‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 22 sur 101 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

dre VI:

7. Mersenne je cite dans la préf. gén. à l’Harmonie universelle. de

Œuvres, VI, p. 464 et p. 469.

Dans un autre cas, Descartes se montre peu favorable aussi aux novateurs : il ne repousse point le système des muances. Cependant ses contemporains commencent à en délaisser la pratique, et ils ajoutent aux six notes seules admises dans la solmisation, une septième note, dont l’usage rend superflus les artifices de transposition et de substitution que l’on devait employer en combinant, pour énoncer le « demi-ton mobile », les éléments des divers hexachordes!. Dans son livre sur Les Tons (1610), Pierre Maillart dit qu'en 1574, lorsqu'il demeurait à Anvers, & on ne parlait entre les musiciens que des nouvelles nottes », désignées par les syllabes uf,.re, mi, fa, sol, la, sy, 0?. Franciscus Sweertius attribue cette introduction des nouveaux termes à Hubert Waelrant, d'Anvers, qui mourut dans cette ville en 1595, âgé de 78 ans ?. Cette simplification avait été acceptée en Allemagne. En 1603, Heinricus .Orgosinus constate l'usage du si dans la nomenclature. En 1611, Sethus Calvisius parle de l'échelle des sept notes comme d’une chose bien connue de tous. Les Français avaient aussi pratiqué cette nouvelle méthode, dès les premières années du xvue siècle, peut-être même dans les dernières du siècle précédent. Vers 1633, Villiers, médecin à Sens, écrit à Mersenne que, « il y a plus de quarante ans », Gilles Granjan, maître écrivain, « enseignant le premier en ce pays... ces sept notes, s’en est fait l’auteur et inventeur, peut-estre seulement envers les ignorans, ayant confessé à quelques personnes qu'il avoit appris ces sept notes à Paris autrefois * ». Villiers se souvient d’ailleurs d’avoir entendu parler de ce système, « il y a vingt-huit ans », quand il apprenait à écrire. D'autre part, à la même époque, un certain Jean Lemaire, né vers 1581 à Chaumont-en-Bassigny, affirmait avoir inventé, trente ans auparavant, « la septième syllabe si, bi, ou, ni».

1. 11 nous suffira de rappeler ici que la série fixe ut, ré, mi, fa, sol, la était seule admise pour la nomenclature des notes solfiées. Les syllabes mi-fa devaient ainsi désigner non seulement l'intervalle du demiton formé par les notes mi, fa, mais tout demi-ton survenant, dans l'échelle diatonique des sons, après le la: on disait mi-fa pour la-si bémol et pour si-ut. Dans l'étendue de l’hexachorde ut-la, on chantait par nature», dans l’hexachorde commençant au fa (fa-ré), « par bémol » le mi-fa correspondant à la-si bémol; l'hexachordum durum, où mi-fa signifiait si-ut, s'élevait du sol au mi.

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