‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 9 sur 101 · Correspondance, I, p · texte numérisé non relu

Correspondance, I, p

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qu'il ne devrait considérer que la nature du milieu où le son est transmis. Il se pourrait que cette déclaration erronée qu’il fait à Mersenne fût causée par un souvenir confus de la physique d'Aristote. Le philosophe antique n’a-t-il pas écrit que « l'aigu, dans un court espace de temps, meut le sens un grand nombre de fois ? ! » Et, d'autre part, il a soutenu que la voix aiguë porte plus loin que la voix grave ?. Mais il n'en a pas conclu à une plus grande rapidité de transmission. Il semble que Descartes mélange, dans sa mémoire, les deux passages, et que son explication fautive provienne de cette réminiscence trouble.

Remarquons d’ailleurs que, à son avis, la « portée » du son ne dépend pas uniquement de l’acuité ou de la gravité. Mais il admet que d’autres causes agissent, pour le faire entendre plus ou moins loin. « Pour déterminer de combien un son peut estre entendu plus loin que l’autre, cela ne suit pas à proportion de ce qu il est grave ou aigu simplement, mais il faut savoir quelle est la densité de l'air, quel est le moindre mouvement qui peut suffire pour estre nommé son », etc. Bien qu'il tienne compte ici des conditions accessoires du phénomène sonore, il suppose cependant que la nature du son en force, en hauteur ou en timbre, influe aussi. bien sur la rapidité que sur l'étendue de sa propagation. Mersenne croyait, de même, que la vitesse des ondes sonores différait avec l'espèce de l'instrument qui les engendrait. D'après des expériences faites aux Tuileries, il observe que, « dans l'espace d'une seconde, le son des cordes et des orgues parcourt 230 toises, ou 1.380 pieds * » et, dans son Harmonie universelle, il consigne, relativement à la vitesse du son, des remarques assez confuses, qu il tient « d’un capitaine présent au siège de la Rochelle Ÿ ».

Descartes reste aussi fort inhabile quand il essaie d'expliquer la formation d'un écho de caractère particulier qui se produit, en son propre Jardin, dans de grandes herbes « lesquelles, estant des corps fort petits et déliez à comparaison des tours et rochers, où l'écho a coustume de se former, estant frappées par la voix,

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