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Correspondance, I, p

DESCARTES ET LA MUSIQUE à 9

d Utrecht, J. J. Van Eyck, cousin de Constantin Huygens. «Il avait vu ce musicien faire rendre cinq ou six divers sons à chacune des plus grosses de ces cloches, sans les toucher, approchant seulement sa bouche de leur bord et y entonnant tout bassement le mesme son qu’il leur vouloit faire imiter. Mais il observoit que c’estoit toujours ou le son naturel de la cloche, ou son octave, ou sa douziesme, etc., car autrement elle ne lai eust point respondu, et elle lui respondoit toujours fort distinctement en forme d'un écho, lequel duroit assez longtemps après sa voix ?. » Mersenne avait déjà remarqué, d'autre part, qu'un son de cloche «rendait trois parties de musique, la basse qui en était le son propre, la quinte et l’octave ». Il pensait même avoir pu distinguer la quarte et la tierce, et il croyait que ces tons différents pouvaient être observés dans les tuyaux d'orgue, et dans les autres instruments, ainsi que dans la voix. Mersenne avait aussi rapporté diverses observations, de Jean Titelouze, organiste à Rouen, et de Jacques Mauduit, compositeur de mérite, et ces observations pouvaient laisser pressentir quelque chose de la complexité des sons musicaux‘. Mais Descartes n'organise

1. Huygens écrit à Mersenne, le 26 août 1639 :.. « Constat mihi omnem campanam, omnem calicem vitreum, tres diversos, neque adeo plures aut pauciores,sonos edere, eodem ictu. Campanæ quidem hactenus experimentum non vidi; in vitro autem novi, qui sonos singulos sibilando ordine eliceret ; sibilando, inquam, nec emisso quidem flatu, ut solemus, sed attracto, ne vim aeris r'epercussi suspectam habeas. Demonstrabat hoc vir nobilis et cæcus, sed stupendi auditus et judicii, van Bickius, cognatus meus ; neque, Hercule, investigandis sonis hæsitabat. Sed, quasi injecta manu lictor, singulos, tot sibilis evocabat ; mirabundus interim, ac tantum non ægre ferens, idem a me et cæteris segnius ac pretentando effici (Correspondance et Œuvres musicales de Huygens, éditées par Jonckenbloet et Land, Leyde, 1882). Sur J.J, van Eyck, voyez Grégoir, Histoire de l'Orgue, 1865, p. 246.

2, À Mersenne, (23 août 1638) Correspondance Il, p. 329.

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