fait de migration ; sujet : la hlaneheur. Le verre et l'eau sont diaphanes; pilez le Terre, agitez l'eau, ils deviennent blancs. La production de la blancheur est le résultat de ces mouvements et de l'insertion de l'air. — Exemple opposé : la blancheur disparaît dans la dissolution de l'écume et la fonte de la neige.
Il faut ajouter que, dans \e^ faits de migration, on doit comprendre , non-seulement ceux où il y a production et destruction , mais encore ceux où il y a accroissement ou diminution , et qui servent bien certainement à la découverte de la forme , comme Ja définition de la forme donnée plus haut et les tapies de degrés le prouvent manifestement. Ainsi le papier, qui est blanc lorsqu'il est sec , quand il est mouillé (perdant l'air et ^Iftcevant l'eau ) , devient moins blanc et plus diaphane. Cette expérience est tout à fait analogue à celles que nous avons proposées plus haut.
24. Parmi les faits privilégiés , nous placerons en troisième lieu les faits indicatifs, dont nous avons déjà parlé dans noire première vendange sur la chaleur, et que nous appelons aussi faits éclatants, affranchis et prédominants. Cesontceuxqui montrent la nature étudiée , pure et substantielle, dans sa plus haute mesure et le souverain degré de sa puissance , alors qu'elle est affranchie et libre de toutes ^traves, ou que du moins, par son énergie, elle domine sur. les obstacles , les contient ou les supprime. Commd tout corps reçoit naturellement les formes d'une foule de nature assemblées et combinées, il arrive que l'une gêne, relient, enchaîne et brise l'autre ; ce qui
jette de Tobscurité sur chacune d'elles. Mais certains sujets se présentent où la nature étudiée éclate pardessus toutes les autres , soit qu'elle ne trouve point d'obstacles , soit qu'elle les surmonte par sa puissance. Les faf(s de ce gepre sont les pins indicatifs de la forme. Mais, ici encore, il faut se mettra sur çpi» gar4e§ et réprimer l'entraînement de rintelligencie. Car tout ce qui mqntre la forrpe et l'amène devant l'esprit doit exciter notre défiance, et nous faire recourir à un^ exclttsion diligente et sévère.
VisuPLiss : Da|i8 Tiétud^ 4e U phi^eur, le tbermpmètrç | air o9r9 IIQ fçiit in^iççUif du mo^Yement d'exp^sion ; dans Tétude 4e 1^ pesanteur, un fait indicatif est le poids du vif-argent, plus lourd que la plupart des corps , quoique liquide.
iSi. Parmi le9 fi^ts privilégiés , |)ous ipettrpps en quatrième lieu le&faiU clançl^^tins, que npus appelons au$si faits du crépuscule. Ils sont y comme le^ opposés, de^ faits indicatifs- Ils p^réseQtent la nature étudiée à son degré 1^ plu« faible , pi comité dans soii berceau et ses ri^diments, s'e&ayant et pommençant à se produire , mais elfacée par une nature contraire qui la domipc. jpe^ faits de ce gepr^ soi)t d'une tr^grand^ ii^portance pour la découverte des forifqes; de méw^e qn^ ]&^ ffiits indicatifs conduisent fapilemeoi apx différeqpeç , les faifs clandestins ponduisent au:i^ gpnres, c'est4-dire à ces natures con^iQunes dpqt lea ^at()r^ étudiées ne sont que des limitations.
Exemples : Dans l'étude de la soIkUté, un fait elandesHn est présent par les liquides qai affectint une sort* 4e cû^istotance dans de certain^ rencp^itres , pomme les filets d'eau , le» bulles de savon , l'écume , la neige^^tc ; dans l'étude de l'attraction, un fait clandes-^
NOYUIf ORGANUM. 231
tin est présenté par' le fer qui sert d'armature à Taiinant, par toutes les moléeides homogènes des corps , etc.
26. Parmi le» faits privilégiés, nous m^ttvons «i cin(|iiièine \ie\x\es faits constitutif s ou enfqisceat^. Ce sont ceux qui <^Qstituent une espèce de la nature étudiée y comme forme secoiidaire. Car, puiçque les formes légitjme^ ou principales (qui sonf toujqur)} convertibles avec lef natures étudiées) $out prQfopr dément cachées et ne se découvrant pas fçu^ilemQUt , l'utilité de la science et l'infirmité de l'esprit l^uip^in demandent que les formes particulières^ qui sppt la réunion de certains faisceaux d'expériences (maiç non pas de toutes) en une notion conupune, ne soient pas négligées ^ mais qu'on les note avec soin. Jout ce qui met de l'unité dans la nature , quoique d'une façon imparfaite , fraye la route vers la découverte des formes. C'est pourquoi, les faits qui sont utiles à cet^ fin ne doivent pas être méprisés et méritent de certains privilèges.
Mais , en les employant, on doit prendre garde que l'esprit humain, après avoir découvert plusieurs de ces formes particulières , et tiré de là des diyisions de la nature étudiée, ne s'y repose définitivement sans poursuivre la découverte légitime de la forme principale ; et, s^maginant que la nature est divisée et multiple dans ses racines mêmes, ne méprise et ne rejette toute unité profonde de nature cojufne chose vaine et subtile, et dp pure abstriu^tipn.
Exemples ; l** Secours de )a mémoire : la mémoire est atdée par
Tordre , les lieux choisis arti^ciellement^ les vers, les impressions
ortes, etc. ; ce sont là des faits eon$tii%Uifs ; 2? Sens du goût : cer-
laines perceptions du goût manquent à ceux gui n'ont pas (f odorat , de sorte que le goût est en partie une espèce d*odorat; Z" Communication de qu|lités : la lumière , l'aimantation , avec des caractères diflérents.
Enfin, les faits constitutifs sont très-privilégiés, parce qu'ils servent beaucoup aux définitions (particulières surtout) et aux divisions ou distributions des nature^ ; et c'est un mot juste que celui de Platon : On devrait regarder comme un dieu celui qui murait bien définir et diviser,
27. Parmi les faits privilégiés, nous mettrons en sixième lieu \es faits conformes ou analogues, que nous appelons aussi parallèles ou similitudes physiques. Ce sont ceux qui montrent les ressemblances et les liaisons des choses, non dans les formes secondaires (ce qui est le propre des faits constitutifs), mais tout à fait dans le concret. Ils sont comme les premiers et les plus bas degrés pour s'élever à Tunité de la nature; ils ne peuvent servir à fonder aucune loi générale dès le principe, mais seulement ils indiquent et font connaître une certaine harmonie des corps. Cependant, quoiqu'ils n'avancent pas beaucoup le travail de la découverte des formes , ils nous font connaître trèsutilement la composition des parties de l'univers , où ils pratiquent comme une certaine anatomie, et quelquefois nous conduisent ainsi comme par la main à des lois Irès-éîevées et très-belles, surtout à celles qui regardent plutôt l'arrangement et l'économie du monde que les natures et les formes simples.
Exemples de faits analogues : L'œil et le miroir, l'organisation de l'oreille et les lieux qui renvoient l'écho , les racines et les bran-
ches des arbres, les nageoire» des poissons, les pied^fdes quadrupèdes , les ailes des oiseaux , etc.
Un précepte qu§ l'on doit dçnnçr^t répéter souvent, c'est qu'il faut dé§ol*mais que les travaux des hommes, dftns la recherche et le c^cueil de l'histoire «alurelle , prennent une direction toute nouvelle , et suivent une route opposée à celle que Ton suit aujourd'hui; Jus^ qu'ici , l'on s'est beaucoup et curieusement occupé de noter 1^ variétés des dioses et d'expliquer avec soin les difiërencesdes aniiaaux, des plantes, des fossiles; différences qui le plus souvent sont des jeux de la nature et n'apprennent rien de fort utile aux sciences. De telles connaissances ont certes de l'agrément et servent quelquefois dans la pratique; mais, pour nous faire pénétrer les secrets de la nature, elles n'ont qu'un prix insignifiant ou nul. C'est pourquoi , il faut que l'esprit tourne tous ses soins à découvrir et à remarquer les ressemblances et les analogies des choses, soit dans l'ensemble, soit dans les détails ; car ce sont elles qui forment les liens et l'unité dans la nature , et commencent à constituer les sciences.
Mais il faut ici prendre jin soin exact et sévère de ne recevoir pour faits conformes et analogues que ceux qui expriment, comme nous l'avons déjà dit, des ressemblances physiques , c'est-à-dire réelles et substantielles , et qui ont leurs racines dans la nature , mais non des ressemblances fortuites et seulement apparentes, encore moins de pure curiosité et supersti^ tion 9 telles que les partisans de la magie naturelle (les plus légers des hommes et qu'on doit à peine nommer dans un sujet aussi sérieux que celui-ci ) les présentent
2S/i BACON.
d'ordinaire dans leurs écrits , dëmvant avec un soin aussi frivole quMnsensé de vaines ressemblances et sympathies des choses , et qudquefois même i^ in* ventant à plaisir.
Nouveaux Exemples : L'Afrique «t TAmérique méridionale , le nouveau monde et l'aneien dans leurs configurations, les axiomes des diverses sciences, etc.
28. Parmi les faits privilégiés , nous placerons en septième lieu les faits exeeptionneh , que nous appe^ Ions ausn irriguliers ou héiérûcHtes (en ampruntaoC ce terme aux grammairiens). Ce sont cepx qui montrent des corps concrets dont Tapparence ^i extraordinaire, phénoménale, et qui semblent ne rien a^oir de commun avec les autres êtres du même genre.
Vnfait analogue est semblable à un autre hit , un fait exceptionnel ne ressemble qu'à lui'-méme. L'usage des faits exceptionnels est le même que celui des faits clandestins; ils font pénétrer dans les profondeurs et Tunité de la nature , et servent ûnsi à découvrir les genres /c'est-à-dire les natures communes, qu^ limitent ensuite les différences vraies. Il ne faut paa s*arréter dans cette étude , avant que les propriétés et les qualités découvertes dans ces êtres, qui peuvent passer pour des miracles de la nature, n'aient été ramenées et comprises sous quelque forme et loi certaine; de telle sorte que Ton découvre que toute irrégularité ou singularité dépend de quelque forme commune , que ces miracles consistent seulement dans de certaines différences spéciales , dans dés degrés et un concours unique de propriétés , et non dans Tespèce même et lé fond de l'être ; tandis que maintenant les hommes ,
sans rechercher plus avant , voient tout simplement dans de telles choses des merveilles et des mystères de la nature, dont on ne peut assigner la cause et qui font exception aux règles générales.
£x£]iFLES : L^ çQlpU çt U lune ^ raimaot , le vif-<ir(;eQt ^ ^pc.
Il faut faife grand cas de cas sprtes de faits , parce qa-il aiguisent et vivifient les recherches, et portent remède à l'intelligeBce gfttée par la coutume et les &its ordinaires.
29. Parmi les faits privilégiés, nous placerons en huitième lieu les faits de déviation, qui sont les erreurs de la nature , les fl^)errations et les monstres où la nature s^écarte et dévie de son cours' ordinaire. Les erreurs de la nature diffèrent des faits exceptionnels, en ce que les faits exceptionnels sont des espèces miraculeuses , et les erreurs des individus miraculeux; mais ils ont à peu près le même usage , qui est de prémunir Fintelligence contre la force de la coutume , et de manifester les formes communes. Et , dans cet ordre de recherches , il ne faut s'arrêter que lorsqu'on a trouvé la cause d'une telle déviation. Cependant cette cause ne se découvre pas taïf t dans une certaine forme proprement dite , que dans up progrès latent vers la forme. Celui qui connaît les voies de la nature observe plus facilement les déviations ; et, d'un autre côté, celui qui connaît les déviations pénètre mieux dans les voies de la nature.
Les déviation (lifFèrent encore des faits exception-nels, en ce qu'elles sont beaifcoup p|u8 utiles idanç Iif pratique. Car ce serait une terrible entreprise que de
vouloir produire de nouvelles espèces; mais varier les espèces connues et produire ainsi des phénomènes extraordinaires et inouïs, est chose beaucoup plus aisée. On passe facilement des miracles de la nature aux miracles de l'art. Si Ton saisit une fois la nature dans une de ses variations , et si Ton en comprend bien la marche, on pourra, sans beaucoup de peine, conduire la nature par art où elle s'est engagée j>ar aberration fortuite ; çt non-seulanent en cette façon , mais en beaucoup d'autres ; car une seule erreur montre et ouvre la voie à une foule d'erreurs et de déviations. Ici il n'est pas besoin de citer d'exemples^ tant ils sont nombreux. Il faut faire un recueil et une histoire naturelle particulière de tous les monstres et enfantements prodigieux de la nature, en un mot, de toutes les nouveautés , raretés et bizarreries de la nature. Mais 41 faut faire ce recueil avec un choix scrupuleux , pour qu'il ait de l'autorité. On doit surtout se défier de tous les prodiges qui ont rapport à la religion, comme ceux que rapporte Tite-Live, et tout autant , de ceux qu'on trouve dans les livres de magie naturelle, d'alchimie et autres semblables; car ceux qui les font sont comme les amants des fables. On doit recueillir ces faits dans des histoires graves et dignes de foi, et dans des rapports authentiques.
30. Parmi les faits privilégiés , nous mettrons en neuvième lieu les faits limitrophes ou de participation. Ce sont ceux qui présentent des espèces de corps telles, qu'elles semblent composées de deux espèces pour servir de transition de l'une à l'autre. Cet ordre de faits peul être justement compris parmi
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les faits exceptionnels et hétéroclites; car, au milieu de Tuniversalité des choses , ils sont rares et extraordinaires. Mais cependant, à cause de leur importance, on doit en traiter et leur donner un rang à part ; car ils montrent parfaitement la composition des choses et le travail de la nature, indiquent les causes du nombre et de la qualité des espèces ordinaires dans le monde, et conduisent Tesprit de ce qui est à ce qui peut être.
Exemples : Les comètes, qui tiennent le milieu entre les étoiles et les météores; les poissons volants , le muse , la chauve-souris , etc.
31. Parmi les faits privilégiés , nous placerons en dixième lieu les faits de puissance ou de faisceaux ( en empruntant ce nom aux insignes du pouvoir) , que nous appelons aussi esprits ou mains de l'homme. Ce sont les ouvrages les plus nobles et les plus parfaits, et en quelque façon le couronnement de chacun des arts. Gomme notre principal but est de faire servir la nature aux affaires et aux besoins de l'homme , rien de plus conséquent que de noter et de compter lés conquêtes déjà acquises à Tempire de Thomme (comme autant de provinces occupées et soumises), surtout celles où l'esprit s'est le plus exercé et qui sont les plus parfaites ; car c'est par elles que l'on peut le plus facilement passer à des conquêtes nouvelles. Un esprit qui a le ferme dessein , après les avoir étudiées, de pousser plus avant , arrivera indubitablement ou à
les conduire plus loin encore, ou à les ramener à
quelque théorie déterminée, ou à en tirer par applica^ tion quelque usage plus relevé.
Mais ce n'est pas tout ; de même que par les ou-
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vrages rares et extraordinaires de la nature, TeB]^ est excité et engagé à la recherche et à la découyerte des formes sous lesquelles ces merveilles doivent être comprises , pareil office est accompli par la vue des œuvres de Tart les plus ingénieuses et remarquables; et certes avec plus d'efficacité , en ce que le mode d'opération dans les merveilles de Tart est le plus souvent connu et facile à saisir , tandis que le plus souvent, dans les merveilles de la nature, il est fort obscur. 11 faut cependant prendre ^urde ici , plus aue partout ailleurs, que de tels faits n^abaiteni rintélligence et ne la terrassent en quelque façon.
Car il est à craindre que devant ces merveilles de l'art, qui semblent comme le fsdte et le dernier mot Ae rindustrie humaine , Tesprit ne se trouve étonné et comme lié et fasciné , de telle sorte qu'il ne puisse plus rien concevoir hors d'elles , et pense qu'onne peut rien Câhre de grand que par les moyens qui leS-oat produites, employées seulement avec plus, de soin et des artifices plus consommés.
On doit, au contraire, tenir pour certain que les modes d'opération et de production découverts et connus jusqu'à ce jour, sont pour la plupart trèspauvres^ et que toute véritable puissance dépend et doit être dérivée^ comme de sa source, des formes, dont aucune n'a encore été découverte.
C'est pourc[uoi, comme nous l'avons dit aiUeilrs, celui qui réfléchirait aux machines et aux bélierô des anciens, avec quelque application que ce fût, y employât-il même toute sa vie, n'arriverait jamais à la découverte des canons et des effets de la poudre. Tout
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comme celui dont toutes les réflexions se porteraient sur les laines et les fils Té^[étau3iy ne viendrait jamais à ftOfl^r ira ter à soie et à soii trayail.
C'est pourquoi i si l'on teut y faire' attention , on remar4uera que toutes iei grandes découyertes ont dû le jour , non aux combinaisons de l'esprit et aux dëve- \&pptihimilâ de l'art ^ mins entièrement ati hasard, dont la coutume est dé n'opéi^ c{u'après des siècles. Mais rien ne tioit limi du hasArd et ne le prévient $ si ce n'est la découyerte des formes.
11 est inutile de donner des exemples particuliers de €es sortes de faits, tant ils sont nombreux. Car il faut entreprendre la grande tâche d'interrogé et d'exalîAiûér à tbhA tous les n^te tnéeaniquëi^ et même les arts libéraux, dans leuHl opétàûbm, et âé îAlté ilb recneil et une histoire particulière de tout œ qu'ils contiennent de plus releyé , et des œuyres capitales «vec les modes dé prodiietion et d'opération.
Cependant nous tie faisons point une loi de s'astreindfe dans ces recherches àax oiuyreft qui paraiisent être le dhièf'^d'œtttre i la foift et le secret (to l'art , et qui ont le privilège d'exciter l'admiration. L'admis ration est fille de l'extraordinaire $ car tout ce qui est extraordinaire^ quoiqu'au fond de nature vulgaire, produit l'admiration.
Tandis qu'au contraire ^ leé (dioëes qui méritent une véritable admiration , parce qu'elles constituent une ei^Oé entièrement distincte de toutes les antres, pour peu qu'elles soient {amilièreè à l'homme ^ sont à peine remarquées. Hais on doit noter les faits exc9ptionfMi$ dé Târt, tout iiutant que les/diYs eâocepfionnels de la