‹ Descartes considéré comme physiologiste et comme médecinChapitre 9 sur 46 · XIII · texte numérisé non relu

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Il est vrai que les disciples de Paracelse, et à leur tête Jérôme Cardan, maintenaient en crédit l’astrologie judiciaire et les chimères de la cabale ; mais ces enthousiastes eux-mêmes ne pouvaient se soustraire longtemps à l’influence du rationalisme naissant et des sciences en progrès ; une véritable révolution s’opéra parmi eux ; les solides travaux de Libavius et ceux de Van Helmont l’attestent.

Libavius, dont le nom se rattache à des préparations pharmaceutiques encore en usage aujourd’hui, enseignait la chimie à Iéna, en 1588. Quant à Van Helmont, né en 1577, il est, au commencement du siècle suivant, le dernier et le plus illustre représentant de l’école des alchimistes. Il avait adopté la

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plupart des idées théoriques de Paracelse, mais il sut les rendre plus intelligibles et les marier aux données nouvelles de la science.

La matière terrestre étant à ses yeux inactive et incapable de s’organiser par elle-même, il rapporte avec Paracelse les phénomènes de la vie à un principe d’un ordre supérieur émanant de Pâme sensitive et qu’il appelle aussi l’Archée, Archeus.

L’archée est la cause efficiente, interne , essentielle, causa efficiens , interna , essentialis , des phénomènes de la vie.

Mais en même temps il admet, sous le nom de ferments , certaines combinaisons matérielles qui favorisent et sollicitent même l’action de l’archée.

La diversité des fonctions dans l’unité de l’économie auimale lui fait supposer qu’il existe des archées secondaires cantonnés dans les différents viscères, comme dans leurs départements respectifs, et obéissant à l’archée principal, comme à un roi.

Celui-ci a son siège au pylore, véritable porte de la vie. La preuve que Van Helmont en donne, c’est que les émotions de l’âme se font d’abord sentir h 1 épigastre et qu’une blessure faite à l’estomac est infailliblement mortelle, tandis que la vie persiste malgré la destruction presque complète du cerveau.

L’archée opère dans l’estomac la transformation

g0 prolégomènes.

des aliments à l'aide d'un ferment acide qui n'est autre que le suc gastrique. Il y a, selon Van Helmont, six temps dans la digestion :

Le premier s’accomplit dans 1 estomac ,

Le second, dans le duodénum où le fiel, versé par la vésicule du foie, neutralise l’acidité du suc gastn-

La troisième digestion a lieu dans les vaisseaux du

mésentère ; .

La quatrième, dans le cifeur où le sang devient

plus rutilant et moins noir ;

La cinquième, dans le cerveau où se forment les

esprits vitaux.

La sixième s’accomplit dans chaque organe ou

l’archée distribue le suc nourricier.

Nous avons deux choses à remarquer dans cette théorie : le rôle important que Van Helmont fai jouer au suc gastrique, et la neutralisation de cet acide dans le duodénum, ù l'aide de la bile.

L’archée étant le principe de la vie, les pertur >a lions et les aberrations de l’archée constituent les ma-

^ Les venins ne sont que des causes occasionnelles

de maladies. , , 1

Les remèdes sont des moyens à 1 aide desq nous cherchons à redresser l’arcliée ou à neutraliser les causes occasionnelles de ses désordres.

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La maladie prend fin par la cessation de l'idée morbide et l’expulsion des venins.

La génération des êtres est liée à l’existence des ferments et à la puissance de l’archée.

Il s’exhale du ferment une odeur qui sollicite l’esprit générateur de l’archée: il agit alors sur cette matière, la façonne et l’anime, archeus faber.

Van Helmont admettait pour les degrés inférieurs de l’échelle animale une génération possible sans le concours de deux générateurs apparents, le ferment servant de base à l’action de l’archée.

Les générateurs apparents, dit-il, ne sont que des agents intermédiaires dont le concours est loin d’être toujours fructueux. Le véritable générateur, c est 1 archée : Est ergo ens séminale in semine causa immediata , efficiens efficienter, interna, ut essentialis (1).

Toute fermentation donne lieu à la production d’un être nouveau et au dégagement d’une vapeur à laquelle Van Helmont a, le premier, donné le nom de gaz.

Il considérait les gaz comme quelque chose d’intermédiaire entre la matière proprement dite et la substance spirituelle.

Le premier, il a fait connaître les propriétés de

(1) Ortus medicinœ, Amsterdam, 1648. Causœ et initia naturalium, p. 34.

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différents gaz. Il a distingué le gaz qu’il appelle sylvestre , et qui n’est autre que Y acide carbonique , du gaz hydrogène dont il a constaté la propriété inflammable (1).

Les expériences auxquelles il se livrait persévéramment mirent plus d une fois ses jours en péril , et, comme Lavoisier 1 a fait depuis, il consacra à ses recherches des sommes considérables.

Tandis qu’il en poursuivait le cours, d’autres observateurs tels que Guillaume Baillou et Sanctoiius s’efforçaient de donner à la médecine des bases positives, le premier par l’étude des constitutions épidémiques dont la connaissance a tant d’importance pour le praticien, et le second en introduisant dans la physiologie et la thérapeutique la méthode de précision.

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