‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 13 sur 101 · Liv. I, chap. m · texte numérisé non relu

Liv. I, chap. m

(Beeckman) soupçonne que les cordes du luth se meuvent d'autant plus vite qu'elles donnent un son plus aigu, de sorte que l’octave produise deux fois plus de mouvements que le son fondamental, el la quinte une fois et demie autant !. » Dans le Compendium, il faisait déjà une allusion à cette propriété du son, quand :l rappelle que le son frappe les oreilles multis ictibus, idque eo celerius quo sonus acutior est?, Plus tard, il se défendra d’avoir appris cela par Beeckman, et il renverra le recteur du collège de Dordreclit à Aristote qui, d'une part, a écrit que le son était causé par des chocs et, d'autre part, a déclaré que le son aigu meut le sens un grand nombre de fois en peu de temps, tandis que le son grave, en beaucoup de temps, ne le meut qu'un petit nombre de fois‘, Désireux de ne rien sembler devoir à Beeckman, et oublieux de ce qu'ilavait consigné, pour lui-même, dans ses Cogitationes privatæ, il affirmera encore, pour mieux se dégager de toute obligation envers le Hollandais : « ... Je vous jure que, du temps que ce personnage se vante d’avoir écrit de si belles choses sur la musique, il n’en sçavoit que ce qu'il avoit appris dans Faber Stapulensis Ÿ, et tenoit pour un grand secret de sçavoir que la quinte estoit comme de 2 à 3, et la quarte de 4 à 5, et n'avoit jamais passé plus outre, et trouvoit cela si beau, qu'encore qu'il fust tout à fait hors de propos, il l’avoit inséré en des thèses de médecine, qu'il avoit soutenues peu de temps auparavant 6 »,

1. Œuvres inédites de Descartes, publiées par Foucher de Careil (1859), p. 22.

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