‹ Descartes considéré comme physiologiste et comme médecinChapitre 39 sur 46 · IG · texte numérisé non relu

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DU PRINCIPE VITAL

tincts, et pourtant ces animaux se nourrissent , c’està-dire qu’ils digèrent , et que des liquides réparateurs circulent dans tous leurs tissus (1). »

« C’est ainsi, ajoute-t-il, que si l’on vient à retourner sur elle-même, comme un doigt de gant, une hydre d’eau douce, elle digère par sa peau qui est devenue sa cavité intestinale, et elle respire par la muqueuse dont on a fait son enveloppe externe (2).

Les procédés et les moyens pour la reproduction des individus et la perpétuité des espèces ne diffèrent pas moins.

La génération peut avoir lieu avec ou sans le concours des sexes.

Elle peut avoir lieu par le fractionnement de /' individu servant de souche à l’espèce, comme cela arrive, parmi les infusoires, pour les bacillaires, les cyclides : c’est la génération fissipare.

Elle peut avoir lieu par rejetons , comme il arrive pour un grand nombre de plantes et pour les polypes à bras, les verticelles, les coraux, les serlulaires et autres polypiers marins.

Elle peut avoir lieu par émission de corpuscules reproducteurs , ainsi que les fucus, les conferves, les champignons pulvérulents, etc. , nous en offrent

(1) Souvenirs d’un naturaliste, Paris, 18o4, 1. 1, p. -G6.

(2) Ibid.

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l’exemple, c’est ce que nous nommons, dans les deuxcas, la génération gemmipare. Enfin, nous avons, pour le plus grand nombre des plantes et des animaux, la génération par le concours de deux sexes dont l’un, le sexe femelle, fournit le germe proprement dit, œuf ou graine ; et dont l’autre, le sexe mâle, fournit la semence qui, par son contact, vivifie l’œuf ou la graine ; et ici encore, l’organe mâle et l’organe femelle peuvent appartenir à deux individus distincts ou se trouver réunis sur le même.

Cette prodigieuse diversité de procédés et de moyens pour l'accomplissement des grands actes de la vie prouve jusqu a l’évidence que ce n’est pas l'organe qui crée la fonction, mais bien la fonction qui crée l’organe; ou, pour parler plus exactement, que celui-ci est approprié à la fonction par une force supérieure qui maîtrise et façonne et vivifie la matière en vue d’un plan préconçu.

Cette force se révèle, dès les premières évolutions du germe, par la création systématique de l’être organisé; elle se révèle par le maintien de la forme malgré l’instabilité et le renouvellement incessant de la matière constituante; et aussi, par la dépendance mutuelle et l’accord des fonctions vers un but déterminé.

Sa manifestation est liée à des conditions physicochimiques qui seules sont accessibles pour nous.

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Quant à sa nature, elle nous échappe absolument. Tout ce que nous pouvons dire , c’est que cette force paraît être impersonnelle , puisqu’elle a présidé à la formation de notre être, qu’elle l’entretient sans que nous en ayons conscience, par des procédés qui nous sont inconnus, et sans que notre volonté puisse suspendre ou perpétuer son action.

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