XI
L’art de guérir devait nécessairement participer aux progrès des sciences qui lui servent de base. La chirurgie, dont l’objet est sensible et apparent, fut la première à en profiter. Des faits nouveaux 1 obligeaient à chercher des ressources nouvelles. Aussi, dans l’Ample Pratique, Practica copiosa, de Jean de
PROLÉGOMÈNES
Vigo, qui parut en 1514, on remarque un long chapitre sur les plaies par armes à feu, et un autre sur cetle maladie cruelle, si improprement nommée le Mal français, qui depuis 1493, et selon d’autres, dès 1492, exerçait ses ravages en Europe.
Le traitement rationnel des plaies par armes à feu est institué par Ambroise Paré qui, pour combattre efficacement les hémorrhagies, substitue la ligature des artères à leur cautérisation.
La lithotomie est perfectionnée et pratiquée avec succès par Mariano Santo dans le royaume de Naples ; en France, par Laurent et Germain Colot ; et surtout en Suisse, par Pierre Franco, inventeur du haut appareil. Il paraîtrait même, d’après un passage du livre d’Alexandre Benedetti sur les signes des maladies, 1535, que la lithotritie, dont l’invention est généralement considérée comme toute récente, n’était point du tout inconnue des chirurgiens du seizième siècle, car au chapitre xlviii du livre XXII, où il traite de la ■pierre, après avoir indiqué les remèdes réputés fondants, il ajoute : Si on ri obtient rien par ces moyens , c'est au traitement chirurgical qu'il faut avoir recours sans délai ; et avant de décrire les procédés opératoires, il fait observer que quelques-uns broient au dedans la pierre à l'aide d'instruments sans faire de plaie , ce qui, à la vérité, dit-il, ne lui parait pas parfaitement sûr : aliqui
PROLÉGOMÈNES
INTUS SINE PLAÇA LAPIDEM CONTERUNT INSTRUMENTAS, QUOD EQUIDEM TUTUM NON 1NVEN1MUS.
Le témoignage d’un homme aussi instruit, aussi éclairé que Benedetti ne peut pas nous laisser de doute à cet égard : la lithotritie a été connue et mise en usage dès le commencement du seizième siècle, au moins partiellement, et nous n’avons fait de notre temps que retrouver et perfectionner ce procédé opératoire, ce qui ne diminue en rien la gloire des modernes inventeurs.
C’est encore au seizième siècle que l’opération césarienne a été pratiquée pour la première fois sur le vivant; et dès cette époque, l’obstétrique, à laquelle se rattachent inséparablement les noms de Guillemeau et de Rousset, est devenue une branche importante de l’art chirurgical.