Purmi les faits privilégiés, nous placerons eh
dix-huitième lieu les faits de la route, que aouâ ap« pelons aussi /ot^^ itinéraires et articulés. Ce sont ceux qui montrent les mouvements graduellement continués de la nature. C'est un genre de faits plutôt inobservé qu'inaperçu ; car les hommes sont à cet ^ard dVine négligence étonnante : ils observent la nature en courant et à intervalles , lorsque les corpâ sont achevés et complets, et non dans le travail de leur élaboration. Cependant celui qui veut connaître les secrets et le talent de quelque ouvrier habile , ne désire pas seulement voir d'abord les matériaux rudes et grossiers , et ensuite l'ouvrage achevé , mais encore et surtout être présent , lorsque Touvrier opère et élabore ses matériaux.
Cest ainsi qu'il faut étudier toute l'histoire de la Tégétatlon , du développement des germes animés, des œufs, etc. Bacon ajoute quMl faut veiller près de la nature, qui se dévoile mieux la nuit que le Jour. On doit aussi faire de semblables observations sur le mouvement des corps inanimés : — Exemple : Les effets de la chaleur sur les liquides, liais ce sujet sera traité plus complètement, lorsqu'on s'occupera de la recherche du progrès latent.
4i. Parmi les faits privilégiés, nous mettrons en dix-neuvième lieu les faits de supplément ou de svb^ stitution, que nous appelons aussi faits de refuge. Ce sont ceux qui nous instruisent, lorsque les sens ne peuvent plus aucunement nous servir, et auxquels par conséquent nous avons recours, lorsque les expériences directes nous manquent. Cette substitution peut se faire de deux manières, ou par gradation, ou par analogie.
Exemples : On ne trouve point de corps qui airéte complètement l'action de l'aimant, mais il en est qui l'alEaibUssènt plus c|ue les
autres ; on n'en trouve point qui ne s*échauffe, mais les uns s^échautfent plus, et les autres moins vite. Ce sont des substitutions par degrés ou gradation,
^ La substitution par analogie est utile , mais moins sûre ; c'est pourquoi, il faut l'employer avec prudence. Elle consiste à rendre sensible ce qui est caché , non pas au moyen des opérations visibles du corps insensible , mais par Texamen de quelque corps sensible approchant.
On peut étudier le mélange des esprits ou corps invisibles dans celui de leurs aUments visibles, comme Thuile et Teau.
Quant à ce que nous avons dit de ces faits de sup-pl&menty qu'il feut leur demander des lumières et recourir à eux, lorsque lés expériences directes nous manquent, nous devons ajouter que ces faits sont encore d'un grand usage , lors même que nous possédons des expériences directes et qu'ils fortiâent singulièrement rauloritéde celles-ci. Mais nous en parlerons avec plus de détails, lorsque nous en viendrons à traiter des secours de l'induction,
43. Parmi les faits privilégiés , nous mettrons en vingtième lieu \q^ faits qui tranchent, que nous appelons aussi faits stimulants, mais pour une autre raison. Nous les appelons stimulants, parce qu'ils stimu* lent rintelligence ; tranchants, parce qu'ils tranchent en quelque façon la nature ; c'est pourquoi , nous les iipmmons ^ussi quelquefois faits de Démocrite, Ce sont ceux qui nous avertissent des propriétés et des phénomènes les plus extraordinaires de la nature, pour éveiller l'esprit , exciter sou attention et l'engager à observer et à étudier.
25& BAcœr.
ËXEMPLia : La divisibilité des mëtiux , des substances colomUtt et odoriférantes; la vitesse de la lumière et des tons; et, piss que tout le reste, la merYeille qu'il y a à ce que toutes ces actions, cm émanations et ces fluides traversent Tair en tous sens , sans se nuir^ ni se contrarier les uns les autres.
Nous rapprochons ordinairement ayec avanUge des faits qui tranchent les faits que nous appelons limités de la dissection; ainsi, dans les exemples que nous avmis cités , une action d'un certain genre ne trouble ni ne contrarie une action d'un autre genre , tandis que dans un même genre , une action surmonte et déUruit Taulre; la lumière du soleil fait évanouir Téclat du ver luisant; le bruit du canon » celui de l%^oix ; une forte odeur^ une plus douce ; une chaleur intense, une moins élevée ; une lame de fer, interposée entre l'aim^at et k fer, amortit l'effet de Taimant. Mais il s^a toujours plus à propos de parler de ces faits, lorsque nous traiterons des seamrs de l'induction*
44. Voilà ce que nous aytons à dire àm faits qui aident les sens; ils sont surtout utiles pour la partie théorique : car c'est dans les données des sens que la saine théorie a ses racines. Mais la fin dernière de tout Touvrage est dans la pratique ; on débute par Tune pour aboutir à Tautre. C'est pourquoi viennent maintenant les faits les plus utiles pour la pratique. 11 y eau sept espèces, qui se divisent en deu3t ordres ; nous les appelons tous d'un flom commun faits pratifues.
Les opérations pratiques peuvent avoir un double inconvénient, c'est po\}Tquoi\i^ faits. pratiques doivent offrir un double avantage. Une opération peut être ou décevante ou onéreuse. Une opération est surtout dé-
cevanté , principalement quand on a étudié avec soin les diverses natures , parce que les forces et les actions des corps sont m^ï déterminées et mesurées. Les forces et les actions des corps sont circonscrites et mesurées , ou par l'espace, ou par le temps, ou par des rapports de quantité , ou par la supériorité d'une puissance sur les autres; et, si ces quatre conditions ne sont exactement et diligemment calculées, les sciences pourront ofirir de belles spéculations , mais , à coup sûr, elles seront stériles. Nous appelons d^un seul nom les quatre espèces de faits relatifs à ces conditions , faits mathé* matiques ou faits de mesure,
La pratique devient onéreuse , soit à cause de certains travaux inutiles y soit à cause de la multiplidté des instruments ou de la quantité de matière requise pour l'opération. C'est pourquoi, l'on doit faire beaucoup de cas des faits qui dirigent l'opération vers les fins les plus utiles aux hommes , et de ceux qui enseignent à faire économie d'instruments et de matière première. Nous nommons d'un nom commun ces trois espèces de Mis, faits propices et bienveillants. Nous parierons de chacune de ces sept espèces de faits en particulier, et avec eux nous mettrons fin à cette partie de notre ouvrage sur les prérogatives et les privilèges des faits.
45. -Parmi les faits privil^iés, nous placerons en vingt et unième liei} , hf^ faits de la.verge ou du ratf<m > que nous appelons aussi faits de tr(9nsport on de mm ultra. Les puissances et les mouvements des choses opèrent et s'exécutent dain^des espaces, non pas indéfinis et fortuits , mais fixes et déterminés ; et il est fort important, pour la pratique , d'observer et de noter ces
conditious précises dans chacune des natures étudiées , non-seuiement pour qu'elle n*échoue point dans chacune de ces rencontres, mais encore pour qu'elle soit plus puissante et plus riche. Car souvent il est donné à Thomme d'augmenter la portée des forces natureUî» et de rapprocher les distances, comme font les instruments d'optique.
Il est des puissances qui n*opèrent qu'immédiatement et dans le contact. Exemples : la percussion , les remèdes appliqués à Textérieur, les objets du tact et du goût.
Il en est d'autres qui n'opèrent qu'à de faibles distances , comme le succin qui attire les pailles , certains purgatifs qui chassent les humeurs, les pierres aimantées, etc.
11 en est enfin qui opèrent à de grandes distances. Exemples : la force d'attraction du globe terrestre , cellS des astres , les masses enflammées ou glaciales, les odeurs, la lumière, etc.
Mais toutes ces puissances , qu'elles opèrent à de faibles ou à de grandes dislances, opèrent certainement à des distances déterminées et connues de la nature, et leur sphère d'action a une limite fixe , laquelle est en raison composée de la masse ou de la quantité des corps , de la force ou de la faiblesse des puissances , des facilités ou des obstacles apportés par les milieux , toutes choses dont on doit tenir un compte fort exact. Il faut même mesurer jusqu'aux mouvements violents (ainsi qu'on les nomme) , comme sont ceux des flèches, des projectiles, des roues et autfes choses semblables, car Ils ont, eux aussi, des limites déterminées.
On trouve aussi des forces qui n'agissent qu'à distance , et non dans le contact, et d'autres qui opèrent plus faiblement à une petite distance et plus énergiqùement à une grande. La vision ne s'opère d'ordinaire qu'à distance , et quelquefois l'on voit mieux de loin
NOVUM ORGAMUM. 257
que de près ^ les projectiles n'acquièrent toutes leurs forces qu'après un certain parcours.
Il eçl un autre genre de mesures de mouvements qu'il ne faut pas négliger : ce sont celles des mouvements non plus progressifs, mais sphériques, qui étendent les corps dans une plus grande sphère , ou les resserrent dans une plus étroite. Il faut rechercher , en étudiant la mesure des mouvements , quelle contraction et quelle extension les corps (suivant leurs diverses natures) peuvent facilement subir, et à quelle limite ils commencent à réagir, jusqu'au degré extrême qu'ils ce souffriraient pas de passer. C'est ainsi qu'une vessie gonflée d'aif peut être comprimée et souffre celte compression de l'air qu'elle renferme, jusqu'à de certaines limites ; si on les excède, Tair résiste et rompt la vessie.
Bacon décrit une expérience , par laquelle il s*est assuré de la résistance de Tair à une trop forte compression ; une autre, par laquelle il a étudié la force d'expansion de Tair ; une autre plus remarquable, sur la compressibilité de Teau, qui s'est échappée par les pores du globe de plomb où elle était renfermée et comprimée. Il remarque enfin que les solides résistent à peu près à toute compression ou extension*
46. Parmi les faits privilégiés , nous mettrons en vingt-deuxième Wenles faits de la carrière ou du cours de l'eau, en empruntant cette expression aux clepsydres des anciens, où l'on versait de Teau au lieu de sable. Ce sont ceux qui nous donnent la mesure du temps, comme les./«tÏ5 de la verge nous donnent la rtiesure de retendue. Toute action et tout mouvement naturel s'accomplit dans fe temps , les uns plus vite , les autres plus lentement , mais en tout cas dans des proportions déterminées et connues de la nature. Ces
258 ËAGON.
actions-mémes , qui semblant s'accomplir subitement et en un clin d'œil (comme on le dit), comportent, si Ton y prend garde, le plus et le moins par rapport au temps.
Le cours des astres, le flux et le reflux de la mer, la chutt^des corps, la transmission de la lumière, de la chaleur, etc., ont des conditions de temps réglées et fixes. Bacon avait d'abord pensé qu'il faut un temps appréciable à la lumière pour traverser les e^ paees planétaires, et qu'ainsi il y a une dUTérence entre le lieu vrai et le Ueu apparent des astres; mais des réflexions ultérieures lui ont fait abandonner cette idée.
Non-seulement il faut étudier la vitesse des divers, mouvements, mais comparer ces vitesses entre elles. On voit , pa^xemple , que la lumière se communique beaucoup plus vi^ip que le son. Où la différence des vitesses éclate, c'est dans l'explosion des mines, la poudre agissant avant même que les matières qu'elle soulève commencent à résister. C'est sur cette loi de la nature que sont fondés les faits magiques dont on parlera bientôt.
Enfin, il faut noter les diverses périodes de toute action naturelle. EXEMPLES ; dans les infusions et distillations, il se manifeste, selon le temps et par successions réglées , divers degrés et qualités d'odeurs.
47. Parmi les faits privilégiés., nous mettrons en vingt-troisième lieu les faits de quantité, que nous appek)n8 aussi doses de la nature, en empnmtant cette expression à la médecine. Ce sont ceux qui mesurent les forces par la quantité des corps, et qui montrent rififtience de la quantité sur le mode de force et d'action. •
Et d'abord, il est des forces qui ne peuvent subsistef que dans un corps d'une quantité âosmique > c'est-àdire d'une ^ikin^^éf telle qu'elle soit en harmonie avec la configuration et la composition de Tunivers.
La Urre est sUbl«, ses parties sont mobiles et tombent Le flux et le reflta s'obsenrent dans la mer et no« dans les fleuYés.
Toutes les forces ou puissances particulières opèrenty suivant la plus ou moins grandot quantité des corps.
g^ Une grande «appe d'eau ne se corrompt pas facilement, un peu d*eau se corrompt ^ite. Le vin et la bière se bonifient beaucoup plus liCe dans de petits vases que dans de grands tonneaux , etc. H est aussi certaines forées dont la puissance est en raison inverse de la masse du corps où eHes s'exercent; un stylet acéré pénètre mieux qu'im stylet émoussé, etc.
Ici il ne faut point s'arrêter à des considérations a&straites St vagues, mais il faut étudier exactemedt les rapports de là qttantité ou masse des corps avec leurs modes d'action. On serait tenté de croire que les rapports de puissance sont en raison directe des rapports de quantité , de sorte que, si une balle de plomb pesant une once tombe en un certain temps, une ball& de deux onces devrait tomber deux fois plus vite : ce qui est complètement faux. Il n'y a donc pas égalité entre ces différents ^rapports ; mais ils suivent des lois fort diverses, lois qu'il faut demander à l^bservation de la réalité, et non à des vraisemblances ou à des conjectures.
Enfin , dans toute étude de la nature , il faut recher* cher quelle quantité de matière , que Ton peut emparer à une certaine dose, est nécessaire à la production d'un effet donné , et prendre garde d'en employer trop on trcp peu.
48. Parmi les f^ts privilégiés , nous placerons mi vingt-quatriàma lieu les /tdtê de la iutte, que nous
iioinmous ausbi faits de prédominance. Ce sont ceux qui nous montrent -la prédominance ou rinfériorité des forces les unes à l'égard dos autres, et nous font connailpe celles qui l'emportent et celles qui succom* bent. Les mouvements et les efforts des corps sont composés , décomposés et compliqués , tout comme les corps eux-mêmes. Nous proposerons d'abord les diverses espèces de mouvements ou de vertus actives pour rendre plus claire la comparaison de leurs puissances , et par là la nature et l'explication àe& faits de la lutte ou de prédominance.
i" Mouvement de résistance ou dMmpënétrabiUté(antftvpi>). *2* Mouvement de liaison et de continuité par lequel les corps se suivent et se cherchent les uns les autres ( ntfxu^ ); c*est celui que la scolastique désigne par l*horreur du vide.
3*" Mouvement de réaction par lequel les corps comprimés ou dilatés et tendus reviennent à leurs premières dimensions ( lihertor^ tis), L*air et la plupart des solides, les cordes entre autres, en préentent continueUement des exemples.
4** Mouvement opposé au précédent, et qui porte les corps à prendre des dimensions nouvelles (hyles). Les principaux agents de ce mouvement sont le chaud et le froid, sous rirtfluence desquels les corps se dilatent et se contractent.
h* Mouvement de continuité, par lequel les corps s'opposent ft ce qu*on les divise (cantinuationis). Tous les corps en effet, les uns plus, les autres moins, s'opposent à ce qu*on sépare leurs parties; cette résistance se manifeste, quoique très-faiblement, jusque dans les liauides et les fluides.
^"^ Ihuvement par lequel un corps placé au milieu de corps hé« téro|^nes et dont la nature répugne à la sienne, s'attache à certaine matière pour laquelle il a plus de sympathie, et s*en empare comm^ d'un gain ou d'une conquête {ad lucrum, vel indigentiœ). C'est ainsi que le papier, les éponges, etc. s'imbibent de l'eau, qui est d'une nature moins opposée à la leur que l'air.
7* Mouvement par lequel les corps se {MMtent vers les grandes
NOVCM ORGÂNUM. 261
masses de même nature {congregationis majoris). C'est ainsi qac les corps légers se portent Ters le ciel , et les graves vers la terre.
S*" Mouvement d'attraction des molécules homogènes d'un même corps les unes vers les autres et des corps homogènes entre eux {congregationis minoris). Il diffère du sixième mouvement, en ce q:ie , dans celui-ci , c'est surtout la répugnance pour les substances hétérogènes qui meut les corps, tandis que, dans le mouvement d'attraction, c'est surtout la sympathie pour les substances semblables.
Ce mouvement rencontre un triple obstacle : la torpeur des corpSf le frein que leur im]losent d'autres corps plus puissants , des mouvements étrangers et différents. Les corps secouent leur torpeur avec le secours de la chaleur, ou de la puissance de corps analogues, ou de quelque mouvement vif. Dans les liquides , c'est Vesppt qui retient d'ordinaire les diverses parties hétérogènes mêlées et unfcs par le frein qu'il leur impose. Comme exemple du troisième genre d'obstaples , on peut proposer le retard et même l'empêchement absolu que l'agitation des liquides apporte à leur putréfaction.
Parmi les exemples de l'attraction à distance , on peut citer la vertu de l'aimant.
9° Mouvement magnétique, qui, tout en attirant les grandes masses, les maintient à distance {magnetkxis ). C'est à peu près J'attraction planétaire.
10" Mouvement opposé à celui de l'attraction moléculaire, et par lequel les particules hétérogènes se repoussent et se fuient {fugœ). ExEMPL.ES V l'horreur des sens pour certaines odeurs et certaines saveurs, la répugnance de l'huile à se mêler avec l'eau, etc.
'Il' Mouvement d'assimilation, par lequel un corps en convertit mi autre en sa propre substance ( assmîïaftonû, multiplicationts suh generalioms simpiicis), La flamme, l'air, les diverses parties végétales et animales, etc. nous offrent des exemples frappants de cette sorte de mouvement.
Les mouvements précédents servent à la conservation des cQrps , celui-ci à leur propagation. *
12" Mouvement par lequel une force se communique en excitant dans les corps une certaine disposition à la recevoir ou plutôt à la pioduire {excitatiojiis). C'est par ce mouvement que se développent la chaleur, le froid, etc. 11 ressemble au mouvement d'assimilation ,
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mais il en diffère eq ce que , dans celui-ci , il y a déTetoppement 4e matière , et que Teffet de Texcltatloii est d*accrettre les forces ou tertus seulement.
13" MouveBient par lequel les corps développent 4eur puissance, de façon que Teffet cesse aussitôt que la cause motrice et première se retire {impressionis). C'est ce qu'on peut rérlfler par les elfels de la lumière et du son. Bacon appelle ce dernier mouvement motus generationis Saturni, parce que la cause productrice en lui seni» ble détruire ses effets; tandis qu'il nomme les deux précédents motuê gêner ationig Jovis,
14" Mouvement par lequel les corps recherchent de ceMnes positions, et suivent de certaines directions {conftguratioiUs aul siiius }. Exemple : rotation de la terre ou du ciel dans ufie direction déterminée,' etc.
15** Mouvcunentpar lequel les actions et les effets des corps traversent plus ou moins facilement le milieu qui les favorise ou leur ^t obstacle {pertran$i^ionts, sive secundum meatv^). Certain milieu convient à la luiaière, certain autre au son, etc*
16* Mouvement par lequel certaines parties des corps dominent sur les autres, les règlent et le^fontie»n]pnt {rêgius^ sive politicus)* ExempCé : les esprits gouvernent W leste du corps chez les animmx.
17° Mouvement de rotation spontanée (motus rotationis sponta^ neus). Tous les corps,' dans une position natctrelle et commode, suivent leur penchant pour le mouvement ou pour le teposi. Oéut ^ul stf mevvent spontaaément adoptant le mouvement circulaire , qui est éternel et infink
18° Mouvement de trépidation,. p9t lequel les corps, dans une position qui ne leur «convient ni ne leur répugne complètement, essayen^perpétuellement d'en changer, sans jamais en sortir violemment \trep%dationis ). Tel est le mouvement du cœur.
19° Le dernier mouvement, si l'on peut lui donner ee nom, est la répugnance pour le mouvement lui-même {deçubitus, sw>e exhorr$ntis motus ). C'est ainsi que la terre est en repos et que toutes les masses considérables tendent au repos, ou le conservent.
Bacon n% tn^tend pat qiM cttto dl?iëoi|tles iMUTaments soit par-
NOTUM OftGANUIf. 263
Irite €t définitive, undt il repousse tonte difislon abetridte quf ne serait p^B prl^e sur la nature, et qui n'en représe&teiait pas les traits.
Cette divisiott suffit pour faire entendre ce que sont les faits de la lutte ou de prédominance.
Le mouTement de continuité est inyincjble ; il n'est pas aussi cèr« tain que l*borreur du vide le soit ; tous les autres mouvements triomphent mutuellement les uns des autres, selon les circonstances*
U faut aussi recherciier \e^ causes de rinfériorité et de Vim* puissance des mouvements qui sont vaincus. D'ordinaireptil» «e sont pas anéantis, mats rëpriifiés et empêchés. Il n*y a dan^ la nature aucun repos parfait: tout repos est apparent et produit; soit par • VéquiUbre des forces, soit par la prédominance des une^ sur les autres.
Une loi générale de ces prédominances, c'est que, phn le bien poursuivi est commun , plus le mouvement est puissant ; ainsi , le mouvttnent de continuité, qui intéressé Tunlon de tous les corps, est plus puissant que le mouvement de gravité , qui n'intéresse qitf I*ttnion des corps denses. Dans le monde matériel , l'utilité particulièiè ne prévaut presque jamais contre l'utilité générale ; plût à Dieu qu'il en fût ainsi panqi les sociétés humaines I
49. Parmi les fait* privilégiés, nous placerons en ^ngt'fltnquième lieir les /a% significatifs, qHiinStquèht et désirent les choses utiles à Hiomme. Car le pou^ir et le savoir psyr eux - m6mes donnent à rhoinme la gntndcur et non le bonheur. C'est pourquoi, il Tant recueillir dans Tuoiversalitédes choses ce q)ii peut leBMeux serviroux besoins d« la vie. Biais il •era plus à propos de parler de ces faits, lorsque nous traiterons des applications prqtiques. D'ailleurs, nous laissons , dans le travail \nênie de rinterprétation sur chacun des sujets, une place pour le feuillet hwnain ou \q feuillet des désirs; car des demandes et des vœux bien faits sont une partie de la science.