‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 10 sur 101 · Problèmes de la section XI, 6 et · texte numérisé non relu

Problèmes de la section XI, 6 et

8. Lettre à Mersenne (15 avril 1630). Correspondance, I, p. 141.

4. F, Marini Mersenni, Minimi, Cogitata Physico-Mathematica, (1644) p. 274.

5. Harmonie universelle, (1636) liv. 1“, proposition 8 : « Le son ne se communique pas en un moment, comme fait la lumière, selon toute son étendue, mais dans un espace de temps. »

faisoient leurs retours beaucoup plus fréquens, et ainsy donnoient un son plus aigu ! ». Il ne doute point qu'on ne puisse rencontrer le même écho «en plusieurs autres lieux, comme, par exemple, dans les bleds quand ils sont fort hauts et prets à coupper ? ». Cet écho rendait toujours un même son « qui estoit fort clair et fort aigu, semblable à celuy de la voix d’un poulet, nonobstant que ceux qu'on faisoit en fussent fort différens ? », 1l ne redisait aucune syllabe, et « répondoit mieux au frappement des mains qu'à la Voix * ».

Il ne soupçonne point que cette résonnance provient, apparemment, de la répercussion des harmoniques suscitées par le son émis tout d’abord. Il connaît mal, en effet, le phénomène de la production des harmoniques, bien qu'il lui soit arrivé de remarquer que « deux sons... s'entendent quelquefois d’une même corde », et bien qu'il essaie de rendre compte à Mersenne des raisons de cette multiplicité5. D’après lui, les cordes qui laissent entendre plusieurs sons doivent être fausses. « Pour ce qui est de dire si les cordes qui font cela (la douzième) sont fausses ou non, je pense vous avoir déjà mandé qu’elles sont moins fausses que celles qui

6 : s AR ; pourroient avoir un résonnement plus dissonant, mais qu'elles ne laissent pas de l’estre plus que celles qui n’ont qu’un seul son tout net et tout égal6. »

Sur cette question des harmoniques, 1l n’est pas éclairé non plus par les expériences que fait devant lui le carillonneur aveugle

1. Correspondance, t. II, p. 329 (Lettre à Mersenne, 28 août 1638).

2. Lettre à Mersenne, écrite le 11 octobre 1638. Correspondance, II, p. 396.

3. Lettre à Mersenne (23 août 1638). Correspondance, II, p. 329.

4. A Mersenne (15 novembre 1638). Correspondance, I, p. 421. Descartes pensait que les herbes, « estant frappées par la voix, faisoient leurs tours et retours beaucoup plus fréquens, et ainsy donnoient un son plus aigu » (Correspondance, IT, p. 329, lettre citée du 23 août 1638). Dans l’Harmonie universelle (1636), Mersenne insère « plusieurs observations (sur l’écho) qu'un excellent esprit fit sur Marne, l'an 1625 » (I. Liv, p. 50): il y est dit que le son renvoyé par l'écho est altéré « à raison de la disposition et de la figure des isles, des petits bras de rivière, des trous de marais, des saux et campagnes herbues qui desguisent le son, comme le miroir qui est imbu de quelque couleur et qui communique son affection à tous ceux qui en approchent ». Cette communication est écrite d’un style un peu maniéré : l’auteur l'avait promise à Mersenne en « partant de Paris au mois d'octobre, l’année 1635 », Descartes connaissait sans doute ces remarques. Il est peu vraisemblable qu’elles viennent de lui.

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